LE NATIONAL, L'UNIVERSEL
Donc, tandis que dans l'Internationale scientifique, littéraire, socialiste, capitaliste, chaque groupe natio-
nal a suivi le sort de la nation à laquelle il est attaché, le catholicisme conserve une existence distincte et une loi indépendante. Toutes les organisations européennes subissant la loi de la guerre, ont disparu devant l'État dont elles sont citoyennes ou, si elles tentent d'exister hors de lui, font la preuve publique de leur impuissance et de leur inexistence. Seule, l'organisation catholique a donné un signe patent de A'italité autonome : cela s'est passé en Allemagne : quand on y a connu la nouvelle de l'arrestation du cardinal Mercier; l'émotion des Allemands catholiques a été telle que l'administration impériale a dû retirer ses décrets ou démentir ses actes. Ainsi, jusque chez les Barbares, il a brillé comme un rayon d'humanité intelligente. Et cela par la seule vertu de l'Église.
Est-il bon qu'une telle vertu de paix existe? Jusqu'à présent, plus on se classait parmi les esprits « avancés », moins on jugeait utile de poser la question. Gela allait si bien de soi qu'on se croyait tenu de multiplier les pouvoirs internationaux de cette nature : tribunal de la Haye, Conférence de Berne, congrès scientifiques, littéraires, professionnels. A la vérité, pour des raisons obscures, on affectait de négliger le catholicisme, mais on allait, on avançait dans la direction du catholicisme, c'est-à-dire de l'Universel.