‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 138 sur 186 · PRI · texte numérisé non relu

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de soldats improvisés le feu de la guerre, ou ranimer du moins l’ancienne ardeur martiale des Canadiens. Personne ne s’y montra plus propre que sir George Prevost, dont les ordres généraux sont des modèles après ceux de Bonaparte et de l’archiduc Charles. En un mot, le concours inouï de tout un peuple d’origine française avec lui pour une défense qui eut un aussi étonnant succès, est une époque grande et mémorable dans notre histoire et dans l’histoire militaire. Si donc sir James Lucas Yeo, son lieutenant à la tête des forces navales, l’accusa plausiblement de la perte de la flottille du lac Champlain et le fit rappeler pour aller se disculper en Angleterre, il semble qu’il y avait des raisons d'Etat assez puissantes pour la Grande-Bretagne de surseoir à l'examen de l'accusation, et pour ne pas arracher à un peuple qui venait de si bien mériter d’elle, un gouverneur chéri, auquel Bourdages proposa même de voter une statue équestre. Mais le danger était à peine passé, que lord Buthurst recommença à maltraiter les Canadiens. Le parlement, le clergé et lescitoyens s’adressèrent à l’envi au prince régent pour faire la louange du bien-aimé gouverneur qu’on nous ravissait et pour affaiblir le poids des accusations portées contre lui. Mais Prevost avait régné dans les cœurs de tout un peuple ; il avait défendu victorieusement ses foyers et s'était attendu à vivre en conséquence dans la postérité. Le passage trop soudain des espérances de gloire aux appréhensions de la flétrissure que pouvaient lui infliger ses ennemis, le mit au tombeau avant que la cour martiale se fût assemblée. Il est cependant digne de remarque que le jugement de Wellington ne lui était point défavorable, si même il n’était pas en sa faveur. Quoi qu'il en soit, cette mort sera toujours un événement tragique aux yeux des Canadiens ; mais ils apprendront avec joie qu’elle désarma ses accusateurs et que la mémoire de l’illustre soldat qui leur était cher ne fut point flétrie. Au contraire, le prince régent honora ses services en accordant, comme nous l’apprend le célèbre historien Alison, une augmentation dans les armoiries de sa famille.

Prince (Jean Charles), premier évêque de St-Hyacinthe, avait été successivement directeur du collège de cette ville, un des premiers membres du chapitre de St-Jacques-le- Majeur de Montréal et rédacteur des Mélanges religieux,

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PRO 237 puis coadjuteur de Montréal sous le titre de Martyropolis. I] eut l’administration en l’absence de Mgr Bourget et fut député à Rome pour y déposer entre les mains du souverain pontife les actes du premier concile de Québec. En revenant, il eut, ainsi que Mgr de Cydonia, une audience de l’empereur Napoléon III, dont il obtint quelques secours pour les incendiés de Montréal: Ce prélat a eu quelque temps pour hôte Mgr Bedini, nonce apostolique auprès de l’empereur du Brésil. .Il s’est distingué dans la littérature et la philosophie. Il naquit en 1814 et mourut en 1860.

Proulx (Louis), né à St-Antoine de la Baie du Febvre dans le district des Trois-Rivières, fut ordonné prêtre le 28 septembre 1828, après avoir fait ses études à Nicolet. Il remplaça ad interim l'abbé Maguire dans-la principalité du collège de St-Hyacinthe, en 1829, et au retour de cet ecclésiastique, il passa à celle du collège de Ste-Anne Lapocatière, qu’il occupa quatre ans. Il a desservi successivement, depuis, ! : paroisses de St-Pierre-les-Becquets, de St- Antoine de °” de Québec après l'élévation de messire Baillargeon à ..'::opat. On a de lui : Défense de la religion et du sacerdoce, Québec, 1853.

Provencher (Joseph Norbert), apôtre de la Rivière-Rouge, décédé en 1852 évêque de St-Boniface, était né le 12 février 1787, à Nicolet, dont il était la principale gloire, ainsi que du collège de ce lieu. Après avoir fait sa théologie au grand séminaire de Québec, il fut ordonné prêtre le 21 décembre 1811, et desservit Kamouraska, puis Yamachiche. Il quitta le pays en 1818, et porta l'Evangile dans le Nord-Ouest, avec l'abbé Dumoulin. Il s'agissait de convier à la foi les peuplades errantes des prairies, et de porter les secours de la religion aux nombreux voyageurs employés de la Compagnie de la baie d'Hudson, et aux colons habitués à ces régions. Pie VII le nomma deux ans après, tant ses prédications furent fructueuses, sufragant et auxiliaire de ] évêque de Québec pour le district du Nord-Ouest, et Mgr Plessis le saçra aux Trois-Rivières, le 12 mai 1822, sous le titre de Juliopolis en Galatie. Lors de l'érection finale de. Québec en archevêché, en 1844, le territoire de la Rivière- Rouge fut détaché de l’église du Canada et érigé en vicariat apostolique, en faveur de Mgr Provencher, puis en évêché en 1847 ; St-Boniface fut choisi pour siège épiscopal et l’ar

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