LE PÈRE BOUTIN
Quelques textes officiels doivent être cités ici. Ils sont empruntés au Bulletin annuel de Vassociation des anciens élèves de la Seyne, car l'abbé Boutin appartenait au diocèse de Fréjus, précisément celui que M. Renaudel représente à la Chambre :
Boutin Jean, de la Compagnie de Jésus, sous-lieutenant du 312' régiment d'infanterie :
Cité à l'ordre du régiment : « Chef de section, d'un dévouement et d'une bravoure incontestés, prend part à toutes les patrouilles délicates et difficiles. »
Félicitations : « Le général commandant la 05" division d'infanterie adi'csse ses félicitations aux gradés et hommes de troupe volontaires commandés par le sous-lieutenant Boutin, du 512' régiment d'infanterie, qui, dans la nuit du 51 juin au 1" juillet 1915, ont fait preuve de dévouement, d'esprit de sacrifice, de calme et de sang-froid en exécutant une corvée très pénible qui consistait à enlever un petit vallon situé en avant de notre tranchée de Prière et ramener dans nos lignes 9 cadavres et 14 fusils français.
Inscrit au tableau spécial de la Légion d'Honneur pour le grade d'officier...,
Voici dans quels termes le lieutenant-colonel du 312'' a fait part à la famille du malheur qui la frappait :
Je venais d'être blessé pour la troisième fois et j'étais immobilisé dans mon poste de commandement lorsqu'on vint me rendre compte que le sous-lieutenant Boutin, profitant d'un brouillard très épais, avait voulu aller voir un de ses postes d'écoute en avant de sa tranchée de première ligne de Lorraine.
Bien que la distance entre ces points ne fût que d'une cinquantaine de mètres, il a été, dans ce trajet, en butte à un tir de mitrailleuses ennemies.
Malgré son casque une balle l'a atteint très grièvement à la tête.
On Ta transporté au poste de secours, mais son état étant très grave, on l'a évacué sur l'ambulance; il est mort en route.
J'ai demandé pour lui, par téléphone, la croix de |;uerro et celle de chevalier de la Légion d'honneur et j'ai été heureux d'apprendre que cette suprême récom-
pense, destinée surtout à sa famille, lui était accordée. Son souvenir restera à jamais vivant au 312', dont il restera l'une des gloires les plus pures.
Le père Boutin ayant traversé le séminaire de Saint-Sulpice, on me communique un numéro du Faisceau, bulletin des élèves de Saint-Sulpice tués à la guerre, dans lequel se trouvent citées quelques belles paroles tirées des lettres de ce héros.