Todtenb. xciii, i
Mais rame pieuse, accomplie {menkh) ne redoute aucun de ces châtiments : « Elle ne périra pas dans la divine région inférieure. » Elle peut se réunir à son Khou*, pour rentrer dans son corps ou dans tel autre qu'elle voudra et accomplir de nouvelles existences, en un mot, pour nous servir d'une expression, très fréquente dans le Livre des morts, « faire toutes les transformations qu'il lui plaira. »
Afin de voir comment va s'opérer la résurrection, retournons au corps que la sentence d'Osiris a remis en possession de son cœur, principe de régénération.
« L'Osiris, dit un texte, n est pas immobile, ses membres ne sont pas inertes . » La mort n'est qu'apparente, une vie latente est en lui ; c'est ce qu'exprime la peinture de quelques momies en état de germination. Isis vient rendre le souffle à la narine du mort et ouvrir son gosier pour que la respiration reprenne son cours ; il a été conservé intact par la momification : « J'arrive, dit-il, ayant fait embaumer mes chairs. Mon corps ne se dissout pas. Je suis complet comme mon père Osiris. L'image du dieu des métamorphoses, c'est celui dont le corps ne se dissoutpas.» {Todtenh , ciaw) «La terre ne m'a pas mordu, le sol ne m'a pas mangé. » {Inscr. du temple d'Aby dos.)
L'âme rentre enfin dans le corps et lui apporte la vie : c'est ce que représentent la vignette du chapitre lxxxix du Livre des morts etde petits monuments spéciaux qu'on peut voir au Louvre, salle funéraire, armoire A ; l'âme y est figurée en épervier à tête humaine, voltigeant audessus de la momie.
L'homme ressuscite alors et s'écrie : « Je relève mon cœur après l'afi'aissement. — Je m'envoie au ciel et je des-