‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 184 sur 186 · WOL · texte numérisé non relu

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les frontières de la Turquie et de la Perse, mission qui l’ocoupa pendant neuf ans. Il assista aux conférences qui préludèrent aux traités de 1847 et 1848 entre ces deux uissances et l'Angleterre. Nommé commissaire anglais à armée turque en 1853, avec le rang de brigadier général, il auccéda bientôt au général français Guyon à la tête de l’armée d'Asie, éleva les remparts de Kars et les défendit durant

uatorze mois contre l’armée russe, sur laqueile il remporta

eux victoires. Après la seconde, qui coûta à l’ennemi neuf mille hommes et une partie de ses drapeaux, le général Mouravieff fut obligé de lever le siège ; mais il ne renonça pas à un blocus rigoureux. Aucuns soldats n’égalent les Turcs ou les Espagnols dans les privations qu'ils peuvent endurer derrière une muraille : Williams en profita, et ne se rendit qu'après avoir épuisé les dernières ressources et s'être assuré que les opérations d'Omer Pacha pour le dégager seraient sans effet. ‘ Général Williams, lui dit Mouravieff, vous vous êtes fait un nom dans l’histoire, et la postérité s'étonnera de la constance, du courage et de la discipline qu'il a fallu aux débris d’une armée pour une pareille résistance ! ” Les Turcs furent traités avec bonté et le général fêté à l'armée et à St-Pétersbourg. A Berlin il fut reçu par le roi et le priuce royal à la tête des troupes, et à Paris, Napoléon III voulut le décorer lui-même du grand cordon de la Légion d'honneur. Sa souveraine l’avait déjà nommé général major avec le rang local de lieutenant général en Asie, En le créant baronnet, elle a voulu qu’il prît le titre de Xars. Le parlement lui a voté une pension de mille louis et il a été fait gouverneur de Woolwich. Sa patrie lui a présenté une épée d'honneur. Son passage à Toronto, Kingston, Montréal et Québec n’a été qu’une continuelle ovation.

Wolfe (ame) tué a 34 ans aux plaines d'Abraham, était fils d’un lientenant général. Il se trouva à Fontenoy, montra son talent pour la guerre dès l’âge de 20 ans et fit avec éclat, camme officier, la guerre de Germanie. On l’employa aussi à Rochefort et contre l’île d'Aix, où il se lia d'amitié avec le fameux marin Howe, qui commençait comme lui sa réputation. À Louisbourg, sous Amherst, il retira une bonne partie de la gloire de l’entreprise, et lord Chatham, qui avait été soldat et qui savait choisir les hommes, le chargea de

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WOL 317 l'attaque de Québec. Il s'empara d’abord de l’île d'Orléans et de la Pointe-Lévi, d'où il ruina la basse ville par son artillerie et ses bombes. Tout cela ne lui aurait pas assuré la victoire si, après l'échec de Montmorency contre le camp retranché de Beauport—qui couvrait Québec, son esprit se: fût trouvé à bout de ressources ; mais on sait comment il tourna ce camp inexpugnable en surprenant l’anse du Foulon mal gardée par M. de Vergor, et déboucha dans les plaines. d'Abraham, attirant son adversaire à une action pour laquelle il n’était point préparé, et qu’il accepta avec trop de légèreté. Avant cette action d'éclat tous les officiers s'étaient prononcés, dans un conseil de guerre, pour l’abandon de l’entreprise sur Québec. Wolfe leur dit, voyant bien qu’il ne gagnerait rien en s’opposant au torrent de l'opinion, que loin de différer de sentiment avec eux, il avouait qu'il était inexpédient en effet de demeurer plus longtemps devant la place ; que aussi dans la proposition qu'il allait leur faire, il voulait se dépouiller de la qualité de général pour se confier uniquement dans leur amitié ! Messieurs, continua-t-il, la gloire de nos armes exige, selon moi, que nous ne nous retirions pas sans un dernier effort, et je vous conjure d’y consentir. Je sens bien que, dans les circonstances. où nous sommes, il faut que le premier pas nous mette aux portes de Québec. C’est dans cette vue que je veux tenter de pousser un corps de 150 hommes seulement qui devront pénétrer par les bois de Sillery et être suivis de l’armée en

. cas de succès. Je vous promets que si ce détachement:

éprouve de la résistance, je regarderai la réputation de l’armée comme assurée contre tout reproche, et que je n’hésiterai pas à donner le signal du départ.” Wolfe blessé et entendant crier : Z{s furent, demanda : Qui sont ceux qui fuient ?—Les Français, répondit-on.” Alors ce capitaine s'écria : Quoi, déjà ! je dois donc mourir content. Québec se rendit après la bataille, et sa chute amena celle de tout le Canada. Wolfe eut les honneurs de Westminster, et en Canada, lord Dalhousie, lord Aylmer et sir Benjamin d'Urban lui ont élevé des monuments. Celui de lord Dalhousie est commun à Wolfe et à Montcalm. Le monument de Wolfe à Westminster est placé dans la chapelle St-André, vis-à-vis de celui du field marshal lord Ligonier. Les bossages représentent les troupes anglaises gravissant le rocher

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et saisissant le défilé confié à M. de Vergor, et plus loin, la forteresse. On voit sur une autre face du mausolée Wolfe blessé à mort. Un soldat le soutient, et à côté est un ser-gent stupéfait. L'artiste à représenté la figure de la Victoire couronnant le héros.

Wurtèle (Jonathan Saxton C.), juge de la Cour supérieure à. Montréal, l’un des hommes dont le nom a paru souvent dans nos annales politiques depuis les quinze dernières années. Sous les ministères Chapleau et Mousseau il eut le portefeuille de trésorier de la province de Québec et fut ensuite orateur de l’Assemblée législative de la même province de 1884 à 1886. M. Wurtéle naquit à Québec le 27 janvier 1828. Il épousa à vingt-six ans Mlle Julia Nelson, fille du docteur Wolfred Nelson. Elle mourut en 1870, et il épousa #n secondes noces Mile Sarah Branuff, de Staten Island, N.- Y. M. Wurtéle est directeur du Crédit foncier francocanadien. Un de ses frères, Archibald C. Wurtële, est aujourd’hui administrateur du journal Ze Monde, après avoir été directeur de plusieurs journaux tant aux Etats-Unis qu’au Canada.

Yorke (Charles), procureur général d'Angleterre qui présenta, en 1666, de concert avec le solliciteur général Willian de Gray, au sujet de l'administration de la justice en Canada, ce rapport mémorable et plein d’une noble équité, où il déplore le parti pris d’administrer ce pays sans les Canadiens, et où il proclame que les Anglais qui veulent y acquérir des biens-fonds peuvent fort bien se soumettre au mode français de transfert, et que le Canada doit être régi par la Coutume de Paris, comme les îles de Jersey et de Guernesey le sont par celle de Normandie. Il devint chancelier d'Angleterre.

Youville (Marie Marguerite du Frost de la Jemmerais, veuve @), fondatrice des dames Grises ou sœurs de Charité, naquit à Varennes en 1701, d’un marin breton et d’une mère canadienne, et épousa elle-même, en 1722, M. d’Youville. Mais étant devenue veuve en 1730, avec deux enfants qui plus tard entrèrent dans le sacerdoce, elle ne songea plus qu’à se consacrer aux bonnes œuvres et elle com-

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