‹ Le panthéon égyptienChapitre 22 sur 60 · FONCTION DU SOLEIL. ROLE DES DEESSES · texte numérisé non relu

FONCTION DU SOLEIL. ROLE DES DEESSES

Sekhet. — Tefnout. — Menhit. — Bast. — Sphinx. — Ra. — Ammon-Ra. — Le Pschent. — Les Urœus. — Nekheb. — Ouadj.

Les Égyptiens disaient que le soleil éclaire le monde de ses deux yeux, et ils voyaient dans sa lumière la force qui entretient la vie et maintient Tordre dans l'univers. Cette force résultant de ses deux yeux est dite double;

La dée-.se léontocéphale.

Tastre-dieu est appelé le « maître de la double force », et ce mot force est écrit au duel avec Tliiéroglyphe du lion ^ il . Voilà pourquoi les déesses qui personnifient la force des yeux du soleil sont des déesses léontocéphales et de là vient le symbolisme du lion et du spbinx.

Les déesses à tête de lionne s'appellent tour à tour Sekhet^, Tefnout, Menhit, etc., et sont représentées coiffées du disque.

La déesse Bast, à tête de chatte, qui était adorée dans la Basse-Egypte, est regardée comme une forme adoucie des précédentes. Bast tient un sistre et une égide et porte à son bras un panier. On la trouve parfois avec une figure humaine coiffée d'une perruque bouclée.

Bast.

On a reconnu depuis longtemps que le lion se rattache à ridée de lumière. L'horizon céleste d'où émerge le

^ Le nom de Sekhet avait été primitivement lu Paclit.

soleil est supporté par deux lions. On lit au chapitre CLXII du Livre des Morts : ^< 0 lion doublement fort qui portes (( haut la double plume, seigneur de la coiffure divine, (( qui commandes par le fouet, c'est toi qui es le mâle (( vigoureux par le rayonnement. » Cette légende désigne particuhèrement le soleil renaissant de lui-même que personnifie Khem ithyphallique. Horus, autre forme du soleil levant, est comparé à un lion dans plusieurs textes. Sur un même sarcophage Osiris est appelé « le double lion, seigneur de Leontopolis, maître de la double force ». Le sphinx n'est pas, comme on l'a dit, un emblème de la force unie à l'intelligence, explication abstraite qui n'est pas dans le goût de l'allégorie égyptienne ; c'est un lion ayant tantôt une tête de bélier ou d'épervier, emblèmes éminemment solaires, tantôt une tête d'homme, lorsqu'il est affecté à la représentation du pharaon, lequel est une image du soleil levant.

Sphinx.

Un des noms du sphinx, seshep^ signifie « faire la lumière » ; le monument que nous reproduisons, et bien

d'autres encore, nous le représentent orné d'une coiffure solaire, et le grand sphinx de Gizeli est une iinoge d'Harmakhis.

Rien de plus simple que le rôle des déesses. Elles personnifient ou la lumière du soleil ou l'espace dans lequel il prend naissance et dans lequel il se couche. De même que le dieu Shou qui personnifie également la force de la lumière est appelé « fils do Ra », de même les déesses solaires sont appelées « filles du soleil » et il est tout naturel que, personnifiant en outre le récipient de l'astre, elles soient appelées en môme temps « mère du soleil ». Leur rôle maternel résulte aussi de la protection qu'elles exercent sur lui. Du reste, la déesse est à la fois mère et fille, comme le dieu est à la fois père et fils.

M. Grébaut a exphqué ^ que le soleil traversant le ciel d'orient en occident et ses deux yeux se partageant l'office d'éclairer le monde, l'œil gauche éclaire le sud et l'œil droit le nord. Nous pouvons, avec nos idées modernes, nous représenter le dieu égyptien comme planant au-dessus du cercle équatorial : il partage, dans sa course, le monde en région du midi et en région du nord ; il est juste au milieu des deux terres; une partie de sa personne est tournée vers le sud, une autre est tournée vers le nord. On le dédouble allégoriquement en l'appelant le double Horus et l'Être double, en le représentant avec deux têtes. Un dieu dit à un roi : « Je t'ai donné la double force du double Horus et sa puissance^ ». Le dédoublement solaire s'applique, dès les premières dynasties, aux pharaons considérés comme des Horas. Un

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