VIG—VIL
des médailles, d'anciennes monnaies coloniales, des autographes. Il ne faut pas confondre cet 4/bum avec celui de nos communautés religieuses, offert au nonce Bedini, et qui lui a valu une dignité romaine. Ce dernier a donné lieu à la publication du livre intitulé : Les Servantes de Dieu en Canada par M. de La Roche-Héron, à qui notre compatriote a Roi les documents. M. Viger avait été recommandé au roi par lord Gosford pour occuper un siège au Conseil exécutif siège qu’il n’occupa point parce que la constitution fur s:pendue. Peu de temps encore avant de mourir, il tentait de fonder à Montréal une Société historique, en s’entourant de ses élèves.
Viger (Z. Michel), dit le beau Viger, receveur général dans le cabinet La Fontaine-Baldwin. Il épousa la veuve du shérif de St-Ours, née Faribault, seigneuresse de L’Assomption, et mourut peu après.
Villier (Coulon de), célèbre officier canadien, frère de Jumonville, descendait de Villier de l’Ile-Adam, grand maître de Malte. Il épousa une demoiselle de la famille Aubert de Gaspé. Il avait le commandement immédiat au combat des Mines, en Acadie, où le colonel Noble fut défait complètement en 1709. On sait qu'il défit également Washington et qu’il résista avec magnanimité à la tentation de venger son frère infortuné : le poète Thomas les a immortalisés tous deux. Avant l’arrivée de Montcalm devant Oswégo, Villier commandait un camp volant et dispersa 300 bateaux : il commandait sur la droite à ce siège, et repoussa une sortie à celui de William-Henry. Gayarré, historien de la Louisiane, dit qu’il commanda depuis aux Illinois et qu’il se retira à la Louisiane en 1760. Le journal de ses opérations contre Washington se retrouve dans les Documents de Parie. Sa famille s’est perpétuée à la Lousiane. Vers 1841 ou 1842 était tué en duel Charles Jumonville Coulon de Villier. On lit sur sa tombe, dans le vieux cimetière de la Nouvelle-Orléans, une inscription dont la teneur est que, rejeton d’une illustre race, il a constamment suivi la trace de ses aïeux dans le sentier étroit de l’honneur, et que c’est surtout au milieu des infortunes qu’il a montré son grand cœur.
Villeray (Æouer de), famille canadienne issue, selon M. Margry, de la maison de La Rovère, qui a fourni des doges
à Venise, deux papes et des cardinaux à Rome. Il prétend qu’elle s’étendit dans le comtat Venaissin et en France sous les noms corrompus de Rouvère, La Rouyer et Rouer. —Un Rouer de Fourquevaux, dont la famille était venue de Lombardie dans la Touraine, fut chevalier de l’ordre du roi, gouverneur de Narbonne, ambassadeur en Espagne, et commanda, l'an 1562, en qualité de capitoul, l’armée du roi contre les religionnaires du Languedoc.—Le premier Rouer de Villeray du Canada était aussi de Touraine, et le titre de marquis, dont ses descendants héritèrent, paraît leur être venu de René de Rouer, marquis de Villeray, chevalier de St-Louis et de St-Lazare, ancien guidon des gendarmes de France, mort en 1741, sans enfants.
Louis Rouer de Villeray dut ses charges en Canada à l'influence d’un Villeray, gouverneur de l’île St-Jean, et de son parent, le comte Raymond de Villoyon, maréchal de camp des armées du roi et gouverneur de l’île Royale, dont le père était duc à brevet et gouverneur d'Angoulême. Le comte de Frontenac prétend que l’ancêtre de la maison canadienne fut d’abord engagé. Quoi qu'il en soit, il fut notaire royal en 1654, lieutenant particulier en la sénéchaussée de Québec en 1659, et premier conseiller au Conseil supérieur lors de sa création en 1663. M. de Mésy, puis M. de Courcelles prétendirent le révoquer ; mais il fut de nouveau rétabli par le roi, qui le créa aussi agent général de ses fermes. Ce fut en s’opposant à l’augmentation de 5,000 liv. demandée par M. de Mésy dans ses appointements, qu’il encourut sa disgrâce. Il mourut en 1700. En 1703, un Rouer de Villeray, son fils peut-être, devint conseiller après avoir été juge seigneurial. Rouer de St-Simon fut conseiller en 1717, puis Rouer de d’Artigny, mort en 1736.—Joseph Rouer de Villeray, écrivain du roi et capitaine de la Côte des Allemands à la Louisiane, où il épousa la sœur du procureur général La Frenière, s’opposa avec 400 hommes à don Antonio d’Ulloa, malgré la cession du pays à l'Espagne, et périt sous O’Reilly.—En 1770, Louis XVI nomma lieutenant en second dans le régiment de St-Domingue, Jacques Philippe, son fils. Il repassa à la Louisiane, devenue un des Etats-Unis d'Amérique, devint major général de la milice, combattit à la bataille de la Nouvelle-Orléans en 1815, et fut gouverneur de l'Etat de 1816 à 1820.