LES JÉSUITES FRANÇAIS
Pour bien finir, nous allons mettre sous les yeux de la Dépêche et de VHumanité une statistique des jésuites français qui fait un beau et digne tableau d'honneur.
Il ne m'est pas permis de dire combien de jésuites ont été mobilisés depuis août 1914, mais à la date du 15 février 1916, il en était mort 09; 10 étaient portés disparus, 99 étaient blessés, 116 avaient la croix de guerre, lo avaient la Légion d'honneur, 10 la médaille militaire, \ la croix de Saint- Georges russe et 2 la médaille miHtaire anglaise.... Ces chiffres ^ qui témoignent d'un patriotisme héroïque dans la Compagnie de Jésus, ne peuvent tenir compte des pertes et des exploits dans l'ofTensive de Verdun, postérieure d'une semaine. Au lieu d'ergoter, l'ad-
1. Des chiffres analogues, précisés et accrus, ont élé portés à la tribune du Sénat, dans un éloquent discours de M. de Lamarzclle, en janvier 1917.
POUR ET CONTRE L'UNION SACRFilE. 191
versaire politique devrait saluer. Même en ergotant, il devrait saluer encore.
l"- avril 1910.
.. POUR L'HONNEUR DE LA PRESSE » M. HUC VEUT BIEN PAYER ET ALLER EN PRISON
L'autre jour, apprenant la condamnation à trois ans de prison et mille francs d'amende du nommé M...., aubergiste de Sousceyrac, diffamateur des curés et des capitalistes (ou millionnaires), nous avons exprimé aussitôt l'espérance que M. Hue, directeur de la Dépêche de Toulouse, l'un des premiers propagateurs de la rumeur infâme flétris par le commissaire du gouvernement, se substituerait en tout et pour tout au condamné, paierait à sa place et irait en prison pour lui, par un juste sentiment des responsabilités que lui créent son intelligence, son autorité, sa fortune.
Nous voyons avec plaisir que le directeur de la Déjjêchede Toulouse ne conteste à aucun degré cette \ue. Son silence à cet égard semble montrer qu'il comprend comme nous l'honneur de la presse. Dans son numéro du 30 mars, son journal se contente de demander à Maurras de « citer le numéro de la Dépêche où il a pu lire une allégation semblable ».
Une « allégation semblable » môme presque identique, Tallégation-type de la rumeur infâme, se trouve sans aller chercher plus loin, au numéro de la Dépêche du 45 février dernier dans ce fameux défi du poilu qui a fait son tour de France et qui a valu
un blâme à la Censure de Toulouse, coupable de l'avoir laissé passer :
Je mets au défi n'importe quel poilu (mais un vrai, alors !) de dire qu'il a vu monter la garde aux tranchées à un curé ou un millionnaire.
L'aubergiste de Sousceyrac (que la Dépêdte appelle avec une certaine pompe un citoyen du Loi), s'était borné à dire que les curés et les millionnaires avaient placé leur argent en Allemagne et qu'avec cet argent les Allemands nous faisaient la guerre. M. Hue a commis et provoqué à commettre des calomnies « semblables » à celles de l'aubergiste de Sousceyrac, mais de beaucoup supérieures en gravité.
La preuve demandée, la preuve du fait est acquise. Comme le journal de M. Hue n'a pas contesté la justesse de notre jugement sur ses responsabilités, il y a lieu de croire qu'il versera bientôt 1000 francs au nom de l'aubergiste, et se constituera prisonnier pour trois ans en son lieu et place.
2 avril 1910.