‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 166 sur 186 · TAP—TAR · texte numérisé non relu

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naissanse pour un travail qui abrégera les recherches de nos écrivains et facilitera leur tâche.

LE arm ou Henriette de Lorette, jeune fille à laquelle les Hurons comparent tout ce qui est beau. Adam Kidd en parle dans ses poésies, et le chevalier Hamilton Smith la mentionne dans son Zistoire naturelle de l'espèce humaine.

Tarieu de Lanaudière de La Pérade, honorable famille canadienne, issue de Xavier Tarieu de Lanaudière, officier au régiment de Carignan. Tarieu de La Pérade épousa l'héroïne de Verchères, qui le garantit de la mort par les mains des Iroquois en 1722.

Charles François Tarieu, écuyer, sieur de Lanaudière, chevalier de St-Louis et conseiller au Conseil supérieur, eut la gloire de commander une partie de la milice à la fameuse bataille de Carillon, puis eut le soin d’un poste à signaux dans l’île d'Orléans, en 1759, pour signaler les mouvements de la flotte de Wolfe. Sous la domination anglaise, il fut aide de camp provincial de Carleton, fit toute la guerre de l’Indépendance, et passa en Angleterre pour avoir porté la noblesse à défendre St-Jean et la frontière. Ce corps réclama et prouva que ce gentilhomme était occupé ailleurs. Il suivit le général en Angleterre, où le roi lui fit un cadeau honorable et digne d'un homme d’épée. On lui donna successivement les charges de grand voyer et de surintendant des postes ; et en 1792, lors dé l'octroi de la constitution, il fut appelé au Conseil législatif. Ayant fait de grandes dépenses en Angleterre, et se trouvant à la gêne, il espéra devenir le propriétaire ineommutable de ses seigneuries en se les faisant reconcéder en franc et commun soccage, et quoiqu'il ne réussît pas, il doit être regardé comme la cause éloignée du système de commutation, puis de l’abolition du régime féodal. Il accompagna sa supplique d’un mémoire très bien fait ; mais la plupart des servitudes féodales qu’il énumérait avec soin n’existaient plus ou n’avaient jamais existé en Canada.

Xavier de Lanaudière, second du nom, montra un grand zèle pour le service du roi. Ayant voulu forcer les censitaires à marcher sous la bannière seigneuriale en 1775, il fut par eux retenu captif avec M. de Tonnancour. En 1799, il versa une somme d'argent dans les fonds amassés dans les colonies pour la guerre de l'Angleterre contre la France, et

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dans la guerre de 1812, il devint député assistant de l’adjudant général de la milice.

Demoiselle Angèle de Lanaudière, fille de Charles François, décédée à Québec en 1826 dans un âge avancé, était le type des dames de la haute société, et voyait chez elle les gouvernants et les gouvernantes. Elle avait bien connu les princes fils de George III. On se souviendra longtemps de son mot heureux au chevalier de Belvèze : Nos bras appartiennent à l'Angleterre, mais nos cœurs sont à la France ! Une demoiselle de Lanaudière, plus ancienne, épousa en premières noces M. Richerville, en secondes, M. Viliers d'Adam, frère de Coulon, en troisièmes, Gauthier, médecin du roi, et faillit épouser en quatrièmes noces le célèbre de Bougainville.

Taschereau (Zlzéar Alexandre), né au manoir dela Beauce le 27 février 1820. Dans son enfance il donna des marques d’une grande piété et reçut l'ordination n'ayant encore que 22 ans. Ses talents le mirent bientôt en évidence. A la mort de Mgr Baillargeon, en 1870, il fut choisi pour son successeur et quelques mois après il était sacré archevêque de Québec. Mgr Taschereau s’est toujours dévoué aux intérêts de l’Église catholique et lorsque Rome le nomma cardinal en 1886, toute la population de la province montra par de grandes réjouissances combien elle était heureuse de l'honneur décerné à ce digne prélat.

Tassé (Joseph), écrivain. Nous avons'de lui : Les Canadiens de l'Ouest, le Chemin du Pacifique, la Vallée de l'Outaouais, etc. Il fut pendant plusieurs années rédacteur en chef de la Minerve à Montréal. M. Tassé a été appelé au Sénat au printemps de 1890.

