‹ Le pape, la guerre et la paixChapitre 58 sur 141 · LA NEUTRALITÉ · texte numérisé non relu

LA NEUTRALITÉ

On se trompe de la façon la plus complète et la plus malheureuse quand on se ligure que l'expression de la concorde et de la paix peut se trouver dans les formules de l'Etat neutre. Il y a dans ce mot le contraire du sentiment (jue les meilleurs des républicains voudraient y renfermer. Dans un langage plus mesuré que celui que nous avons dû critiquer dernièrement, le Temps se figure (jue « la neutralité absolue » est un acte de « déférence égale » envers toutes les philosophies et toutes les religions. Dabord ce n'est pas neutralité qu'il faudrait dire, mais respect profond, mais vénération intime et active; l'abstention et l'inhibition sont procédés trop négatifs. On n'unit pas un peuple avec des exclusions, des refus, des interdictions; il faut. à l'union, à Taccord, des sentiments plus larges et plus cordiaux, des idées plus positives et plus pré-

cises. Ensuite, la distribiilion à pavi égale doros sentiments do respect, entre le méthodisme ou Tanglicanisme de nos alliés et amis britanniques, l'islamisme de nos sujets marocains, algériens et sénégalais, le catholicisme de la multitude immense de nos vivants et de nos morts, cette égalité-là dans le pays qui a construit et qui a vu détruire la cathédrale de Reims, pourrait un jour porter un nom : elle pourrait se dénommer le reniement par les Français de l'Histoire de France et leur suicide moral.

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