SI C'ÉTAIT CHEZ LE PAPE
Elle prend acte du « spectacle des crimes sans nom, des misères matérielles et morales indicibles, d'un ébranlement économique formidable » et « de la perspective de voir les budgets des Etals chargés de dettes toujours croissantes.... » Ces faits bien vus, les neutres socialistes n'en recherchent pas les auteurs, qui obligeraient à juger et à condamner; ils n'en veulent concevoir que le résultat dans un avenir immédiat et prochain : — Qu'est-ce qui va arriver ?
Cette suite est-elle envisagée comme le châtiment et la rançon des crimes et des fautes boches? Point du tout. Nos socialistes impartiaux écrivent froidement ce qui peut causer le maximum de satisfaction sous les Tilleuls :
Ces deux années ne nous ont pas apporté une décision ni de l'un ni de l'autre côté. Il est même douteux que l'avenir nous apporte cette décision et il n'apparaît pas comme désirable qu'un des groupes belligérants réduise ses adversaires à merci.
On peut se demander ce que prendrait le Vatican si le moindre chambellan de la Cour papale avait osé rendre publiques des déclarations dans ce goût. Fin de la guerre en partie nulle. Et souhait, cynique souhait que l'impunité la plus monstrueuse reste acquise aux agresseurs de l'Europe, aux perturbateurs du monde habité!
17 septembre 1910.