‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 116 sur 186 · MEU—MON · texte numérisé non relu

MEU—MON

était d'extraction noble, et naquit à Varennes en 1740. Il fit de bonnes études en Europe, entra au noviciat des Jésuites et revint en Canada en 1762, lors de l'expulsion de l’ordre de la France. Il acheva sa théologie à Québec et fut ordonné prêtre en 1767. En revenant des missions du Golfe, il-fut blessé dans un combat entre des Canadiens loyaux et des Canadiens amis des Américains, en voulant servir de médiateur, probablement. Lord Dorchester le fit précepteur de ses fils Elu coadjuteur de Mgr Hubert en 1788, il fut nommé évêque de Capse par le pape Pie VI, la même année, et sacré l’année suivante. Il mourut à l’'Hôpital-Généra! le 30 mai 1794, et fut inhumé à la Pointe-aux-Trembles, dont il était curé depuis seize ans. Il était âgé de 53 ans et 6 mois.

Meulande (Louis de C'issé de), d’une famille noble de Bretagne, étudia au séminaire de St-Sulpice, puis passa en Canada en 1668, et y fut le collaborateur de l’abbé de Salignac Fénelon dans les missions sauvages. Etant repassé en France en 1677, il fut nommé vicaire apostolique pour le royaume de Siam et sacré vers l’année 1700.

Miramichi, dieu des eaux ou Neptune, connu particulièrement des anciens Outaouais.

Monck (sir James), successivement procureur général, membre du Conseil exécutif, juge en chef de Montréal et administrateur de la province du Bas-Canada. En conséquence de la mort du duc de Richmond, il administra la province ad interim. Il fut honoré de la chevalerie.

Montgoffier (Ætienne de), septième supérieur de St-Sulpive, dans l’île de Montréal, était de la famille des grands aéronautes. Ordonné prêtre en 1750, il arriva en Canada au mois de juin de la même année et succéda plus tard à M. Normand du Faradon. L’évêque de Québec lui expédia des lettres de vicaire général. Elu évêque après la conquête, la jalousie du gouvernement anglais l’empêcha d’accepter, et il désigna lui-même Jean Olivier Briand. Il mourut le 27 août 1791, et eut pour successeur Gabriel Jean Brassier. On a de lui plusieurs vies de personnes mortes en odeur de sainteté à Ville-Marie. (Celle de Marguerite Bourgeois fut publiée par M. Roux en 1818. Ce fut entre lui et le supérieur général Couturier que fut fait l’acte d'abandon par le séminaire de Paris à celui de Montréal, en 1664, de toutes prétentions sur les biens situés en Canada.

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; MON 195 Montcalm (Louis Joseph de St-Véran, marquis de), lieutenant général des armées du roi, commandeur honoraire de l’ordre de St-Louis et commandant en chef en Amérique, naquit en 1712, d’une famille du Rouergue qui a produit le grand maître de Malte Gozon. Colonel du régiment d’'Auxerrois en 1743, il reçut trois blessures à la bataille de Plaisance, et deux à l'affaire de l’Assiette. Brigadier en 1747, et maréchal de camp en 1756, il reçut le commandement en Amérique, arrêta le général Loudoun, prit Oswégo, Ontario et William-Henry avec un immense matériel de guerre. Le froid et la faim accablèrent ses soldats depuis l'automne de 1757 jusqu’au printemps de 1758 : il les soutint dans cette extrémité, Ce qui diminue son mérite, c’est qu’il assiégea Os- -wégo sur l’ordre du marquis de Vaudi&uil, et contre son opinion. M. de Vaudreuil pensait qu’il aurait pu prendre aussi le fort Lydius, et ne s’ôta jamais cette idée de l'esprit. Le marquis de Montcalm le prit de suite sur un fort haut ton

avec lui à l’endroit de la conduite de la guerre, bien qu'il

n’eût figuré lui-même en Europe que comme brigadier, grade qui n’oblige point à savoir la guerre. Dans sa défense du Canada en 1759, il laissa trop facilement Wolfe s'établir à la Pointe-Lévis, d’où il domina Québec. Les feintes dé ce général avant de surprendre l’Anse-au-Foulon, lui firent prendre le change au point qu'il laissa jusqu’à la dernière heure Bougainville trop loin de lui avec l'élite de ses troupes. Quant à la bataille d'Abraham, il la présenta avec une précipitation indicible à la tête de 4,000 hommes, malgré une note de M. de Vaudreuil lui mandant d’attendre la concentration des troupes, et qu’il marchait en personne pour le rejoindre avec les bataillons de Montréal. L’officier canadien qui nous a laissé la belle relation des opérations qui est à la fin des Documents de Paris, dit qu’il n’agit pas ainsi par caractère, mais toujours par jalousie. Voici le portrait qu’il trace de ce général : ‘“ Plein de talent, mais ambitieux sans mesure ; plus brillant, en conséquence de l'avantage d’une mémoire cultivée, que profond dans les sciences relatives à l’art de la guerre, dont il ne possédait pas même les éléments, il était peu capable de commander les armées. Sujet à des accès de passion, il était encore indiscret et divulguait volontiers ses plans. Avait-il quelque chose sur le cœur contre quelqu'un, il ne pouvait s’em-

