LA F
droit, deux fois chef responsable du pouvoir exécutif, et chef du pouvoir judiciaire de son pays, né à Boucherville en 1807.--Etant entré fort jeune au parlement, il y montra néanmoins de la sagesse en exhortant lord Gosford à convoquer encore une fois les chambres, et en se portant garant de la bonne conduite de l’assemblée dans le cas où ce gouverneur aurait pris ce parti. Il fut recherché de lord Durham. Quel que soit le jugement que l’histoire portera de sa politique, et qui lui reprochera peut-être d’avoir accepté l'union, il est de fait constant qu'après avoir proscrit la langue française et entendu faire des deux Canadas une province tout anglaise, l'Angleterre fut obligée de recourir à lui ; et qu'après une tentative de se passer de ses services pour adopter un milieu, il fallut le rappeler au pouvoir. Si sir Charles Bagot eût vécu, il est probable qu’il n’y aurait jamais eu de malentendu quant à la distribution des offices publics, et que l’administration de M. La Fontaine n’aurait point été interrompue, comme elle le fut par ses démêlés avec lord Metcalfe. Sous lord Elgin, le bil{ extraordinaire d’indemnité lui prépara bien des soucis, ainsi qu’à ce gouverneur : la paix publique fut même troublée, les chambres et leurs bibliothèques incendiées, et le parti soi-disant libéral, encore inaccoutumé à tenir les rênes du pouvoir, parut un peu gauche à l’œuvre à cette époque d’effervescence publique, et peu capable de rétablir la tranquillité. D’autres difficultés survinrent. M. La Fontaine n’eut pas seulement pour adversaires les torys : ici comme en Angleterre, les sectes politiques se réunissent contre l’ennemi commun ; les rouges et les torys se tinrent par la main. Si M. Papineau et lui ne s’entendirent plus, il faut avouer que, vu la position qu’il occupait, la jalousie, si jalousie il y eut, était plutôt attribuable à M. Papineau. Quoi qu'il en soit d’ailleurs, il faudra toujours accorder à M. La Fontaine le mérite d’avoir fait réhabiliter la mémoire de son ancien chef, et de l'avoir rappelé dans son pays. Le ministre du Bas-Canada trouva dans Robert Baldwin, procureur général pour le Haut-Canada, un collègue dévoué, intègre et laborieux. M. Baldwin a été créé commandeur civil de l’ordre du Bain en 1854. Je n’ai pas voulu séparer deux noms que l'opinion a unis en désignant leur cabinet sous le nom de ministère La Fontaine- Baldwin. M. La Fontaine sut se retirer à temps de la vie