‹ Le pape et les évêquesChapitre 9 sur 10 · REPONSE DE MGR L'EVEQUE DE SURA A UNE LETTRE DE MGR L'EVÊQUE DE NIMES · texte numérisé non relu

REPONSE DE MGR L'EVEQUE DE SURA A UNE LETTRE DE MGR L'EVÊQUE DE NIMES

publiée par le journal i/i FMI VERS le 9 octobre dernier.

La publication de la lettre de Monseigneur l'Évêque de Nîmes exige de ma part cette prompte réponse.

J'élève contre les accusations mal déguisées de Monseigneur Plantier la protestation de l'honnête homme, du chrétien, de l'Evêque. J'en appelle à tout lecteur attentif, impartial, consciencieux de mon livre. Y a-t-il trace d'amertume, de vengeance, de complaisance pour aucun pouvoir? Je ne reconnais à personne le droit de me donner des leçons de dignité et d'indépendance de caractère. Il est vrai que je n'ai jamais sacrifié à une vaine popularité et que je rends au pouvoir public ce que demandent la justice et le devoir.

Monseigneur l'Évêque de Nîmes avoue qu'il a professé les doctrines qu'il condamne aujourd'hui dans mon livre. Voici ce que m'écrivait, le 25 septembre dernier, un de ses amis, évêque aujourd'hui : « Pendant vingt ans que j'ai vécu avec lui, il tenait haut le drapeau gallican : il le mettait même là où il était étranger. » Avec l'agrément de son auteur, j'offre de communiquer cette lettre à Monseigneur l'Évêque de Nîmes quand il le voudra.

Pendant vingt ans, Monseigneur Plantier a donc encouru Vanathème qu'il semble vouloir appeler sur ma tête! -Pourquoi ces menaces? Le Prélat veut-il étouffer la discussion? Sous le règne du plus sage, du plus juste des

Pontifes, il n'y parviendra pas. L'entière liberté des discussions, dans les limites de la foi, a toujours été une des premières lois des Conciles généraux, et dans leur préparation, et dans leur célébration.

J'ai écrit une phrase énergique que Monseigneur Plantier rappelle. Je la maintiens parce qu'elle exprime mes convictions; je la maintiens parce qu'elle a pour but d'avertir, de provoquer à des études sérieuses, de conjurer les dangers d'un projet A' acclamation mis en avant par des hommes irréfléchis.

Au lieu d'accuser mon livre sans preuves , que Monseigneur l'Evêque de Nîmes veuille bien le réfuter. Qu'il prenne la peine de refaire son Histoire des Conciles généraux , son honneur d'écrivain n'y perdra rien. Qu'il démontre que , dans la mienne , j'expose mal les faits décisifs que j'invoque ; que j'en tire des conséquences illégitimes; qu'il démolisse surtout ce quatrième livre, qui excite principalement son animadversion : je suis prêt à reconnaître mes erreurs aussitôt qu'elles me seront démontrées.

Monseigneur l'Evêque de Nîmes regarde comme possible, comme probable, la définition de l'infaillibilité absolue, séparée, personnelle du Souverain Pontife. Selon l'usage des Conciles généraux , cette définition ne serait portée qu'autant que cette grave matière aurait été entièrement approfondie; qu'autant que toutes les objections et toutes les difficultés auraient été détruites; qu'autant que les preuves les plus solides, les plus irréfutables se seraient produites. Alors une belle et éclatante lumière surgirait des travaux du saint Concile. J'espère que Dieu me ferait la grâce de ne jamais fermer les yeux à cette lumière. Dans tous les cas, la soumission me serait douce. Il n'y aurait là ni fiel ni absinthe. La main de Monseigneur Plantier ne préparera pas cette coupe empoisonnée.

Le Prélat m'invite à suivre le mouvement qui précipite V amour des peuples du coté du Vatican. Plût à Dieu qu'il en fût ainsi! Mais Monseignenr l'Evêque de Nîmes se rend-il bien compte de l'état réel du monde? J'en doute.

Quant à moi, je crois mieux servir la cause du Saint- Siège en démontrant le caractère tempéré de la monarchie ecclésiastique, en dévoilant le sceau de la divine Sagesse qui brille dans la constitution de l'Eglise et qui rend l'autorité de son chef aussi aimable que respectable.

Page 1