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pêcher de le rebaisser et d’en parler avec la dernière légèreté en présence du soldat et même de ses domestiques : c’est. ainsi qu’il déprécia le marquis de Vaudreuil aux yeux de tous. Il voulait le supplanter. Ajoutons que, bien que brave, il n’était rien moins qu’entreprenant ; il n'aurait: jamais attaqué Chouaguen, par exemple, s'il n'y avait été forcé pour ainsi dire par les reproches que lui fit de sa timidité M. de Rigaud, homme borné, il est vrai, mais plein de bravoure et de hardiesse ; il aurait abandonné celui du fort. George presque aussitôt qu'il l’eut commencé, si le chevalier de Lévis ne lui eût donné l’exemple de la fermeté d'âme. ” L'auteur de cette relation lui reproche les entraves qu’il mit aux opérations administratives de l’intendant Bigot à l’heure suprême, quand celui-ci s’employait enfin avec un zèle véritable et de bonne foi, par jactance, et par l’indiscipline et l’extravagance qu’il encourageait chez l'officier et le soldat ; et il a toujours été difficile de le laver du blâme de la cruelle violation de la capitulation de William-Henry, qui a fourni des armes au génie pour le flétrir, témoin Fenimore Cooper. Malgré tout cela, il vivra dans l’histoire, parce que sa bataille de Carillon, remportée le 8 juillet 1758, est la première où la France ait vaincu dans les mêmes proportions que l'Angleterre à Crécy, Poitiers et Azincourt, les Français n'étant que 4,000 contre 18,000. C'est toujours beaucoup d’avoir au front l'éclat d’un pareil triomphe, bien qu'il n’ait pas cru pouvoir le poursuivre, que le général vaincu ait conservé en quelque sorte l'offensive, et qu'il ait refusé de manœuvrer pour déloger l’armée anglaise au moyen des opérations que le marquis de Vaudreuil voulait qu'il fit sur ses communications avec la milice du Canada, qu’il voulait lui envoyer. Montcalm aurait abandonné les lacs sans des ordres absolus du gouverneur. Tué à Abraham, on a dit qu’il fut enterré dans un trou qu’une bombe avait fait au mur des Ursulines. Il nourrissait l'espoir d’être admis a l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Lord Dalhousie a fait élever à Montcalm et à Wolfe un monument commun. L’Æloge de Montcalm, publié dans le Mercure de France, a été réimprimé à Québec avec son por- : trait.

Montigny (Jacques Testard de), chevalier de St-Louis, né au Canada en 1664, mort en 1737, couvert de 40 blessures,

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servit neuf ans sur les galères de France et fit trois campagnes dans les dragons. Il fut au Canada le bras droit d’Iberville, toujours à l'avant-garde, remarquent Charlevoix et l’ode de Bibaud.

Montigny (J. B. Philippe de), aussi chevalier de St-Louis, né en 1724, mort en France en 1786, prit le fort Bull sur les Anglais. Il émigra à la conquête et son fils épousa la comtesse de Hoënsbrock, fille de Lothaire, marquis de Hoënsbrock et maréchal héréditaire du duché de Brabant. Sa petite-fille, Marie-Louise, née en 1795, épousa le comte Conrad de Rustbrock.

Montigny (4. 2. Testard de), né à Saint-Jérôme, a été le premier zouave canadien à Rome avec le chevalier Murray, Il est devenu depuis recorder de la cité de Montréal, Il est l’auteur d’une Histoire du droit canadien,d’un C'atéchisme politique, etc.

Montmagny (Charles Huault de), chevalier de Malte ou de St-Jean de Jérusalem, gouverneur de la Nouvelle-France pour la Compagnie des Cent-Associés et lieutenant général pour le roi après Chasteaufort, administra avec succès, et le roi le continua même contre son gré dans le commandement, sur les instances de la compagnie. Il bâtit le fort Richelieu en 1642, et mit beaucoup de dignité dans ses relations avec les nations sauvages. Les Iroquois eux-mêmes le respectèrent. Ces peuples ayant demandé ce que signifiait son nom, on leur répondit Grande Montagne ; depuis lors les Iroquois, et par imitation les autres peuples, appelèrent M, de Montmagny, puis tous les gouverneurs, Ononthio, et le roi de France, Grand Ononthio. Lord Elgin a remarqué à propos que Montmagny appartient à l’âge héroïque de la Nouvelle-France.

