‹ Le pape au dixneuvième siècleChapitre 3 sur 6 · DU PAPE AU CONCILE · texte numérisé non relu

DU PAPE AU CONCILE

Les hommes de mauvaise foi qui ne peuvent croire à la bonne foi des autres, les hommes qui ont accusé Lamennais d’avoir abandonné la papauté parce qu’elle ne lui avait pas offert un chapeau de cardinal , nous diront : votre guerre n’est qu’une réponse à la défaite de Rome. Nous ferons remarquer non pas à ces hommes, mais à ceux qui pourraient les croire, que nos convictions datent de 1832. Ce sont des opinions conçues et méditées dans la

morte tranquillité de l’exil auquel nous fûmes condamnés, non par un pape , mais par un prince. Elles pouvaient alors pécher par audace , non par colère . Et lorsque nous avons vu les bombes sillonner le-ciel de Rome , lorsque nous avons vu des Soldats étrangers monter, comme au moyen âge, à l’assaut de Rome et moissonner , au nom d’une institution à laquelle ils ne croyaient pas, les jours des braves qui défendaient leur patrie , nous n’avons éprouvé aucun sentiment de haine , mais une pitié et une douleur profondes. Pitié pour Pie IX qui, n’étant pas né méchant se laisse égarer par des méchants, et qui vain de la domination princière , mourra le remords dans l’âme; douleur pour la papauté qui ne put et ne sut pas tomber solennelle , comme le soleil dans l’immensité de la mer , en transmettant elle-même aux croyants la parole initiatrice de la transformation religieuse que la Providence prépare à l’humanité. Les grandes institutions après avoir épuisé leur période de vie s’éteindront-elles donc , toutes, fatalement dans la boue et dans le sang? —

Il y a 17 ans nous écrivions:

« L’Italie , sans parler du grand spectacle d’un peuple qui aspire à reconstituer son unité , son indépendance , sa liberté, présente aujourd’hui un phénomène qui doit attirer les regards de tous les peuples, des hommes surtout

qui observent attentivement le développement du progrès humain. Au milieu de toutes ces tentatives qui meurent aujourd’hui pour renaître demain , au milieu de l’universelle fermentation qui s’étend des Alpes au Phare, comme une vague bouillonnante dont la source est dans le sol romain, un grand fait s’accomplit: un fait européen. Il y a bien autre chose dans ce pays qu’une multitude frémissante, qui réclame des améliorations matérielles; bien autre chose que des communes désireuses de leurs franchises. Il y a le développement d’une révolution morale, la manifestation d’une loi morale , la proclamation d’un principe de liberté morale. C’est le genre humain frappant aux portes de Home et demandant impérieusement son affranchissement.

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