‹ Le Pape infaillibleChapitre 36 sur 37 · ALLOCUTION DE S. G. MGR BRUCHÉSI · texte numérisé non relu

ALLOCUTION DE S. G. MGR BRUCHÉSI

l'erreur. Cela est impossible. Donc, Pierre et ses successeurs, les papes, ne peuvent pas se tromper. Cela, mes petits enfants, s'appelle l'infaillibilité pontificale. ))

Et nous disions encore au peuple, surtout parmi ces bonnes populations où les procès sont nombreux :

« Quand vous avez des procès, vous allez trouver un juge et vous attendez sa sentence. Et, que vous ayez raison ou que vous ayez tort, vous acceptez la sentence du juge comme un jugement final. Vous donnez une infaillibilité de fait à cet homme. Et il faut dans la société qu'il y ait une infaillibilité de fait. Que ce soit à la Cour supérieure, à la Cour suprême ou au Conseil privé, il y a des hommes qui jugent les différends survenus entre leurs semblables, et dont les paroles sont considérées comme infaillibles de fait.

(( Mais dans les choses de la vérité, et surtout quand il s'agit du salut des hommes, il ne suffit plus d'une infaillibilité de fait. Il faut une infaillibilité de droit, une infaillibilité vraie. Or, le Pape, c'est le chef de l'Eglise, et il doit juger les choses de la religion et de la morale. Par conséquent, quand il juge, il ne peut pas se tromper, et son jugement est sans retour. Et c'est, encore une fois, ce qui s'appelle l'infaillibilité pontificale. »

C'est ce que M. l'abbé Curotte nous a fait voir tout à l'heure, dans une magnifique thèse, dont, pour ma part, j'ai très joui. Il évoluait dans les hauteurs de la théologie avec saint Thomas d'Aquin. Mais, au fond, ces grandes et sublimes vérités reviennent aux choses très simples du catéchisme, que je viens de vous rappeler.

Et ce dogme de l'infaillibilité pontificale, qui a toujours été dans la tradition catholique, et qui a ses racines dans l'établissement même de l'Église, M. l'abbé Perrier nous a dit comment il fut défini en 1870. Il a écrit de belles pages, dont je le remercie. En l'écoutant, je me rappelais l'émotion que je ressentis lorsque, pour la première fois, il y a bien longtemps, je lus un livre que je vous conseille à tous de lire, mesdames et messieurs : Rome pendant le Concile, de Louis Veuillot. Quand les choses paraissent simples comme elles le paraissent maintenant, on peut se demander comment il se fait qu'il y ait eu des hommes de si grand talent et de vertu si véritable qui firent opposition à la définition du dogme, même pour raison de non - opportunité. M. Perrier a indiqué les raisons de cette attitude, qui sont très justes et très vraies. Tout cela est providentiel dans l'histoire de l'Église. Ces discussions ont fait voir que la grande question de l'infaillibilité

Page 1