Técumseh ou Técumtheh, grand chef des Hurons et général major dans l’armée anglaise, l’homme le plus influent que les tribus de l'Amérique du Nord aïent eu depuis Portiac, naquit en 1770, parmi les Shaouanis. Elsquataoua. son frère, surnommé le prophète, lui prépara les voies, —celui qui disait à des diplomates américains : Vous autres, vous éles nés de l'écume de la mer. Ce n’est pas que Técumseh n'ait été luimême un grand politique et an grand orateur ; mais il dédaignait le charlatanisme. Son premier exploit fut une victoire sur la milice du Kentucky, qui devait un jour lui ôter la vie, et à vingt-cinq ans, il était l’Achille des bandes de Mechecunaqua. Ilrencontra pour la première fois Harri-

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son à la bataille de Tippecanoe où la fortune fut indécise entre eux. La guerre & 1812 le mit surtout en évidence, ‘et la Grande-Bretagne, qui n’avait que 3,000 soldats dans les deux provinces, fut heureuse d'acquérir son alliance et lui envoya le brevet d'officier général. Les Hurons, qui avaient reconquis leur ancien lit sur les lacs, l'avaient élu

grand chef quoiqu'il fût ds id et di il n'eût hr même uro

l’âge requis ; mais il ne commanda pas qu bn ns, ou Yendats : toutes les tribus voulurent être guidées par son panache, et Técumseh se vit dans une occasion à la tête de 3,000 guerriers, aggrégation prodigieuse pour la population -disséminée de la race rouge ; Pontiac lui-même n'en avait pas eu autant sous son commandement immédiat. Brock, ‘Salaberry et lui furent les principaux héros de cette guerre. I] battit le major Van Horn, poursuivit Harrison et lui enleva mille bêtes à cornes, battit le général Clay sous les murs du fort Meigs et périt, en marchant toujours en avant ‘et gagnant du terrain, à la bataille de la Tamise, abandonné par les Anglais sous Proctor, à qui il disait quelques jours avant le combat : ‘“Brock ne parlait pas comme tu fais. Marchez, dis-tu ? Lui, il disait : ‘“ Marchons ! Les marques de distinction que tu portes à tes épaules, arrache-les et jette-les loin de toi, car tu en es indigne.” Il avait taillé en pièces le régiment kentuckien du colonel Dudley au fort Meigs : à la bataille de la Tamise, ce fut le colonel Johnson, de la milice du Kentucky, qui eut l'honneur de le tuer. Les Haut-Canadiens ont ouvert, il y a déjà nombre d'années, une souscription pour élever un monument à ce noble défenseur de leur province, mais ils sont restés honteusement en arrière. Du moins les monuments écrits ne lui manquentils pas, car outre les peintures vraiment graphiques que nous ont faites de ce géant de la race rouge le major Richardson et le capitaine Brock Tupper, dans la vie de son père, il ya dans la Revue canadienne (Canadian Review) un poème en trois chants en son honneur ; il y a plusieurs Vies de ce grand homme, et on peut consulter encore T'ecumseh, or the West thirty years since. Técumseh laissa un fils, beau jeune homme pour lequel il avait peu d'affection, parce qu'il le trouvait semblable aux blancs, ou bon à rien, selon les idées que lui inspirait la nature. Le gouvernement anglais fit des pensious à sa veuve et à son frère. Un dernier trait

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fera connaître à fond le naturel de ce sauvage extraordinaire. Dans un conseil tenu à Vincennes en 1811, Técumseh, terminant sa harangue, voit tout le monde assis et se trouve sans siège. Un dépit soudain se laisse voir dans toute sa contenance, et lorsque le général Harrison ordonne de le faire asseoir et qu'on lui présente un tabouret en son nom : “ Chef, le général Harrison, votre père, vous présente un ‘siège, ” il se jette à terre en s’écriant, les bras étendus vers le ciel : “ Le soleil est mon père, et la terre est ma mère ; elle me nourrit et je repose sur son sein ! ” On peut voir un Le portrait de Técumseh dans le livre intitulé 7%e New orld.

