‹ Le Pape infaillibleChapitre 21 sur 37 · DURÉE DE LA PAPAUTÉ · texte numérisé non relu

DURÉE DE LA PAPAUTÉ

Contemplez un moment la scène du monde depuis dix-neuf siècles. Laissez défiler sous vos yeux, comme sur un immense cinéma, la succession des empires, des dynasties, des régimes : les Césars de Rome et de Byzance, l'empire des Califes et des Sultans, le flot des barbares et leurs éphémères parodies de la puissance romaine, Charlemagne

l'autorité sociale du pape 81

et ses successeurs, chefs du Saint-Empire germanique, la féodalité seigneuriale, les principautés ecclésiastiques, les opulentes démocraties du moyen âge, les monarchies absolues ou tempérées, le despotisme des Tsars, la tyrannie révolutionnaire, l'éphémère domination napoléonienne. Où sontils, hommes, régimes, institutions ? Même de ceux qui, hier encore, dominaient le monde, la trace s'efface déjà. Dans quelques années ils ne seront plus qu'un souvenir historique, comme les pharaons d'Egypte ou les républiques grecques. Et que dire des pontifes de la démocratie contemporaine, de leurs projets de régénération mondiale, de leurs multiples essais de constitution, de leurs vaines tentatives d'édifier une humanité nouvelle ? Ils n'ont pas encore fini de démolir le monde ancien et déjà leur tour de Babel s'écroule, dans la confusion des doctrines et des idées !

Et pourtant, tous ces régimes ont eu leurs croyants, leurs prophètes et leurs thuriféraires, qui leur promettaient une puissance sans bornes et sans fin. La plupart de ces institutions ont rendu de réels services à l'humanité, elles ont mis en valeur un grand nombre d'hommes de premier ordre, de génie même. Et pourtant, elles ont péri. Elles ont péri, parce qu'elles étaient humaines, voulues par Dieu sans doute, mais voulues pour

un temps et un objet particulier. Et elles ont toutes péri quand les hommes ont voulu s'en servir contre Dieu, ou en dehors des desseins de Dieu.

Au milieu de ces ruines, sur cette route semée de tombeaux, une institution, une seule, demeure vivante, intacte, agissante et toujours féconde, c'est r Église. Une seule dynastie règne, sans interruption, depuis saint Pierre jusqu'à Benoit XV, c'est la Papauté. Un seul homme ne meurt pas, se succédant de père en fils, dans la filiation du Christ, depuis dix-neuf siècles, exerçant la même fonction, la même autorité, enseignant la même doctrine, définissant et appliquant les mêmes lois, le même code de morale. Cet homme, c'est le Pape.

Et vous ne croiriez pas que cette institution est divine, que cette dynastie est maintenue par le Tout-Puissant, que cet homme est assisté de Dieu ? Et vous hésiteriez à reconnaître que son autorité sociale, même appliquée aux seuls problèmes humains, est incomparablement plus sûre, plus durable, plus salutaire que toute autre ?

prodigieuse action de la papauté

Vous faut-il une preuve plus convaincante encore ? Considérez l'exercice de cette autorité, voyez comme elle procède à l' encontre de toutes les

Page 1