‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 137 sur 141 · EPILOGUE : ACTION ET RAISON · texte numérisé non relu

EPILOGUE : ACTION ET RAISON

Ainsi adjurions-nous.... Monsieur Pichon! Monsieur Pichon! Autant en emporte le vent. Ni la douce clarté du parler de France, ni l'éclat dur des bonnes raisons ne font écouter, je veux dire écouter efficacement. Écrivains, môme lus, à chaque appel nous mesurons combien est médiocre l'action d'une pensée, même estimée, sur les ressorts réels de ces pouvoirs publics qui n'existent pourtant que par leurs vieilles étiquettes de « gouvernement de l'esprit » ou de « l'opinion », de la « discussion » ou de la « raison ! » Aucun système n'esl aussi imperméable à ce qui n'est que de l'esprit! Tant de jours et de mois après les sages études de MM. Fernand Laudet et Lazare Weiler' pour le rétablissement de l'ambassade au Vatican, leurs raisons ne sont pas mieux ou'ies que les nôtres. Et, si les faits qui devraient se faire ne se font pas, les idées qui ne devraient plus être continuent leur incorrigible et stupide ronde. N'en doutons pas, sitôt qu'il pourra replacer son originale antithèse, M. Pichon se hâtera d'opposer la force au droit ou parlera latinité ainsi qu'un Barbare germain. Quant aux idées vraies, qui nous étaient données jadis pour d'invincibles forces, leur fragilité n'est égalée que par l'énorme résistance des erreurs passionnées ou intéressées que soutiennent, qu'épaulent leurs propres parasites. Dès lors l'eflort spirituel apparaît d'une inanité immense et tout semble livré à la parole creuse, masque retentissant des pouvoirs de l'Or et du Fer.

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