‹ Le pape Léon XIII (volume 2)Chapitre 253 sur 255 · CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE-DEUXIÈME

paroles : « Si dans la pénible situation que vous déplorez, le Souverain- Pontife reproduit la douloureuse image du Christ au Calvaire, il semble qu'il reproduise aussi la glorieuse similitude exprimée par loracle divin : Et ego si exaltatus fturo a terra omnia traham ad meipsum (Jo., xii). Il est en effet juste et consolant de considérer combien Tamour des nations se porte de plus en plus vers le Saint- Siège, d'où dérive à son tour une abondance toujours plus grande de biens salutaires à l'égard de toutes les nations. >

Il ne saurait être question de décrire ici en détail les scènes glorieuses du jubilé épiscopal. Bornons-nous à constater qu'il fut comme le triomphe de l'unité catholique et de la communication intime entre les brebis et le pasteur suprême. Toutes les nations vinrent, en de nombreux pèlerinages, porter leurs vœux à Léon XI 1 1, et entendre de sa bouche les enseignements propres à leur situation respective. La hiérarchie catholique, représentée par les évêques, se serra en foule autour du trône du premier pasteur. Le clergé, les ordres religieux, les associations catholiques défilèrent tour à tour dans une succession sans fin devant ce trône sacré. Bref, jamais on ne put mieux apprécier la puissance et l'intensité de ce courant d'amour réciproque qui unit l'Église et chacune de ses parties à son chef suprême, jamais la grandeur de l'influence de la Papauté sur le monde ne parut plus visible ni plus frappante.

Comme au jubilé sacerdotal, l'hommage des puissances séculières et même infidèles ne manqua pas. Elles envoyèrent des ambassades extraordinaires chargées de riches présents. Parmi les nations ainsi représentées citons la France, l'Autriche, l'Espagne, l'Allemagne, l'Angleterre, le Portugal, la Belgique, la Bavière, la Colombie, l'Equateur, le Brésil, la Grèce, la Saxe, la Hollande, la Roumanie, la République Argentine, l'Uruguay, la Turquie, etc.

Le don offert par le souverain de cette dernière nation fut particulièrement remarqué. C'était la célèbre stèle d'Abercîus, monument inappréciable de l'antiquité chrétienne, sur lequel nous croyons devoir donner quelques détails.

Saint Abercius, évêque d'HiérapoHs, qui vécut sous le règne de Marc-Aurèle, c'est-à-dire vers Tan i6o après JésusXhrist, entreprît un voyage à Rome et en Asie- Mineure. Rentré dans sa patrie, il écrivit son épitaphe, qui fut effectivement placée sur son tombeau. Cette inscription contient les témoignages les plus précieux sur la divinité du Christ, la primauté du Siège apostolique, la maternité divine, la sainte Eucharistie, etc. Son antiquité la rend particulièrement importante, car on peut la faire en quelque façon remonter jusqu'aux dernières années de S. Jean TÉvangéliste. Depuis longtemps connue des érudits, qui l'avaient lue plus ou moins exactement dans le célèbre hagiographe grec Siméon le Métaphraste, cette inscription fut considérée comme apocryphe, jusqu'au moment où le docte cardinal Pitra en démontra l'authenticité. L'archéologue anglais W. Ramsay, plus heureux encore, retrouva l'inscription originale en 1882, et c'est celle-là même que le Sultan, grâce aux instances de Mgr Azarian, patriarche arménien catholique de Constantinople, offrit à Léon XIII, le 21 février 1893. Étonnante disposition de la Providence, qui fait remettre au chef de l'Église universelle par les mains du premier d'entre les souverains infidèles, ce monument unique de la tradition catholique, si. justement appelé par M. de Rossi : la reine des inscriptions chrétiennes ^ !

Si le jubilé épiscopal de Léon XI 1 1 ne vit pas renouveler les splen- . deurs de l'exposition de 1885, c'est que le Souverain-Pontife avait témoigné le désir que l'on établit plutôt, dans les différents

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