LAM—LAN
litique et avec une dignité qui aurait dû servir d'exemple tu successeurs |! Après un intervalle durant lequel il ne dédaigna point de reprendre sa pratique au barreau, il succéda à sir James Stuart en 1853. En sa qualité de grand juge, il a présidé la Cour seigneuriale. Il avait fait deux voyages en Europe ; le second a été profitable pour la bibliothèque du barreau. On doit au juge en chef l'Analyse de l'ordonnance du Conseil spécial sur les bureaux d'hypothèques, Montréal, 1842, in-80 ; aussi les Observations sur les questions seigneuriales.—M. Lafontaine est mort en 1864.
Lamothe-Cacillac (Antoine de), seigneur de Bouaguat et du Mont-Désert dans le présent Etat du Maine, fondateur du Détroit, aujourd’hui capitale du Michigan, était capitaine des troupes de la marine avant de venir en Acadie, puis en Canada. En 1694, il succéda à M. de Louvigny dans le commandement de Michillimakinac et fonda le Détroit en 1701. Il vainquit les Miamis en 1707. On le retrouve gouverneur de la Louisiane en 1712, où il tenta, mais sans succès, d'ouvrir un commerce avec le Mexique. En revanche il établit un poste au milieu des Indiens de l’Alabama, puis un autre à Natchitoches, pour servir de barrière contre les Espagnols. Il retourna en France en 1711, et mourut entre 1718 et 1719. Les Documents de Paris sont remplis de mémoires qui prouvent son habileté comme économiste.
Lanaudière (Ze chevalier Charles T. T. de), descendant du sieur de Lanaudière, commandant de Montréal, servit à 16 ans aux plaines d'Abraham et y fut blessé. Emigré en 1760, il servit dans le régiment de la Couronne, puis revenu au pays, devint l’aide de camp provincial de Carleton et son compagnon dans tous ses périls entre Montréal et Québec, où ils purent arriver sains et saufs. Il fut mandé par le roi au Conseil législatif et mourut grand maître des eaux et forêts en 1811.
Lancaster (Joseph), dont le nom est célèbre parce qu'il s'attacha à un système d'enseignement dit mutuel, qu’il propagea, résida à Montréal de 1829 à 1833. Il était venu ‘1 Canada après avoir éprouvé des malheurs dans la Colombie. La législature avait, dès 1824, fait imprimer et répandu un exposé analytique de sa méthode dans le but de la faire adopter dans les écoles élémentaires. Il ouvrit une école
à Montréal, mais elle n’offrit pas de résultats satisfaisants. Le parlement provincial lui faisait une allocation annuelle de £100, qui ne lui suffisaient pas, puisqu'il publia en-1833 un rapport des résultats obtenus, et faisait appel à la bienveillance des citoyens éclairés pour continuer son école et faire connaître au public le résultat final de ses essais. Il alla mourir à New-York.
Landry (Alexis), Acadien expulsé du Grand-Pré avec sa sœur, la belle Marie, revenait plus tard fonder Caraquet, où il mourut le 6 mai 1798, à 78 ans, tandis que Marie repose dans le cimetière d’une paroisse lointaine du district de Québec. Une pierre portant une assez longue inscription indique le lieu de sépulture de celui dont la vie fut si agitée. Au mois d'août 1883, l'honorable Pierre Armand Landry, fils d'Armand, qui fut 25 ans député, et qui était lui-même ministre des travaux publics en 1878, assista à la grande fête des Acadiens, le 15, à Betcouche, au Nouveau- Brunswick (d’où sont les Landry), avec sir Hector Langevin et le ministre de la milice Caron.
Langelier (François), homme politique, descend par son père et par sa mère de familles qui ont joué un rôle dans la . colonisation française du Canada. Les Langelier sont originaires de Fresquienne, petite ville normande voisine de Rouen. En 1654, l'un d'eux, du nom de Sébastien, partit de France et vint s'établir à Sillery, près de Québec, d’où il passa ensuite à l'Islet, Cette famille a donné à l'Eglise le célèbre évêque Langelier, . Un membre de cette famille, du nom de Louis Sébastien Langelier, qui était capitaine, épousa Julie Esther Casault, dont la famille, originaire de Granville en France, a produit, entre autres Canadiens remarquables, L, J, Casault, le fondateur de l’université Laval. Le premier.fruit de ce mariage fut François Charles Stanislas Langelier, qui naquit à Ste-Rosalie de Bagot, le 24 décembre 1838, Elève du collège de St-Hyacinthe, M. F. Langelier étudia le droit à l’université Laval, d’où il sortit en 1861, après de brillants examens. La place qu’il ne tarda pas à se faire au barreau de Québec lui valut d’être nommé, en 1878, conseil de la reine par le gouvernement provincial, et deux ans plus tard par celui de la Puissance. En 1878, M. Langelier entra dans le cabinet Joly, avec le portefeuille des terres publiques, qu’il échangea, l’année suivante,
pour celui du trésor, mais huit mois après il donna sa dé mission en même temps qe ses collègues. En 1873 M. Langelier brigua avec succès l'élection de député provincial dans le comté de Montmagny. Aux élections générales de 1878, il fut élu de nouveau dans le comté de Portneuf. En 1884, il était envoyé aux Communes par le’ comté de Mégantic, et trois ans plus tard par les électeurs de Québec- Centre. M. F. Langelier a été pendant une quinzaine d'années professeur de droit à l’université Laval, qui le compte parmi ses fondateurs. Il a dirigé, en qualité de secrétaire, la société de colonisation et, à deux reprises différentes, il a été élu président de l’Institut canadien. Pendant huit ans, de 1882 à 1889, il a rempli d’une manière brillante les fonctions de maire de Québec. En 1884, M. F. Langelis: épousa mademoiselle Virginie Marie, fille de feu J. Légaré, écuyer, de Québec. M. Langelier a une tête que l’on remarque, même dans les foules où il passe inconnu. Il a cette coquetterie de la main qui était le faible de Napoléon ler. Sa parole est facile, abondante, son style élégant et son débit chaleureux.
