‹ Le panthéon égyptienChapitre 24 sur 60 · Maximes d'Ani II · texte numérisé non relu

Maximes d'Ani II

point de vue pittoresque, domine toute la symbolique égyptienne et il en est la clef.

Lorsque l'astre franchit l'horizon oriental, celui-ci devient le double horizon divisé en partie méridionale et en partie septentrionale : de même pour tous les lieux qu'il traverse. Sa marche dans le ciel est figurée tantôt par la course d'un disque ailé, tantôt par la navigation dans une barque d'un homme à tête d'épervier, le dieu Ra (Ra est ceint du pagne appelé shenti et coiffé du Klaft que surmonte le disque). Cette barque est remorquée par deux chacals appelés ouvreurs de chemins : l'un ouvre à la lumière les chemins du midi, l'autre les chemins du nord.

Le soleil tranche la terre (c'est le terme égyptien) en sud et en nord. Dans sa forme d'Ammon-Ra, il est représenté vêtu de la shenti, un colUer au cou, et coiffé de la couronne rouge que surmontent deux grandes plumes : avec ces plumes, dit un texte du Louvre, il tranche le ciel ^ y l'une fait la part du sud, l'autre la part du nord. Sur les monuments, le corps d'Ammon est peint en bleu; de sa coiffure pend une sorte de cordon descendant jusqu'à ses pieds. Il est figuré sur les pyramidions d'obéhsques recevant l'hommage de l'encens et du vin. Ses statuettes le représentent souvent foulant aux pieds les neuf arcs qui, dans l'écriture hiéroglyphique, désignent les nations barbares et s'appliquent ici aux mauvais principes que dissipe la lumière. La statue de Ra qui accompagne ci-dessous celle d'Ammon présente la même allégorie au moyen de deux hommes renversés sous les pieds

1. P. Pierret, Eludes égypt., II, 3; Cf. Hymne à Osiris delà Biblioth. nat. 1. 13.

du dieu, Ammon-Ra était le dieu suprême de Thèbes, assimilé àZeus par les Grecs.

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Dans d'autres formes le soleil diyinisé est coiffé du pschent ^ qui se décompose en deux parties, la couronne Ijlanche ^ représentant le côté sud, la couronne rouge y représentant le côté nord. Cette coiffure est ornée à gauche et à droite de deux YÎpôres |^ ^ appelées itrœus ' qui regardent l'une le sud, l'autre le nord : elles symbolisent le mal que peut faire le dieu en brûlant, en détruisant par le feu ses ennemis ; elles sont ses protectrices comme ses yeux, elles jouent le même rôle que

1. Ojpaioç, transcription donnée par Horapollon du nom égyptien ârâ de Taspic que les Arabes a|)pellent hajé. Les gnostiques disaient Q'patoç. Dans l'enfer égyptien les urœus sont les exécuteurs de Ra; ils vomissent des flammes sur les coupables.

— ailes yeux et sont en équation avec les déesses qui personnifient ces derniers. L'œil solaire ^ appelé par les archéologues Œil sacré ou Œil d'Horus et qui symbolise le sud et le nord au sommet des stèles, a pour dénomination hiéroglyphique le mot oitdja qui signifie « salut » ; il jouait un grand rôle dans le tahsmanisme égyptien; les amulettes en forme d'oudja sont innombrables \ Les déesses personnifiant la lumière du soleil sont appelées souvent « mère du soleil » pour affirmer la perpétuelle succession de la divinité à elle-même, le perpétuel renouvellement du soleil, et sur certaines coiffures royales, c'est-à-dire divines, les deux urœus ont les cornes de vache de la déesse mère ; par conséquent on aurait pu dans l'un des titres solaires de la domination sur le sud et sur le nord figurer la dualité des dites déesses tout aussi bien par la double image d'un va,utour sur une corbeiUe ^^^ que par celle d'un urœus sur une corbeille ^ ^ ; on a fait part égale à chaque symbole en représentant un vautour sur une corbeille suivi d'un urœus sur une corbeiUe ^ ^ ; le premier groupe 3- répond à la couronne blanche et à la déesse Nekheb, le second ^ à la couronne rouge et à la déesse Ouadj. Nekheb, dont le nom a été lu primitivement Souban, est représentée avec une figure de femme coiffée du diadème atef ^ ou sous la forme d'un vautour muni des emblèmes de la vie ^ et de la sérénité \ . Elle est la déesse du midi, principale-

1. Dans les offrandes que l'on fait aux dieux ^ ^ varient avec 4^ et ^.

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