‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 177 sur 186 · VIG · texte numérisé non relu

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plein d’onction, et présida avec dignité plusieurs réunions !

du clergé. Ferraris était son auteur favori. Le grand vicaire Viau avait un extérieur éminemment imposant. Viger (Denis Benjamin), LL. D., né à Montréal le 19 août 1774, la même année que Jérôme Demers, a fait ses études au collège de St-Rapahël, où il suivit en 1790 le premier cours de philosophie, qui y fut donné par messire Ignace Raphaël Leclerc, prêtre canadien, ordonné la même année et décédé en 1823. Mgr Hubert l'avait envoyé à Montréal pour fonder cette chaire à la demande des fabriciens, ou des Sulpiciens, qui ne possédaient pas encore les Roque, les Houdet, les Rivière, les Thavenet et les Garnier- Desgarets, que la révolution française jeta sur nos plages. Au sortir du collège, il embrassa la carrière du barreau, où il devait, ainsi qu’au parlement, briller par sa science et son érudition bien connues. Il fut élu par la cité de Montréal, en 1808, en même temps que L. J. Papineau, son cousin, qui fut élu par le collège électoral de Huntingdon. lis entrèrent dans les rangs populaires, qu’ils soutinrent de leur éloquence. Les talents de M. Viger lui attirèrent l’animadversion de Craig, et il fut sur le point d’être incarcéré à l’occasion de l'affaire du Canadien ; mais quoi qu’on ait dit, il ne le fut point. C’est aussi à tort qu’on l’a fait assister plus tard à une assemblée populaire qui eut lieu chez Thomas Lee. M. Viger ne changea pas d'opinion et fut néanmoins réélu en 1810. De 1810 (le parlement ayant été dissous de nouveau) à 1814, il représenta le comté de Leinster, puis celui de Kent de 1827 à 1830. Durant la dernière guerre, la jalousie le fit accuser d’une déloyauté dont il n’eut pas de peine à se laver. Sans son aide puissante, il eût été bien difficile à Mgr Lartigue, son cousin, de trouver yn établissement à Montréal, en sorte qu’il a eu le principal mérite de la dotation de l'évêché. L'Assemblée législative le députa pour la première fois en Angleterre en 1828. En 1830, il fut appelé à la chambre haute. (Cela ne l’empêcha point d'accepter une nouvelle mission à Londres, pour y exposer les griefs mis en avant par la chambre basse et accuser le procureur général Stuart. Celui-ci l'y suivit. Après deux années de lutte, M. Viger gagna sa cause contre ce terrible

avait publié des traités de cette science en Angleterre, et qui est mort du typhus, qu’il contracta aux sheds en 1847.

d adversaire, qui fit une défense d’un volume in-folio, qu'il à fallut réfuter ligne par ligne. Il y eut encore réplique 19 et duplique. M: Rose, jeune avocat anglais, traduisit le tout pour le ministre des colonies, lord Goderich, qui con- 1 damna et destitua M. Stuart. Quant aux autres griefs, M. | M Viger fut bien aidé par l’arrivée de W. L. McKenzie, por- | cn teur des plaintes de l’Assemblée du Haut-Canada. Il profita | m4 de ses deux missions à Londres pour visiter Paris et une | : partie de l'Italie. Si l'appui que ce patriote prêtait à la 4 js Minerve eût dû être un obstacle à la confiance que le gou- ï vernement lui avait montrée en l’appelant au Conseil, ne "à savait-on pas dès lors que ce journal se soutenait par lui ?