Tagakouita (Catherine et non Thérèse), la célèbre vierge iroquoise dont les Lettres édifiantes font un portrait si admirable, était née en 1656 et arriva en 1677 à la mission du Sault-St-Louis. Elle vint à Ville-Marie, vit les filles de Marguerite Bourgeois et demanda de tout son cœur de faire le vœu de chasteté. Elle le fit et mourut en odeur de sainteté, à vingt-quatre ans, en 1680, On peut consulter sur cette sainte, outre les Lettres édifiantes, l'Histoire de l'Hôtel- * Dieu de Québec, par la Mère Juchereau, Ætat présent de V'Eglise de la Nouvelle-France, par l'abbé de St-Vallier, Paris, 1682, et Québec, 1857 ; et Catherine, la vierge du Canada, petit livre spécial publié il y a peu d'années et en vente à Montréal. On y trouve la mention de plusieurs miracles attribués à cette vierge et attestés par plusieurs dignitaires du chapitre de Québec. Après Catherine Tagakouita, deux autres religieuses indigènes, Thérèse Gannansagouas, bien connue dans les annales des missions des Sulpiciens, et Jeanne Skanadharoy, fille d’un chef huron de Lorette, se sont fait remarquer par leurs vertus, ainsi que Marie Barbe Attontinon.

Téganissorens, le plus illustre orateur connu dans l’histoire ancienne des Iroquois, supplanta le rustique Sadekanatie ou Gagniegaton, qui humilia le marquis de Denonville, et alla. souvent en ambassade à Québec et à Albany. On sait que, dans une première ambassade, le droit des gens fut violé à son égard par Kondiaronk, qui voulut faire porter aux Français le blâme de cet-acte. De son temps, la politique aussi habile qu’'heureuse des cantons iroquois consista à tenir la balance entre les Anglais et les Français. Un conseil fut

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tenu pour la à Onontagué en 1693, et Tégannissorens alla Allan s pour faire te les délibérations. L’historien Colden regarde la harangue qu’il prononça en cette occasion comme un bel exemple de son art à faire trouver bonne une mesure prise contre les intérêts des Anglais. On la retrouvera dans les Sagamos illustres. I] alla ensuite à Québec et fut reçu au Sault-Saint-Louis par le supérieur des Jésuites. Il portait l’habit militaire des officiers généraux anglais et ses cheveux blancs étaient recouverts d’un chapeau avec panache, que lui avait fait faire le colonel Fletcher. Il dîna tous les jours avec le comte de Frontenac, qui avait

conçu pour lui une singulière estime, et ne parut pas un

instant embarrassé dans ses manières, Mais ni les festins

ni le cérémonial ne purent surprendre sa fermeté. Le géné-

ral persistant à ne vouloir point traiter avec les Anglais, il

ne voulut traiter lui-même avec les Français qu’à condition

qu'ils n’entreprendraient rien de l'été contre la Nouvelle-

York. On a vu dans l’article de Garakonthié quelle idée

Frontenac donnait au ministre de la marine des Drbnaies iroquois, qu’il comparait aux procurateurs de Venise, Téga.

nissoreng parut de nouveau à Albany, au grand conseil tenu

par lord Bellamont, et puis à Montréal. L'ambassade fut reçue à Gennantaha avec des honneurs inusités, et fut intro-

duite à Montréal au bruit d’une décharge de boîtes. Les

préliminaires de paix furent scellés le 8 septembre 1700, entre toutes les tribus, en conséquence de la paix de Ryswick. Les Anglais et les Français s'étant brouillés de nouveau, Téganissorens faisait la leçon au gouverneur, à Montréal. ‘# L'Onontagué ne prendra aucune part dans une guerre qu’il désapprouve. Les blancs ont l'esprit mal fait : ils font la paix, un rien leur fait reprendre la hache de guerre. Ce n’est pas ainsi que l’Iroquois en use, et il lui faut de graves raisons pour rompre un traité qu'il a scellé’ Un autre trait fera voir que l'orateur des forêts sait se borner et terminer parfois une affaire par un seul mot. ‘ À un conseil tenu à Montréal en 1683, en allusion à un collier par lequel on demande aux Iroquois pourquoi ils faisaient la guerre aux Illinois, il dit fièrement : ‘“ Pour la question de l'Illinois, il mérite la mort ; il m'a tué, ”—‘* On n’osa point répondre. ” Téganissorens était de haute taille, bien fait. de sa personne, et les traits de son visage ressemblaient, a-t-

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