Montmorency (Æenri II, duc de), amiral et maréchal de France, immolé par Richelieu en 1632, acquit en 1620, du prince de Condé, son beau-frère, la vice-royauté du Canada, et la céda lui-même cinq ans après au duc de Ventadour, son neveu. Il laissa son nom à plusieurs lieux du pays et fit quelques inféodations. Il avait été tour à tour la terreur des huguenots et des Espagnols, et l’on disait de lui qu'il était l’homme de la France le mieux fait et le plus aimable, le plus brave et le plus magnifique, Révolté contre le roi et ne pouvant plus inspirer son courage

au duc d'Orléans, chef du ge en présence de l’armée royale sous les maréchaux de La Force et Schomberg, il se jeta dans les rangs ennemis, Au procès, les juges interrogeant Guiteaux pour savoir #il avait vu le duc combattant contre le roi, cet officier répondit les larmes aux yeux : Le feu et la fumée dont il était couvert m'ont empéché d'abord de le distinguer ; mais voyant un homme qui, après avoir rompu six de nos rangs, tuait encore des soldats au septième, j'ai jugé que ce ne pouvait être que M. de Montmorency ; je ne l'ai su certainement que quand je l'ai vu à terre sous son cheval mort. Une de nos plus belles chütes d’eau retient encore son nom,

II. Montmorency (François de Laval de), premier évêque de Québec, d’une branche de la maison de Montmorency, qui avait produit trois maréchaux de France, fils de Hugues de Laval de Montmorency, nr eur de Montigny, naquit à Laval, dans le Maine, en 1622. Ilfit ses études au collège des Jésuites à Laflèche, devint archidiacre d’Evreux et abbé de Montigny. Le pape Alexandre VII ayant séparé la Nouvelle-France de l'église de Rouen, voulut y envoyer un vicaire apostolique et jeta les yeux sur lui, en

1658. Il fut sacré par le nonce re Le sous le titre

d'évêque de Pétrée in partibus, Il arriva à Québec en 1659. De Harley, archevêque de Rouen, voulut vainement s'opposer à lui et se prétendre encore l'ordinaire du pays. Conseiller du roi en ses conseils et membre né de la colonie, il eut aussi une très grande influence sur ses affaires, fut le censeur des fautes des gouverneurs et mit tour à tour à la raison le baron d'Avaugour et M. de Mésy. Il s'opposait surtout avec force à la traite de l’eau-de-vie, ce fléau des naturels. Il eut la gloire de baptiser l’illustre chef iroquois Garakonthié, Le 26 murs 1663, il érigea à Québec le séminaire des Missions étrangères, érection qui fut confirmée par lettres patentes du roi. Ami et protecteur des Jésuites, il leur réserva longtemps la prédication . de l'Evangile aux nations et eut des démêlés avec M. de Queylus ; mais il finit par permettre aux Sulpiciens de se joindre à eux. Tandis qu'il érigeait son séminaire, il devenait un des grands dignitaires civils de la colonie par l’érection du Conseil souverain, où le prince lui assigna la première place après son lieutenant général et avant l’inten-

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dant, Cette qualité le met à couvert des attaques mal dirigées de plusieurs écrivains qui n’ont considéré en lui que le pontife, tandis qu’ils auraient dû ne pas faire abstraction de sa qualité de membre du gouvernement. L'abbé Faillon lui-même ne l’a pas parfaitementtraitésouscerapport. L'érection de Québec en évêché se poursuivait à Rome dès l’an 1670 ; mais elle fut retardée par les prétentions opposées de Louis XIV et du souverain pontife, qui exigea que le siège de Québec dépendît immédiatement du Saint-Siège. L'affaire fut terminée en 1774 et Clément X expédia les bulles à son suffragant. Les revenus de l’abbaye de Maubec furent réunis à l'évêché en cette occasion. Mgr de Laval établit un chapitre en 1684. Les prémiers chanoines furent Henri de Bernières, doyen, Ango de Maizerets, archidiacre, Charles de Glandelet, prébendier des théologiens, MM. Soumande, Pinguet, Buisson, de La Colombière, Levallet, Deleuze et Germain Morin. Quoiqu'il se démît à Paris le 24 janvier 1688, il continua cependant à résider à Québec, au séminaire, qu’il vit brûler deux fois avant sa mort, arrivée le 6 mai 1708. Il fut inhumé devant le maître-sutel de la cathédrale, où M. de La Colombière Serré prononça son oraison funèbre, qui offre des passages remarquables. Prélat de la primitive Eglise, il ne ménageait nullement sa personne êt s’imposait des courses pénibles pour visiter son immense diocèse, souvent au cœur des rudes hivers de ce temps-là, et en partie à pied, suivi d’un traîneau portant son nécessaire. Sa réconciliation avec l'abbé de Queylus et avec M. de Mésy, contre la mémoire duquel il empêcha que les commissaires du roi fissent rien, fait honneur à ce grand homme. Le petit séminaire de Québec, qui eut son commencement sous son épiscopat, a été érigé en université sous son nom en 1852. — Voyez Queylus.

Moquin (Louis), habile légiste canadien, né en 1787, fut élevé par un de ses oncles, marchand à Varennes, qui le plaça à 13 ans au séminaire de Québec, où il étonna par son intelligence. Il fit son cours d’études en cinq ans, maïs malgré qu’il passât ainsi dans les classes supérieures, il laissait derrière lui les plus valeureux. Le Discours sur l'histoire universelle de Bossuet lui étant tombé sous la main, il l'apprit par cœur, n'ayant pu se le procurer à Québec. Il entra chez un médecin, mais il quitta bientôt cette

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