Langelier (Charles), frère du précédent, avec qui il a une grande ressemblance de famille. Il est né à Ste-Rosalie de Bagot, le 23 août 1853. Il fut élève du séminaire de Québec et il termina de brillantes études à l’université Laval, en emportant la médaille d’or Dufferin. M. Langelier en-
.tra au barreau à l’âge de 22 ans ; trois ans plus tard il fit ses débuts politiques en qualité de député de Montmorency à la chambre provinciale. A vingt-sept ans, il épousa Mlle La Rue, fille de l'inspecteur du revenu à Québec. Aux élections générales de 1886, son comté l’envoya aux communes ; mais trois ans plus tard il échangea son mandat de représentant fédéral pour celui de député du même comté à l'assemblée de sa province. Après une lutte des plus vives contre M. Louis Desjardins, le député sortant, il vit la fortune couronner ses efforts. Quelques jours après, le portefeuille de secrétaire d'Etat du ministère provincial lui fut donné comme le couronnement de sa victoire. M. Charles Langelier fait partie de la phalange des libéraux. Il n'est pas resté assez long : aux communes pour y conquérir la place à laquelle se ‘lents lui. donnaient des droits légitimes, néanmoins, il' prononcé, pendant la ses-
sion de 1890, un grand discours dont on a beaucoup parlé dans la presse française du Canada, et dans lequel il accablait de traits piquants les francophobes de la chambre qui avaient essayé d'enlever à la langue française le caractère officiel qu’elle a conquis dans l’administration fédérale.
Les deux frères Langelier sont diserts et revétent leurs pensées, tant dans leurs discours que dans leurs articles écrits, d’un style élégant ; mais s’il était permis de faire . un parallèle dans une notice bi ;:-"hique si rapide, on dirait que l'aîné des deux frères se ‘11 surtout remarquer par la vigueur de son argumentation, et le plus jeune par son habileté (peut-être aussi son penchant) à manier l'ironie comme une épée.
Langevin (Louis Hector), l'un des hommes qui, depuis une trentaine d'années, ont joué un rôle remarquable sur la scène politique de notre pays. Il naquit à Québec en août 1826, reçut son éducation au séminaire de cette ville et était admis au barreau en 1850. Homme d'étude et de travail, M. Langevin se fit bientôt remarquer et sut en peu de temps se conquérir une place importante dans l’administration. Dès 1864 on le voit membre du Conseil exécutif, dans l’assemblée du Canada, où il eut successivement les portefeuilles de solliciteur général et de maître général des postes. Il fut l’un de ceux qui contribuèrent le plus à l’union des provinces et, le ler juillet 1867, à la formation du premier cabinet de la Puissance, il était nommé secrétaire d'Etat. Deux ans après, il échangea son portefeuile pour celui des travaux publics qu’il tient encore aujourd’hui. A la mort de sir G. E. Cartier, les conservateurs de la province de Québec le choisirent unanimement pour leur chef. En 1868, l'Angleterre, voulant reconnaître les mérites de cet homme politique, l'avait créé compagnon du Bain, et lui envoyait, en 1881, le titre de commandeur de l’ordre de St- Michel et de St-George. Il est aussi commandeur de l’ordre romain de St-Grégoire-le-Grand, dignité qui lui fut conférée par Sa Sainteté Pie IX en 1870. Le ministre des travaux publics est aussi écrivain : nous devons à sa plume : Ze Canada et ses institutions, ainsi que le Droit administratif ou Manuel desparoisses et fabriques. Dans sa jeunesseil a été rédacteur des Mélanges religieux et du Journal d'agriculture, à Montréal. Langloiserie (Marguerite Piot de), dite sœur St-Hippolyte,