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. terre. Dans la constitution qu'il donna au Bas-Canada en 1791, il fut aussi libéral que possible ; mais à commencer par le duc de Portland, on se mit à gâter son ouvrage. Faisant allusion au commerce de bois, etc., il mit pour exergue sur le sceau provincial ces mots latins : Ab ipso ducit opes, animumque ferro.
Plessis (Joseph Octave), le plus grand homme qui ait occupé le siège de Québec depuis François de Laval-Montmorency, le premier pontife canadien qui soit allé à Rome, et le seul qui ait été nommé par le roi au Conseil législatif, naquit à Montréal le 3 mars 1762, d’un forgeron, selon Herman Witrius Ryland, et fut ordonné prêtre à Québec le 11 mars 1786. Il fut tour à tour professeur d’humanités au collège de St-Raphaël, employé au secrétariat de l'évêché de Québec et curé de la capitale. Le 6 septembre 1797, il fut élu coadjuteur de Mgr Donaut, et obtint l'agrément
royal donné par sir Robert Prescott ; mais le vénérable pontife Pie VI avait été traîné en captivité par les sansculottes, etaprès sa mort, l'Eglise fut quelque temps sans chef. La nomination de Mgr Plessis, qui s'était fait attendre si longtemps, fut un des premiers actes du pontificat de Pie VII, exalté à Venise à la faveur des victoires de Souwarow puis
de Melas. Les bulles, datées du 26 avril 1800, le nommaient évêque de Onnatte en Palestine, avec la succession au siège de Québec. Il prononça à Québec, en 1799, n'étant encore qu'élu, l’allocution à l’occasion de la bataille navale d'Aboukir. Sacré le 25 janvier 1801, il s'intéressa durant sa coadjutorerie à la fondation du collège de Nicolet (auquel il obtint plus tard une charte royale) et d'écoles primaires à Québec, et discuta avec les \floiers de la couronne les prétendues prérogatives royales quant au patronage et autres matières. Ryland nous a conservé un entretien à ce sujet entre ce prélat et Sewell, publié dans le sixième volume de Christie. Il succéda à Mgr Denaut et prit possession de son siège le 17 janvier 1806. On‘vit en lui un pontife à la fois loyal, ferme et politique, qui eut besoin de toute son habileté dans ses relations avec certains gouvernants. Aussi le gouvernement anglais fut-il lent à lui accorder la confiance qu'il acquit plus tard. Craig, qui le travailla beaucoup pour lui faire accepter de grands honneurs et émoluments moyennant la reconnaissance de la
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suprématie du roi, qui nommerait aux bénéfices, le croyait en correspondance avec les évêques d'Irlande et le célèbre Milner, évêque de Castabala : il l’écrivait au ministère anglais. Sous Prevost, Plessis commença à recueillir les fruits de sa constance et de ses services, et triompha, au moins partiellement, de l’opposition qu'on avait faite à l’ordonnance provinciale de 1791, puisque sir George reconnut d’abord son titre de surintendant de l'Eglise catholique romaine, puis, à sa demande, d’évéque catholique romain de. Québec, se fondant, dit M. Christie, sur une dépêche dans laquelle lord Bathurst semblait reconnaître sa qualité. Quand Pie VII, délivré de captivité, rétablit les Jésuites, Piessis voulut former des sujets à Québec et écrivit en Russie pour se procurer un religieux propre à devenir l’instituteur des Canadiens qui entreraient dans l’ordre, mais ce beau dessein ne réussit pas. Il fut appelé par le roi au Conseil législatif en 1818, et l’on trouva en lui un conseiller à la fois patriote et loyal. ÆEn'1821, quand la majorité du Conseil législatif enregistra une résolution de ne concourir à aucun bill de la Chambre basse, relatif à la liste civile, qui contiendrait des items, ce prélat fut d’un avis contraire, avec le juge Olivier Perrault ; il jugea cette résolution prématurée ou trop générale et ne contenant pas une spécification précise des objets compris sous le nom de liste civile, L’infatigable pontife méditait l'érection de toutes les colonies anglaises en une province ecclésiastique, dont Québec serait la métropole. Il partit pour l'Angleterre et pour Rome en 1819. Les services éminents qu’il avait rendus à l'Angleterre durant la révolution française, puis durant la guerre de 1812, sa qualité de conseiller du roi, lui ménageaient un accueil distingué de lord Bathurst, avec qui il eut plusieurs conférences à sa maison de campagne. S'il ne put le faire consentir à l'érection formelle d’un archevêché à Québec, et d’évêchés à Montréal, Kingston, etc., il put avoir des évêques régionnaires à Kingston, à la Rivière- Rouge, dans les provinces du Golfe, etc. ; leurs billets ne les dénommaient point seulement auxiliaires, mais suffragants de l’évêque de Québec, qui fut ainsi assimilé aux évêques métropolitains des premiers siècles de l'Eglise, avant qu'on connût le titre d’archevêque. Quant à la Nouvelle- Ecosse, le souverain pontife y avait placé un vicaire apos-