AVANT - PROPOS
Par un sentiment bien naturel, qu’on retrouve chez tous les peuples, les hommes aiment à conserver un souvenir de ceux qui se sont distingués à un titre quelconque dans leur pays, bien qu'ils n'aient pas laissé de trace dans l’histoire ou qu'ils n'aient pas joué un rôle marquant sur la scène politique.
C’est pour répondre à ce besoin que fut publiée en 1858 la première édition du Panthéon canadien, de Maximilien Bibaud. (Cet ouvrage est devenu si rare aujourd’hui qu'on a cru devoir en publier une nouvelle édition, en y faisant certaines additions qui étaient tout indiquées par le grand nombre d'hommes remarquables que le Canada a produits dans le cours des trente dernières années.
On a profité de cette occasion pour retoucher çà et là l’œuvre ancienne, élaguer des pas ‘ages qui pouvaient avoir quelque intérêt à l'époque où le livre parut la première fois, mais qui n'auraient plus aujourd’hui la même signification, et apporter quelque tempérament : à certains jugements de l’auteur qui portaient trop l'empreinte des passions nées de vives luttes politiques et que la postérité devait nécessairement adoucir,
vI AVANT-PROPOS
Cette deuxième édition ne sera point probablement lu dernière. A chaque quart de siècle, il se trouvera un homme qui se chargera de continuer l’œuvre de Bibaud, et de compléter le Panthéon canadien en y introduisant de nouvelles notices biographiques. Il est à souhaiter que ces éditeurs futurs soient tous animés de l'esprit d'impartialité et de bienveillance qui a dicté les jugements des éditeurs de cette deuxième édition.
Abbott (J. J. C.), un des plus savants jurisconsultes de Montréal. Il est doyen de la faculté de Droit de l’université McGill. Il a me ae représenté aux Communes le comté d'Argenteuil et fut nommé membre du Sénat en 1887. : Maire de Montréal de 1887 à 1889, il est un de ceux qui ont rempli cette charge avec le plus de capacité et il a rendu d’utiles services à la ville.
M. Abbott a été président du Conseil exécutif fédéral.
Adhasatah, dit le grand Agnier, chef des Caughnaouagas, ou Iroquois Puants, au Sault St-Louis, près de Ville-Marie, fut à la fois guerrier et orateur. Dans l’expédition contre Corlar en 1690, on le vit haranguer avant le combat les Canadiens des sieurs d’Ailleboust, de Ste-Hélène et d’Iberville. Il fut tué peu après dans une expédition.
Agona, chef subalterne de Stadacona du temps de Jacques Cartier, fut laissé dans le commandement par Donacona, emmené en France. Au retour de Cartier, en 1540, et devenu Agohkanna ou chef suprême, il prit des mesures prudentes, harrassa incessamment le camp de Charlebourg- Royal et força les Français d'abandonner le: pays. Son intéressante nation ne disparut pas moins de la terre, puisque Champlain ne la retrouva plus.
Ahasistari, un des plus grands chefs de la nation huronne, fut gagné au christianisme par les jésuites et fut suivi par la plus grande partie de la nation. Le P. Bressani l'appelle “ illustre chef.” Il défendit bravement son pays et fut fait captif avec le P. Jogues, auquel il dit : “Je te l'avais bien juré, mon Père, que je devais vivre ou mourir avec toi.” Il subit c martyre affreux. Ses ennemis lui coupèrent les