LES EMBÛCHES CLÉRICALES
... Puisque les attaques se répètent et que toutes commencent par la formule rituelle « sous le couvert de l'union sacrée », tirons de nos dossiers un fait qui a été passé sous silence par amour de . l\inîon sacrée, un fait que personne ne nous demandait de rendre public, un fait qui ne nous était pas signalé directement et qui est consigné dans une lettre d'ecclésiastique français qui ne devait pas nous être montrée et qui nous fut communiquée par une tierce personne. Ni l'auteur, ni le destinataire de cette lettre ne se douteront, jusqu'à la minute où ceci leur tombera sous les yeux, que nous ayons pu en faire aucun usage. Le caractère intime du récit en confirmera l'autorité. Je demande à tous les esprits de bonne foi ce qu'ils pensent de l'aventure suivante :
La guerre religieuse continue toujours et redouble, sur certains points. A X..., par exemple, à l'iiôpital de la..., le curé de la paroisse ne peut confesser les malades qu'en présence des infirmières laïques. Une
certaine demoiselle X... se tenait au pied du lit du mourant au moment où le prêtre le confessait. Priée de s'éloigner, elle répondit :
— Je suis là par ordre et j'y resterai.
Quand le curé se présenta de nouveau, un nommé Z..., membre du bureau de bienfaisance, lui barra le passage et l'empêcha d'entrer.
On a protesté, mais en vain.
Le parti républicain gouvernant peut penser ce qui lui plaît de la confession. Il ne peut pas penser que la confession ne fait pas partie intégrante du catholicisme. Dès lors, tout obstacle officiel mis à la confession est un obstacle au libre exercice du culte catholique sur le territoire français. Par conséquent, Tobstacle doit être levé par le parti régnant, ou ce parti doit avouer que ce culte est interdit. Entre ces deux positions officielles pos sibles, il n'y a de place que pour un mensonge — officiel, lui aussi.