‹ Le panthéon canadien [microforme]Chapitre 60 sur 186 · FRO · texte numérisé non relu

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qu'il dut évacuer. Ce fut alors qu’on le nomma gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France. Sa première administration ne fut pas heureuse ; il devint despote, se brouilla avec tout le monde, fit usage de lettres de cachet comme le monarque lui-même, incarcéra ou exila les premiers personnages de la colonie, se fit appeler ‘ haut et puissant seigneur,” et avait, comme le vice-roi de Tracy, l'usage d’une compagnie des gardes du corps. Il fut rappelé et apprit à

. être plus modéré. Revenu en Canada à l’époque du mas-

sacre de Lachine, ce désastre le força d'abandonner un projet d’invasion de la Nouvelle-York. Il porta néanmoins la guerre dans la Nouvelle-Angleterre et au centre du pays des Iroquois, et se couvrit de gloire par sa défense de Québec contre l'amiral Phipps : Louis XIV fit frapper une médaille en mémoire de cet événement. Les sauvages, en particulier, le regardaient comme un homme plus qu’humain, et les Sioux, dont on avait guère ouï parler, lui envoyèrent des ambassadeurs. Louis de Buade était un homme d'esprit et de cœur. On lui a reproché avec raison d’avoir trop aimé à commander et d’avoir porté trop loin les prétentions du pouvoir ; mais ces défauts disparurent avec l'expérience et avec l’âge. (C'est ce qui permet à Léon Guérin, dans son livre sur les Marins de la France, d'en tracer ce portrait : ‘ Il avait toutes les qualités du grand homme ; la fermeté qui sait imposer la retenue, avec la douceur et la magnanimité qui savent se faire chérir. Il était généreux, il avait l’aplomb et la magnificence d’un roi. C’était à Québec un digne reflet de Louis XIV à Versailles : un seul mot, un seul regard de lui électrisait le Canadien, qui était toujours soldat ; il était l’amour, les délices de la Nouvelle-France, la terreur des Iroquois, le père des nations alliées des Français ; son activité n’avait d’égal que son courage.” (Ce portrait ne s'éloigne point de celui qu’en fait l’historien Bacqueville de La Potherie. Frontenac mourut à Québec en l’année 1698, et fut inhumé dans l’église des Récollets, qui n'existe plus. Il n’aimait pas les Jésuites et protégeait les Récollets, dont le commissaire ou supérieur, Goyer, prononça son oraison funèbre. Ce morceau d’éloquence sacrée, avec le nom de Buade donné à une rue de Québec, et de Frontenac à un comté du Haut-Canada, sont les seuls souvenirs qui restent au pays de cette grande célébrité,

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Gagnon (Charles Ernest), shérif de la ville de Québec, s'est occupé quelque peu de littérature et a été secrétaire provincial durant l’administration Mercier, de 1887 à 1890.

Gait (4. 7.), homme politique, fils d’un romancier qui & habité l’un de nos townships et fondé dans le Haut-Canada la ville de Guelph. Longtemps ministre des finances, il s’est retiré momentanément de la politique et, à l'exemple de M. Gladstone, s'est fait conférencier. Devenu diplomate, il a rempli une mission à Paris et à Madrid, pour nouer des relations commerciales. Il fut, depuis, commissaire résident du gouvernement fédéral auprès de celui de Downing street, mais au printemps de 1883 il a cédé son poste à sir Leonard Tilley.

Cambier (James, lord), un des plus grands marins de l’Angleterre, né aux îles Bahamas en 1756, mort à-Iven, près d'Uxbridge, en 1833, s’acquit une réputation solide dans la. guerre d'Amérique et aida à repousser les Français de l’île de Jersey en 1781. Dans les campagnes de la république, il commandait la défense de 74,à la bataille d’Ouessant livrée par lord Howe le ler juin 1794, et fut fait contreamiral pour l'anniversaire de cette grande journée. Durant l'empire, il commanda en chef à la prise de Copenhague, en 1807, et à l’attaque de la tlotte française à l’île d'Aix en 1809. Cette flotte fut en partie incendiée. Il négocia la paix de Gand. On le vit depuis premier lord de l’Amirauté, et il fut créé amiral de la flotte à l'avènement de Guillaume IV. On lui doit un nouveau code de signaux.

Gamelin (Emilie Tavernier, veuve), fondatrice et première supérieure de l’ordre des Sœurs de la Providence ou des. Sœurs de la charité à Montréal, en 1844, décédée le 23 septembre 1851, à près de 52 ans, avait donné un commencement à son œuvre dès 1828, en se chargeant des femmes âgées et infirmes. Elle la généralisa davantage en 1856. Depuis l’érection de la communauté en 1844, il a été fondé plusieurs missions dont une, destinée pour l’Orégon, a été ensuite transplantée au Chili, où Mgr Valdiviesca, archevêque de Santiago, l’a accueillie à bras ouverts. Le président de la république a même fait pour les sœurs l'achat d’une propriété coûtant 872,000.

GAR 103 Garakonthié, fameux chef civil du canton d'Onnontagué, qui eut des relations diplomatiques avec le vicomte d’Argenson, le baron d'Avaugour, le marquis de Tracy, M. de Courcelles et M, de La Barre. Il fut le premier chrétien qui pénétra dans les cantons et y introduisit en 1669 les Jésuites, qu’il logea et auxquels il contruisit une chapelle. A l’occasion d’une am e, François de Laval-Montmorency, : vicaire apostolique du pape, le baptisa avec pompe à Québec. I] eut pour parrain le gouverneur et lieutenant général et pour marraine mademoiselle de Bouteroue, fille de l’intendant. Tiouateskon, capitaine des Agniers, suivit son exemple ainsi que l’ancien Assendassé, l’ancien d'Onneyouth Soenrese, et Rontagantoua, qui fit un voyage en France. Sa réputation se fonde surtout sur ses négociations et son éloquence. Pleurant à la manière de son pays le P. Lemoyne en présence du vice-roi Tracy, il dit à ce sujet des choses si touchantes et si bien pensées, que ce seigneur et les assistants en demeurèrent tout étonnés. Il était du type de ces diplomates des forêts dont Louis de Buade écrivait à un ministre d'Etat : ‘* Vous auriez assurément été surpris, Monseigneur, de voir l’éloquence et la finesse avec laquelle tous les députés me parlèrent, et si je n'avais peur de passer pour ridicule auprès de vous, je vous dirais qu’ils me firent en quelque sorte souvenir des manières du'sénat de Venise, quoique leurs peaux et leurs couvertures soient bien différentes des robes des procureurs de St-Marc.” Il lutta avec énergie contre les superstitions payennes de ses compatriotes. ‘“Garakonthié, dit une relation, qui est un brave capitaine chrétien dont on a tant parlé, s’est opposé de tout son pouvoir à ces superstitions, desquelles il témoigna bien dernièrement avoir de l'horreur en présence des plus considérables du bourg. (C’est pour cela qu'il fit trois festins solennels. Dans les deux premiers, il déclara d’abord qu'il n'avait pas rêvé ces festins auxquels il avait invité ceux à qui il parlait, et qu'il avait renoncé à toutes ces superstitions inutiles. Ensuite il déclama fortement contre les excès de bouche qui se font dans les festins à tout manger. Dans le troisième, comme il était fort vieux, il chanta sa chanson de mort, Il salua le maître de la vie, qu’il reconnaïssait pour le souverain de nos fortunes, et de qui dépendent notre vie et notre mort, et non pas des songes. Il y

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