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pour toute fortune, il se vit exposé à les dépenser avant que de pouvoir gagner par son travail, et dut se borner à un repas par jour, régime qui nuisit à sa santé. Quand il eut quelque succès et qu'il sortit de la misère dans la terre classique des beaux-arts, grâce à son génie, il lui fallut endurer des persécutions, parce qu'il ne voulut point participer aux événements politiques de 1848, et se prévalut de sa qualité d’étranger pour demeurer tranquille. Cette ligne de conduite, qui faillit le perdre, lui a valu finalement le respect et la protection des grands, et il a vu dans son atelier don Carlos, prétendant à la monarchie des Espagnes, et les grandsducs de Toscane et de Parme. Il refusa à don Carlos une Sainte Famille, sous prétexte qu'il devait la porter avec lui à Québec. Sa conduite prudente ayant attiré sur lui l’attention du grand-duc de Toscane, celui-ci se rendit avec le duc de Parme dans son atelier pour lui acheter QE Lee de ses études. Une entre autres frappa le duc de Parme, la duchesse surtout, qui se prit de ion pour elle. C'était une petite fantaisie de la façon du peintre, représentant deux Cupidons qui se querellent pour une rose. Le duc offrit un prix que Falardeau refusa ; puis il fut prié de faire son prix, ce qu’il refusa de même. Mais voyant l’envie dont la duchesse brûlait pour son œuvre, il offrit galamment de lui en faire don, ce qui fut accepté. Peu après le duc lui remit de sa main une épinglette en diamant d’un très grand prix et ajouta à ce cadeau princier le brevet de l'ordre de St-Louis. Le grand-duc de Toscane, qui a obtenu la Sainte Famille, l'a créé chevalier toscan : notre compatriote en portait la décoration, qui est une bague précieuse ornée de brillants. Depuis lors, les commandes arrivèrent en foule à son atelier ; on l’a vu à l’œuvre pour le compte de M. Bright, l’homme de la paix, et il a fait deux tableaux pour le vainqueur de Chapultepec. Devenu opulent, il a fait de sa résidence un petit paradis terrestre, orné à l’intérieur de ses meubles précieux et de ses tableaux, et en dehors, de fleurs et de cages d'oiseaux. Outre ses originaux, Falardeau était un des meilleurs copistes qui aient existé ; il rendait au parfait les œuvres de toutes les écoles, au point qu’on ne peut distinguer souvent la copie de l'original, dont il imitait Jusqu'à l’ancienneté. Il avait destiné une salle aux copies qu'il avait faites de chaque école, et les avait disposées
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FAL 95 comme suit : Première salle. Une assez nombreuse collection des portraits des premiers maîtres, tels que Leonardo Vinci, Raphaël, André del Sarte, le Guide, Rubens, Van Dyck, Titien, Paul Véronèse, sir Joshua Reynolds. Seconde salle. —Plusieurs petits tableaux flamands et hollandais qui font l'admiration des visiteurs pour leur fini et l'expression gi à chaque copie de maître différent, une des quaités précitées du chevalier Falardeau, qui saisissait la manière de chaque maître et oubliait ce qu'il savait lui-même pour s'identifier avec son modèle.‘ Troisième et quatrième salles, Là étaient des tableaux de la plus grande importance des différentes écoles d'Italie, où l’école florentine dominait, si ce n’est que celle de Rome était représentée par une magnifique copie de la Madone à la chaise de Raphaël. Le dessin en est admiré, ainsi que le clair obscur des tons et chaque teinte est rendue avec infiniment de talent, Une Flore d’après le Titien, dont la couleur est si bien rendue que ce tableau ne semble pas peint par une main moderne.
ux grands tableaux, dont l’un, le Christ en croix, d’après le Guide, a été peint en 1851, bien qu’il semble vieux d’un siècle ; l’autre, qui est la mort de saint Joseph, est d’après Franceschini., Une Judith d’après Christophe Allori, une tête de Méduse et des paysages d’après Salvator Rosa et Olaude Lorrain, Cinquième ët sixième salles. —— Un très beau martyre de saint Barthélemi, de Ribeira (Spagnoletto), un Christ en croix d’après le Guide, Apollon et Marsias d’après Pierre de Cortone, saint Jean-Baptiste baptisant Jésus- Christ, par Baroccio, un paysage de Poussin, des fruits et des fleurs de Lopez. Les meubles de ces six salles étaient ce qu'il y a de plus rare, tous du quinzième siècle, admirablement sculptés et venant des premières familles de la Toscane, telles que les Médicis, les Strozzi, les Guicciardini, les Martelli, les Pucci et même du temps de la république de
. Florence. Il avait refusé pour ces meubles plus de 1,000
livres sterling, sans les lustres antiques en verre de Venise et les candélabres. On admirait aussi des tentures brochées d'or et d'argent, des damas, des cristaux, des bronzes, des monnaies, des médailles, des plats des plus célèbres fabriques d'Urbin, de Pezana, de Faenza et de Forli, dont un seul était estimé à £100. Le chevalier Falardeau est mort à Florence en 1890,