‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 185 sur 186 · YOU · texte numérisé non relu

YOU

mença par visiter les malades à domicile, et par recevoir uelques éstropiés dans sa maison. Bientôt plusieurs saintes filles (Thèrèse Lasser Laforme, Catherine de Rinville, Agathe Véronneau, Marie Louis Thaumur de La Source et Catherine Demer-Dessermont) s'étant jointes à elle, madame d’Youville étendit le cercle de ses charités ; et le zèle intelligent qu’elle mettait à toutes ses actions la désigna aux Sulpiciens pour prendre la direction de l’'Hôpital-Général. En 1747 Mgr de Pontbriand, le marquis de Beauharnois et l’intendant Hocquart acceptèrent la démission des Frères Jean et Joseph, derniers Hospitaliers, et la mirent provisoirement en possession de l’hôpital ; mais aussitôt il se forma une cabale fâcheuse contre elle parmi les plus honorables habitants. Le gouverneur de la ville et les autorités se liguèrent, dit-on, pour la faire expulser ; et le peuple, ingrat et égaré, se livra à d’incessantes insultes contre elle. Malgré les infructueux efforts des Frères Charron, on tenait par patriotisme à perpétuer cet ordre canadien. La clameur fut telle, que les trois dignitaires susnommés unirent les biens de l'hôpital à celui de Québec sur l’ordre du ministre Rouillé. Cependant la cour de Versailles, sur les représentations énergiques de madame d’'Youville, se ravisa et donna ordre desuspendrecette union ; et le 28 septembre 1752, Pontbriand, Duquesne et Bigot la substituèrent finalement aux Hospitaliers, en par elle se chargeant des dettes de l'Hôpital. Cet abandon fut confirmé par lettres patentes l’année suivante. On trouve ces pièces dans la nouvelle édition des Ædits et ordonnances royaux. Depuis 1756 jusqu’à 1760, cette sainte femme ouvrit la salle des Anglais pour le traitement des prisonniers

-de cette nation, quoiqu’elle fût très mal remboursée par

l'intendant Bigot, et s’acquit tellement leur estime, qu’en 1759, ils la firent traiter selon son mérite et avec une sorte de vénération par le général Amherst lui-même. Elle en

-avait sauvé plusieurs des mains des Iroquois. En 1765, un

incendie vint réduire sans ressources les 118 personnes dont elle prenait soin. Cinq ans après, cependant, les bâtiments ‘étaient reconstruits et agrandis, et elle y recueillait 170 personnes. Elle adopta encore les enfants trouvés et ouvrit enfin un refuge pour les filles repenties. Aujourd’hui le Canada possède des institutions pour chaque misère humai-

SRTOREEENeeNES CLPCEUE TEE RARES

Page 1