‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 142 sur 255 · CHAPITRE TRKNTE-TROISIÈMK · texte numérisé non relu

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opportune et salutaire, si, tenant compte de la condition où se trouve depuis longtemps leur patrie, ils se décident à entrer dans la voie qui les conduira le plus rapidement et le plus efficacement à la noble fin que j*ai indiquée. » Enfin la lettre mettait les catholiques en garde contre le danger auquel ils s'exposeraient en subordonnant l'intérêt de TÉglise aux luttes des partis. « Ceux qui voudraient entraîner TÉglise et les forces catholiques sur un champ de bataille trop étroit, et s'en servir pour les controverses nées de Tesprit de parti, ceux-là détourneraient leur esprit de la considération des biens suprêmes, vers lesquels ces forces doivent être dirigées,... et causeraient un grave dommage à Tillustre nation française. » « Au reste, disait encore le cardinal, j ai le ferme espoir que les cathoh'ques de France comprendront parfaitement quels devoirs leur sont imposés par la nécessité des temps présents et, obéissants à leurs pasteurs, se mettront à Tœuvre avec une entière union des âmes, et une parfaite concentration des forces. »

II était difficile d'indiquer plus clairement l'approbation donnée aux idées de l'archevêque d'Alger. Le cardinal, secrétaire d'État, ne prononçait cependant pas expressément les mots à!ad/iéswn à la forme républicaine, peut-être dans l'intention de ménager les transitions. Mais, s'il ne prononçait pas le mot, il insinuait clairement la chose. Aussi le cardinal Lavigerie fit-il ressortir la portée de ce document dans une circulaire adressée bientôt après à son clergé : « Le Saint-Père a pris officiellement en mains r œuvre commencée ; il l'a fait dans la lettre de S. É. le cardinal Rampolla, que je vous ai déjà transmise, et où vous avez remarqué aisément les trois points principaux sur lesquels j'ai appuyé moi-même en plusieurs occasions : Le premier est l'affirmation réitérée que l'Église ne répugne à aucune forme de gouvernement. Le second est le conseil pour les catholiques, considérés comme tels, de séparer en conséquence leur cause et leur action de la cause politique des antiens partis. Le troisième est le conseil pour les mêmes catholiques de s'unir étroitement

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sur le terrain des intérêts religieux, pour la défense énerces mêmes intérêts. »

; le Saint-Siège accentua, d'une façon plus directe encore, )bacion de la conduite du cardinal. Écoutons l'archevêque endant compte à son clergé de cette nouvelle manifestation lions de Léon XIII. Il avait exposé sa manière d'agir au ?f ~ s

ivait reçu de lui un bref daté du g février 1 892. Le cardinal luit ainsi le passage principal : « Notre Saint-Père le Pape ne répondre par un bref dont je vous communique aujourïxte. Il daigne m'y donner l'assurance que ce que j'ai pu ndait parfaitement aux besoins du temps, à son attente et [ues de particulier dévouement qu'il a toujours reçues de

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moi. Studia et officia tua... optime congruebant rationi temporis^ expectationi Nostrae^ et aliis quae jam edideras testimoniis de egregia tua erga Nos voluntate. >

La simple lecture de ces premiers documents, faite d'un esprit calme, eût empêché bien des fausses interprétations de la pensée du Pape, et eût montré dès Tabord ce que Léon XIII demandait et ce qu'il ne demandait pas aux catholiques de France.

Il ne leur demandait pas de renoncer à leur attachement à la monarchie» ni à la fidélité aux dépositaires actuels de l'hérédité monarchique. Il ne leur demandait pas de juger intérieurement que le droit abstrait de tel ou tel prétendant fût périmé, ni que la monarchie ne fût pas le régime convenant le mieux à la France, ou celui qui en dernière analyse finirait par y triompher : la fidélité, que ne blâmaient pas les documents en question, comporte en effet ces manières de penser. Il leur demandait beaucoup moins encore de faire amende honorable aux détenteurs actuels du pouvoir dans la république, et d'accepter sans murmurer leurs lois persécutrices. A pénétrer le fond des conseils de Rome, on y eût facilement aperçu le vif désir de voir ces lois abolies, ce qui, en pratique, n'eût probablement pu se faire, sans renverser du pouvoir, par une action légale, les ministres et la majorité dominante.

Ce que Léon XIII faisait uniquement demander par l'organe des cardinaux Lavigerie et Rampolla, c'était que l'action catholique se plaçât sur le terrain légal, et que, mettant à part les intérêts dynastiques, quelque respectables qu'ils pussent être, on ne s'occupât plus que de défendre d'un commun accord les intérêts catholiques, en acceptant loyalement le régime constitutionnel existant, seul moyen de mettre la défense catholique dans une position solide vis-à-vis de l'ennemi. En d'autres termes, Léon XIII voulait débarrasser le terrain de la question constitutionnelle, et désapprouvait formellement l'idée chère à bien des monarchistes français, et que L'Anjou exprimait en ces termes : « L'illusion de Mgr Lavigerie, qu'il nous

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