ALLOCUTION
DE
Sa Grandeur MONSEIGNEUR BRUCHES I
Mesdames, Messieurs,
C'est une heureuse idée qu'a eue V Association de la Jeunesse catholique de commémorer par une soirée solennelle le cinquantième anniversaire de la définition de l'infaillibilité du Pape, ce dogme si consolant et si vivifiant.
Certes, ce n'est pas sa première idée heureuse; elle en a eu d'autres, et beaucoup, depuis sa fondation. La langue française lui doit, je crois, autant de reconnaissance que l'asile des Petites Sœurs des Pauvres. Je l'ai bénie à son berceau, et bien des fois depuis, et jamais je ne suis allé à Rome sans obtenir pour elle une bénédiction nouvelle du Souverain Pontife.
Je regrette de voir disparaître son chef, notre ami le docteur Baril, son président depuis déjà bien des années. Mais, évidemment, le président de l'A.CJ.C. n'est pas, comme le général des jésuites, un supérieur nommé à vie. Certaines circons-
tances peuvent le pousser à demander qu'on lui trouve un successeur. Je comprends les raisons de notre cher professeur d'université.
Mais s'il disparaissait comme président de l'A.C.J.C, il y en a un qui s'imposait : c'était notre ami Guy Vanier. C'est au nom de toute l'A.C.- J.C. que je lui serre en ce moment la main. (Monseigneur Bruchési donne affectueusement la main à M. Vanier.)
Nous avons donc été convoqués ce soir pour entendre parler de l'infaillibilité du Pape. Quand nous étions au catéchisme, ou quand nous faisions nous-même le catéchisme, nous disions simplement ceci aux petits enfants :
(( Jésus-Christ est fils de Dieu. Il est venu sur la terre pour nous racheter et il a fondé une Église. Il a dit à ses apôtres ; Allez, enseignez les nations. Et voici que je suis avec vous jusqu à la consommation des siècles. Mais il a dit à l'un d'eux en particulier : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. Et toi, Pierre, pais mes agneaux, pais mes brebis (ce qui voulait dire tout le monde). Donc, Pierre, c'est le chef. Le chef doit enseigner et commander. S'il commande, il faut que nous lui obéissions. Mais quand il commande, s'il pouvait se tromper, nous serions obligés d'accepter