‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 104 sur 141 · LE DÉFI DE LA « DÉPÊCHE · texte numérisé non relu

LE DÉFI DE LA « DÉPÊCHE

Nous voici en retard dans une discussion dont nous avons supporté le poids durant des saisons. Nous voici heureux d'avoir été devancés par Barrés, par M. de Lamarzelle, par une multitude de journaux régionaux de toute opinion, au premier rang desquels il faut citer le Républicain du Var dont le nom exclut tout soupçon ot dont le collaborateur, M. L. Marcellin, avec l'indignation du pa-

POUR ET CONTRE L'UNION SACRÉE. ISd

triote et de l'honnête homme, avec l'illusion généreuse du républicain qui ne sait pas ou qui ne veut pas croire que la République est le gouvernement et la tyrannie d'un parti, s'est élevé éloquemment contre l'odieuse campagne qui diffame les prêtres français.

i\Iais c'est à Toulouse, dans la patrie de la Dépêche, que l'engagement a été le plus vif.

Prenant au mot le propos du 15 février : « Je mets au défi n'importe quel poilu {mais un vrai alors!) de dire quil a vu monter la garde aux tranchées à un curé ou à un millionnaire, » un autre journal toulousain, r£'j:'/)rÉ'ss du Midi, a fait une enquête auprès de l'épiscopat afin de donner la liste des prêtres morts au champ d'honneur, blessés, décorés, disparus et prisonniers. C'était fort bien imaginé et fort bien fait. Oui, mais à la sixième liste, la censure toulousaine, celle qui avait toléré le défi, interdisait de le relever plus longtemps!

On peut trouver que c'était fort. C'était même très fort. Voici plus fort. Le journal radical qui occupe Toulouse en pays conquis et qui y est également le maître des fonctionnaires et des fonctions a imaginé d'unir ses protestations à celles de VExpress. La Dépèche a publié un article intitulé, naturellement « POUR LA VÉRITÉ » approuvaut l'indignation de V Express et faisant chorus avec lui! Mais la Dépêche a oublié d'ajouter qu'il lui suffisait d'un signe du petit doigt pour faire autoriser son confrère à reprendre la publication interdite. Et comme le public n'est pas obligé de le deviner, la Dépêche se figure qu'elle a beau jeu !

Eh! bien, non elle est prise. Son article du ô Mars porte ces mots :

Jamais, en effet, nous n'avons contesté qu'il y ait eu des prêtres et des religieux qui aient versé, comme tout le monde, leur sang. Sur ce point, la mauvaise foi n'eût été que de la naïveté.

C'est précisément ce qui est arrivé à la Dépêche : elle a eu la naïve mauvaise foi de publier le lo février le défi de son « poilu », dont on a lu le texte : toute rhypocrisie du monde n'empêchera pas que ce qui est écrit soit écrit.

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