ù ‘ Durant nos troubles, néanmoins, il fut arrêté le 4 novembre s 1838, sans motifs suffisants allégués dans le mandat, et

. demeura dix-neuf mois en prison, refusant obstinément de | ; fournir cautions et demandant sans cesse son procès. Le 1) # | scellé fut mis sur ses papiers. Elu membre du parlement il is pour le comté de Richelieu après l’Union, en 1841, il le fut 1 d pour la ville des Trois-Rivières en 1845. Il avait pris parti 1h à pour lord Metcalfe dans son démêlé avec ses ministres, 1 tt appuyé sur sa profonde connaissance des formes constitu- {| 3 tionnelles, et il était devenu en conséquence conseiller diri- {l de geanten premier ministre Ê 844). L’honorable Denis Benjamin | Papineau, son cousin, et frère de l’ex-orateur, fit partie de j de son cabinet. Il s’éleva néanmoins contre lui une univer- ll is selle clameur, les esprits furent dans un ferment presque | : comparable à celui de 37, si l’on considère que le clergé lui | Ce était aussi généralement hostile, ainsi que le journal de | 4 l'évêché, parce que l’on pensait que le premier ministre I À aurait pu faire donner aux évêques, s’il l’eût voulu, les biens | des Jésuites. Parmi les citoyens on crut que M. Viger L

devenait anglais, et on voulut que les ministres résignataires il il eussent été impeccables et n’eussent point péché en effet 1 même contre les formes constitutionnelles et la prérogative 4 royale. Placé dans une position impossible, M. Viger rési- | gna et fut appelé à la chambre haute. Il avait été le pre- | mier président de la société nationale de St-Jean-Baptiste. 1 Au Conseil législatif, aussi longtemps que l’âge lui a permis |

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d'y assister, il s’est efforcé de prévenir les bouleversements k soci. 1x que nous avons éprouvés. Il a paru pour la dernière fois en public à la fête donnée dans la cour du collège

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de Montréal à S. E. le nonce Bedini : et en faisant part aux ecclésiastiques et aux citoyens qui s’y trouvaient des sentiments qu'il éprouvait pour l'ambassadeur du Souverain Pontife, il a parlé admirablement des souvenirs que lui avaient laissés ses voyages en Europe, et en Italie particulièrement. L'université de St-Jean de New-York, dirigée par les Jésuites, lui a conféré les degrés honoraires de docteur en droit (LL. D.) en 1855. Quatre écrits surtout mériteront à M. Viger un rang distingué parmi les publicistes : 1° C'onsidérations sur les effets qu'ont produits en Canada la conservation des établissements du pays, les mœurs, l'éducation de ses habitants, et les conséquences qu'entraînerait leur décadence, par rapport aux intérêts de la Grande-Bretagne, Montréal, 1809 ; II” Analyse d'un entretien sur la conservation des établissements du Bas-Canada, des lois et des usages de ses habitants, Montréal, 1826 ; III° Considérations relatives à la dernière révolution de la Belgique, Montréal, 1831 ; IV° La crise ministérielle et M. D. B. Viger, Kingston, 1844. M. Viger a été le Mécène de plusieurs jeunes littérateurs. M. Paul Stevens lui a dédié ses fables. M. Viger mourut en 1861, âgé de près de 86 ans.

II. Viger (Jacques), cousin du précédent, habile critique, antiquaire, numismate et héraldiste canadien, lieutenantcolonel de milice, premier maire de Montréal, chevalier commandeur de l’ordre romain de St-Grégoire-le-Grand, membre honoraire de la Société historique de l'Etat du Michigan, membre honoraire de l’Institut polytechnique, classe des lettres, et président de la Société nationale de St-Jean-Baptiste, né à Montréal le 7 mai 1787, décédé le 12 décembre 1858, étudia au collège de St-Raphaël en même temps que le comte de St-Aulaire, Michel O’Sullivan, Michel Bibaud et Hughes Heney. Il épousa en 1808, dame Marie Marguerite de Chapt Lacorne de St-Luc, fille du chevalier de St-Luc et veuve de l’honorable major Lennox, fils de lord Alexander Lennox. Il s’est annoncé jeune encore, en 1812, par la publication de la Mort de Louis XVI, par l'abbé Edgeworth de Firmont, son dernier confesseur, en français et en anglais : elle ne contribua pas peu à faire détester ici les sansculottes. Le premier plan de Montréal, publié par Bouchette, est de lui. Les Etats-Unis ayant déclaré la guerre, il entra dans le corps des Voltigeurs canadiens, dans lequel

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