‹ Le pape et les évêquesChapitre 10 sur 10 · LETTRE DE MGR L'EVEQUE DE SURA A MCR L'EVÊQUE DE RODEZ · texte numérisé non relu

LETTRE DE MGR L'EVEQUE DE SURA A MCR L'EVÊQUE DE RODEZ

Paris, le \1 novembre 1869.

Monseigneur,

Je viens de lire la circulaire que vous avez adressée à votre clergé, à l'occasion de votre départ pour le Concile.

Cette lettre contient de bien graves accusations contre un livre destiné à ce même Concile.

Veuillez me permettre de vous soumettre trois observations.

Vous repoussez ce que vous appelez mon système :

1° Comme contraire à î Écriture, à la tradition vivante de V Eglise, aux décisions des Conciles et des Papes.

Je ne trouve pas, Monseigneur, que vous ayez prouvé ces inculpations. Mais ce n'est pas ici ni le lieu ni le moment d'entamer ce débat.

2° Vous repoussez mon système comme sentant Vhérésie de Wicleff.

Il eût été juste d'avertir votre clergé que je condamne de la manière la plus formelle cette erreur. (Du Concile général et de la çtaix religieuse, t. II, p. 255.)

3° Vous repoussez mon système comme conduisant au schisme , selon les errements du Conciliabule de Baie.

Personne, je crois, n'a flétri le schisme de Baie avec plus d'énergie que je ne l'ai fait moi-même. (Tome Ier, p. 454 à 458.)

J'ai parlé des seize premières sessions de Bàle, comme le Pape Eugène II7 en parle lui-même dans la bulle Dudum sacrum. Il est vrai qu'on a prétendu que cette bulle avait été mutilée par les Pères de Baie. Dans la défense de mon livre, qui paraîtra sous peu de jours, on trouvera la démonstration de l'authenticité de la bulle Dudum sacrum et du peu de fondement des critiques qu'on a voulu faire de mes citations.

J'ai l'honneur d'être avec respect, Monseigneur,

de Votre Grandeur,

le très-humble serviteur, fH. L. C, ÉVÊQUE DE SURA.

N. B. — Dans une nouvelle lettre datée de Marseille, et publiée par le journal l'Univers le 18 novembre, Mgr l'évêque de Rodez a avoué formellement que nous condamnions l'erreur de Wicleff. Mais par une nouvelle injustice aussi involontaire sans doute que la première, le respectable prélat prétend que nous conservons le principe de l'erreur de Wi-

cleff. Nous aurions pu lui répondre qu'il se trompe de nouveau et qu'il n'y a aucune parité entre l'action divine qui conserve l'autorité et l'efficacité du ministère ecclésiastique chez le prêtre indigne, et l'action divine par laquelle Dieu rendrait infaillible la personne d'un grand et scandaleux pécheur. Nous avons démontré ces différences, qui nous paraissent essentielles, tome II, p. 255, 256. Et cependant nous reconnaissons, au même endroit, qu'il n'y a pas de bornes à la puissance divine , et que, si la sagesse divine jugeait ce miracle nécessaire au bien de l'Église, ce miracle s'accomplirait. Toute la question est donc ramenée au fait de la volonté et de l'institution positives du Seigneur.

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