L'ALLIANCE DU CATHOLICISME
Prenant à part M. Sarraut, parfaitement! celui de
la Dépêche de Toulouse, je l'inviterai à se demander pour son compte et pour celui de ses concitoyens s'il n'y a pas lieu de réformer ses vues sur le catholicisme, le catholicisme et la France, dans le nouvel ordre européen que nos magnifiques soldats travaillent à constituer. Les ressources poliliques et morales ne sont pas si nombreuses! Comptées comme elles sont, il est sage de réfléchir avant de rompre décidément avec l'une d'elles. Gomme tout le montre, l'Autriche est puissamment abaissée par l'abaissement de l'Allemagne : quel héritage moral à recueillir! Si vous ne le recueillez pas, il ira à d'autres. S'il va à d'autres, qu'aurez-vous?
La Russie a le slavisme et l'orthodoxie, l'Angleterre pense récolter des amitiés et des influences partout où elle a semé des Bibles. Si vous espérez dans les idées démocrates et libérales, méfiez-vous, elles déclinent et nul appui n'est plus décevant : si l'on n'a pouB soi que cet élément révolutionnaire, on cesse toujours de l'avoir dès qu'il a triomphé el (ju'il est devenu le pouvoir; exemple, après tant d'autres, les Jeunes-Turcs que nous canonnons, comme disait Jacques Bainville, après les avoir tant nourris et engraissés! Je vous conseille. Monsieur Sarraut, et vous aussi, Messieurs Viviani, Millerand, Delcassé, je vous conseille de chercher l'appui d'une idée positive et organique pour flanquer vos fallacieuses idées révolutionnaires. Mais laquelle? Quelle est l'idée, l'inlluence, la force morale à servir et ù utiliser dans le monde sans le catholicisme. L'idée latine elle-même sera stérile et entachée de germanisme luthérien si vous ne l'alliez
carrément à l'idée catholique, idée latine et romaine par définition. Je vous assure que, pour un politique français à longs desseins le catholicisme est véritablement la carte forcée.