MER—MES
béral et celui du parti conservateur national. Dire l’audace et l’habileté que, à partir de ce jour, M. Mercier a déployées pour conserver dans ses mains ces deux forces si contraires et les faire servir à la réalisation de ses projets de réforme, ce serait refaire l’histoire politique de notre province pendant les cinq dernières années. Bien qu’il évoluât sur une scène excessivement étroite, M. Mercier eut l’art, dès les premiers jours, d’étonner les esprits, de soulever par la hardiesse de ses pensées de vives oppositions dans les autres provinces, ce qui est un grand art, car on ne discute que les hommes ui ont une valeur réelle, Les propositions étonnantes dont il parsème les discours qu’il prononce de temps à autre aux banquets politiques, ont fait verser plus d'encre aux journalistes de Toronto que les harangues des plus vieux lutteurs politiques.—Aussi peut-on dire qu’on regarde comme un événement qui marquera dans l’histoire politique du pays chaque dîner public où l’on sait que ce ministre prendra la role. Le peuple canadien-français du Canada et des Etatsnis—car il y a à présent un peuple canadien-français des Etats-Unis, avec lequel les pa à réformateurs de notre pays doivent s’habituer à compter-—a été amené d’instinct à considérer M, Mercier comme le chef de la nationalité française, Sans se rendre compte de ce sentiment, on voit en cet homme un chef appelé à faire de grandes choses. ÏÎl est, dans les affections du peuple, l'héritier du grand Papineau ; la nation a mis en lui sa confiance et l’on compte sur lui pour les jours de décision et d'épreuve qui ne sauraient tarder à luire,
Mermet (2. 7Z.), adjudant au régiment de Watteville, de service en Canada de 1812 à 1815, était poète et ses morceaux intitulés C'Adteauguay, Chambly, sont de premier ordre et chers aux Canadiens, Les adieux de son épouse aux dames canadiennes sont d’une égale valeur. Il quitta le Canada à la fin de l'été de 1816. L'évêque Plessis le retrouva en France dans un état voisin de la pénurie : on voit aux annales des Ursulines que le prélat avait voulu le dissuader de quitter le Canada. On peut faire une connaissance intime avec ce poète du passé ‘en lisant les extraits de la Saberdache du commandeur Viger, publiés dans la Biblio-
ue canadienne de M. Bibaud.
a | Lutte François Bailly de), coadjuteur de Québec,