CHAPITRE SEPTIÈME
son programme économique, c'était parcç que ce programme avait toujours été le leur.
Un des effets les plus importants de l'évolution politique que nous venons de rappeler, fut la démission de trois ministres libéraux, parmi lesquels se trouvait le principal artisan du Kulturkampf.K\x\%\ prît fin, le i juillet 1879, cette période funeste que la presse catholique a stigmatisée du nom ^ère Falk, Le haineux adversaire du catholicisme était tombé en apparence sur la question économique, mais il n'y eut qu'une voix, parmi les libéraux, pour dire que la véritable cause de la chute du ministre était la question religieuse. Une déclaration du chancelier de l'empire au Reichstag germanique vint confirmer cette opinion. « Il est d'un brave, dit M. de Bismarck, de combattre lorsque la circonstance l'exige ; mais 0h ne doit pas faire de la lutte une institution permanente, et quand il se présente des moyens d'adoucir les dissentiments sans attaquer les principes de la cause elle-même, quand on a appris à se connaître et à s'estimer réciproquement dans un travail commun vers un commun et noble but, moi, comme ministre, je n'ai pas le droit de dédaigner ces moyens de pacification. »
Combien différentes étaient ces paroles des sentiments manifestés au commencement de la lutte ! Elles dénotaient le travail qui s'opérait dans les esprits de ceux qui dirigeaient la politique allemande, par suite des négocations avec Rome. Mais ce travail n'était encore que préparatoire, et nous verrons combien difficile demeurait la position du St-Siège vis-à-vis de l'Allemagne.
gflpitre Buitièmc,
Encyclique QUOD apostolici contre le socialisme. — Jubilé. — Conversion des chers du néo-schisme arménien. — La Russie. — Audience aux journalistes. — La fausse conciliation avec l' I talie : attitude du Pape. — Les écoles catholiques à Rome.
f'ANNÉE 1879 s'ouvrit sous l'impression causée par l'encyclique Quod apostolici, du 28 décembre 1678, ■ que rendaient singulièrement opportune les atter>- ; tats auxquels venaient d'échapper l'empereur d'Allemagne et les rois d'Espagne et d'Italie, ainsi que l'agitation de plus en plus menaçante des sectes anarchistes.
Cette encyclique est dirigée contre le socialisme, qui s'attaque < à tout ce qui a été sagement décrété par les lois divines et humaines pour la protection et l'ornement de la vie ». En prêchant la parfaite égalité des hommes, les fauteurs de cette doctrine refusent l'obéissance aux puissances, que l'Apôtre dit dériver de Dieu. Par la suppression du droit de propriété, « ils veulent ravir et rendre commun tout ce qui a été acquis par un légitime héritage, par le travail de l'esprit et des mains, ou par l'économie. » Ils tendent en6n à déshonorer le mariage, dont ils affaiblissent ou détruisent le lien. De la diffusion de ces idées par une nuée d'écrits, découlent la haine envers l'autorité des rois et les attentats répétés contre leur vie. L'origine première de ces maux, c'est la guerre faite à la religion" depuis le XVI' siècle, c'est le rationalisme qui, en exaltant l'orgueil humain, a lâché la bride à toutes les passions. < De là, poursuit Léon XIII, par une nouvelle impiété, inouïe chez les païens
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eux-mêmes, on a établi des gouvernements sans aucun égard Dieu et à l'ordre établi par lui » ; on a cherché la base des lois, no en Dieu, t mais dans la multitude du peuple qui, se croyant libre d toute sanction divine, n'a plus voulu subir que les lois qu'il K plairait de s'imposer >. Négation des vérités de la foi. proscrif tion du Christ hors des écoles et de la vie humaine tout entier* oubli des récompenses et des peines éternelles, désir ardent dé I félicité réduite aux bornes du temps : voilà encore des fruits di rationalisme; et ils devaient nécessairement faire naître, chez le pauvres et les ouvriers, la soif de s'emparer des biens des riches « Il n'est donc pas étonnant, conclut lé Pape, qu'il n'y ait plus au cune tranquillité soit dans la vie publique, soit dans la vie privée, e que le monde en soit arrivé presque à sa ruine totale. »
Le Pontife rappelle ensuite ce qu'ont fait les Papes pour con damner les sociétés secrètes et « cette liberté effrénée qui a éti attribuée aux hommes, ce droit nouveau qui a été inventé et établ contre la loi naturelle et divine*. Malheureusement les rois n'on cessé de tenir l'Église en suspicion, et de méconnaître combien sei doctrines et ses préceptes protègent la paix publique et « détruisen radicalement la mauvaise semence du socialisme >. En effet, i l'égalité socialiste qui refuse l'obéissance aux supérieurs, l'Église oppose l'égalité chrétienne, égalité de nature et de fin, qui n'exclui pas l'inégalité de droits et de puissance. Par ses préceptes, elle tem père de telle façon les droits et les devoirs des princes et des sujets que l'obéissance est rendue noble et facile et que le pouvoir arbl traire est refréné. L'Église recommande sans cesse l'obéissance aus autorités et la nécessité providentielle des distinctions sociales, er même temps qu'elle menace les princes injustes du terrible jugement de Dieu, sans cependant admettre le droit du peuple à st révolter contre eux.
L'influence de l'Église n'est pas moins heureuse dans la société domestique, qui est la base de toute société civile.base que le socia-
lisme anéantit ou peu s'en faut. Le mariage, sacrement symbolisant Tunion du Christ avec TÉglise, apprend aux. époux la constance d'un amour réciproque, et la subordination de la femme au mari. De plus TÉglise dirige la puissance paternelle et la puissance du maître, de façon à ce que les enfants et les serviteurs soient contenus dans le devoir, sans être poussés à bout par une autorité trop dure. Dç pareils préceptes, observés par chacun, doivent faire de la famille une image du ciel, et faire rejaillir leurs bons effets jusque sur la société civile.
Pour ce qui concerne le droit de propriété, TÉglise, à l'encontre du socialisme, reconnaît Tinégalité des possessions, qui est naturelle chez des hommes différant entre eux parles forces de lesprit et du corps ; elle ordonne le respect du droit de propriété et exclut les voleurs du royaume des cieux, au même titre que les idolâtres et les adultères. Mais en même temps, loin de rejeter les pauvres, elle les tient en grand honneur et prescrit sévèrement aux riches de les secourir, tout en consolant les malheureux par l'exemple et la doctrine du Christ. «Qui ne voit, conclut Léon XIII, que c'est là le meilleur moyen d'apaiser l'antique conflit qui existe entre les pauvres et les riches? La raison et l'évidence des faits démontrent que, si l'on néglige ou rejette ce moyen, il doit nécessairement s ensuivre, ou bien que la plus grande partie du genre humain retombe dans la déplorable condition d'esclave, ce qui fut pendant longtemps le propre du paganisme; ou bien, que la société humaine soit agitée par de continuels mouvements, et attristée par ces rapines et ces brigandages dont le spectacle nous a affligés jusqu'en ces derniers temps. >
L'encyclique se termine par une chaleureuse exhortation aux princes pour les engager à accepter le secours que leur offre l'Église; et aux évêques pour qu'ils inculquent de plus en plus aux peuples les doctrines salutaires de l'Église, qu'ils empêchent les fidèles de s'affilier aux sectes condamnées, et qu'ils fondent des sociétés ouvrières catholiques.