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Amérique avec Tracy, pour amener à justice le gouverneur réfractaire Augustin de Saffrey de Mésy, qu'ils trouvèrent mort après s'être réconcilié avec l’évêque. Talon, que M. Bibaud appelle à bon droit le Colbert du Canada, ne s’0ccupa plus qu’à établir et améliorer le pays. Prenant pour point de départ les maximes des Romains, il créa une aristocratie militaire, et combattit le monopole de la Compagnie des Indes, non moins par ses actes que par un mémoire lumineux adressé au ministre. Toutes choses en Canada prirent leur essor avec ce grand magistrat. Il porta le . prince à gouverner le pays par lui-même, accrut la splendeur de la charge d’intendant, qui acquit un nouveau lustre en Amérique ; et il établit un système judiciaire d’une remarquable simplicité. Il donna aussi ses soins à l’industrie, aux découvertes maritimes et aux entreprises scientifiques, —s’occupa de l'exploitation des salines et des mines, de la culture du chanvre, de l'ouverture de chantiers considérables et de la découverte ou reconnaissance du Mississipi. Ce fut encore lui qui envoya à la baie d'Hudson le P. Albanel et M. de St-Simon. Louis XIV récompensa dignement le véritable fondateur du gouvernement royal en Canada. Il le fit dans ce pays baron des Islets en 1671, puis comte d’Orsainville en 1675, étendant l'investiture à la postérité mâle et femelle contre la règle générale et les édits, et les letires patentes attestent le cas que:le roi faisait de cet officier, car elles exposent ingénument que, sans cette extension à la postérité féminine, Talon n'aurait pas accepté cette faveur. Elles furent enregistrées à Québec le 25 septembre. Le concessionnaire était devenu capitaine du château de Marimont et secrétaire du cabinet du roi. Il vivait à Paris en : 1680, ayant traduit, cette année-là, devant le Conseil d'Etat, le prévôt des maréchaux de France en Canada, ce qui obligea le Conseil supérieur de réclamer. L’extérieur de Talon annonçait son mérite : son portrait se retrouve dans l’Album du commandeur Viger.
Tanguay (l'abbé), érudit, auteur du Dictionnaire généalogique des familles canadiennes, ouvrage précieux où tous les habitants de race française du Canada peuvent trouver l’origine de leurs ancêtres,, Le premier volume de cette œuvre gigantesque parut en 1871, et le dernier (le7e), en 1890. Nous devons à l'abbé Tanguay beaucoup de recon-