LE REGISTRE ( DE NEGOCIIS TARTARORUM ET ALIORUM INFIDELIUM. D
Les affaires d'Orient tiennent une place importante dans les lettres des papes d'Avignon. Clément V et ses successeurs sont en relations fréquentes non-seulement avec les Latins de Morée et de l’Archipel, les colonies vénitiennes ou gênoises, les deux royaumes de Chypre et de Petite-Arménie, qui, entre l’Asie Mineure turque et la Syrie égyptienne, ont recueilli l'héritage du royaume de Jérusalem, — mais aussi avec les Grecs de Byzance, avec les souverains mongols. qui, dès le xrre siècle, avaient apparu à la chrétienté comme des alliés possibles contre les maîtres musulmans de la Palestine et de la Syrie. Ce monde tartare, par où des marchands et des moines ont trouvé des voies nouvelles vers l’Extrême-Orient, semble ouvrir un champ nouveau à l’activité politique et religieuse du Saint-Siège : longtemps l’Église romaine s’est crue à la veille d’obtenir en ces lointains parages d’éclatantes conversions, dont le résultat aurait pu, croyait-on, bouleverser l'Orient, et donner à la chrétienté, tant de fois vaincue, une revanche inespérée. Sur les navires marchands de Venise, de Gênes, des Provençaux et des Catalans, qui sans cesse