CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME
élever les dynasties déchues, bref une préférence théorique et pratique de l'Église pour la république. L'organe officieux du Saint-Siège, ÏOsservatore Romano, protesta le 12 décembre contre ces interprétations, dans un article où il disait ; € L'Église considère non pas la forme sous laquelle est constitué un régime, mais bien la façon dont il gouverne... Quand il s'agit d'établir ou de maintenir
Mgr Isoardi évËque d'Annecy.
des relations avec les pouvoirs constitués sous diverses formes, le Saint-Siège n'entend ni reconnaître des droits à ceux avec qui il traite, ni leur en accorder, pas plus qu'il n'entend nuire aux droits des tiers, ni les affaiblir... L'Église, qui n'a en vue que Vaccomplissement des progrès de la religion et du salut des âmes, gui est le bien suprême, ne regarde et ne réclame que la justice dans la pratique de telle ou telle forme de gouvernement ; elle n'exclut ou n'inclut
Iroit quel qu'il soit. Par où l'on voit si et comment l'on peut le l'Église est entrée dans une nouvelle voie, et que le iège tourne à une révolution démocratique et républicaine. > certains esprits, ces paroles pouvaient s'interpréter comme jcissement aux déclarations du cardinal Lavigerie. En réalité : les infirmaient aucunement, mais il est hors de doute qu'elles et effet sur nombre de catholiques, et purent contribuer de ; à maintenir les monarchistes de bonne foi dans leur hosti- >ute acceptation de la forme républicaine. aint-Père lui-même indiqua le but qu'il avait en vue, quand, lerciements de l'ambassadeur de France pour ses récentes tions <à l'égard du gouvernement de la république), îl lit le 2 1 février, en insistant sur la nécessité de respecter les :t la liberté des catholiques.
icoup de catholiques ne virent que ce but et ne purent se 1er que le Pape conseillât pour y atteindre la reconnaissance épublique. Néanmoins une grande inquiétude régnait dans ' :its droits. Ils se tournaient avec anxiété vers les évêques, mandant une ligne de conduite, une direction autorisée au de tant d'incertitudes.
ment les évêques de France répondirent-ils à ce désir ?
itude de l'épiscopat, dans cette première période de la crise
^-religieuse en France, mérite l'attention.
me nous l'avons insinué plus haut, il n'y eut pas dans l'épis-
rançais unanimité d'appréciations touchant les paroles des
lUX Lavigerie et Rampolla et l'orientation du mouvement
jue préconisée par tous deux.
êque de Bayeux expliquait fort clairement, dans sa lettre
le du 31- mars, sur quoi portait l'accord des évêques et en
oints on pouvait signaler des divergences :
:s divergences, disait-il, ne portent sur aucun point doctrinal ;
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mais sur l'appréciation d'une situation politique particulière. Tous les évêques reconnaissent le péril qui menace l'Église en France. Tous dénoncent la secte qui poursuit le christianisme. Tous disent que la question dont il s'agit est plus haute que toutes les questions politiques. Il s'agit en effet de savoir si la France demeurera chrétienne ou cessera de l'être. Tous repoussent le préjugé représentant rÉglise comme nécessairement inféodée à une seule forme de gouvernement et lançant l'anathème contre les autres. Tous s'accordent à proclamer l'obligation rigoureuse qu'ont tous les catholiques de s'unir pour la défense de la religion. Ici seulement apparaissent des dissentiments : les uns estiment que, sans abjurer leur passé, sans renoncer à leurs espérances, ils peuvent s'unir sous la direction de l'épiscopat pour la défense de la religion, à condition de subordonner aux intérêts supérieurs de cette défense leurs sympathies particulières ; les autres estiment que ces intérêts supérieurs exigent l'adhésion loyale au gouvernement. > Mgr de Bayeux indique ensuite sa manière de voir personnelle en ajoutant : « Pour moi, j'estime que l'Église compromettrait son ministère, si elle se rendait solidaire d'une politique dynastique ou républicaine. »
La lettre que nous venons de citer était postérieure d'environ un mois à la Réponse aux catholiqtus qui F ont consulté sur le devoir social^ publiée le 1er mars par le cardinal Richard, archevêque de Paris, et prouve que cet éminent prince de l'Église n'avait pas complètement atteint le but d'union auquel il visait en donnant la consultation demandée.
yi^x^hiRéponse ducardinal Richard n'en est pas moinsun document important, en lui-même d'abord, ensuite comme signe de l'état des esprits au moment où elle parut, enfin par le mouvement qu'elle provoqua dans l'épiscopat. Conçue avec une grande prudence, elle voulait être l'écho fidèle de la pensée de Léon XI U, et, en réalité, elle disait tout ce qu'il fallait dire à ce moment sur la situation politico-religieuse de la France. Pas plus d'ailleurs que le cardinal
: d'acceptation
puis quelques eligieux. Il en li défend sa foi
la question, la ipeLéonXIII i et non moins lui appartienne es sont les in- Dans la sphère