I. Majunke. — Geschichte des Kulturkampfes
empereur de la noble nation allemande, laquelle réclame toute Notre sollicitude à cause de la situation difficile faite aux catholiques de ce pays. Nos paroles, uniquement inspirées par le désir de voir la paix religieuse rendue à T Allemagne, ont été favorablement accueillies par l'illustre empereur, et ont eu Theureux résultat d'amener des pourparlers amicaux qu'il n'est pas du tout dans Notre intention de laisser aboutir à un simple armistice, qui ne ferait que préparer les voies à de nouveaux conflits. Nous voulons, après avoir écarté les obstacles, arriver à une vraie paix, aussi solide que durable. La haute importance de ce but, qui a été justement appréciée par ceux qui dirigent les destinées de cet empire, les poussera. Nous en avons la confiance, à Nous offrir une main amicale pour Nous aider à l'atteindre. L'Église serait certainement heureuse de voir la paix religieuse rétablie au sein de cette noble nation ; mais l'empire n'aurait pas lieu d'en être moins satisfait, dans la certitude de trouver, comme auparavant, dans les fils de l'Église catholique ses sujets les plus Bdèles et les plus généreux. >
La Correspondance provinciale put dire, avec raison, que cet écrit du Saint-Père confirmait de nouveau, de la manière la plus agréable à constater, la ferme volonté qu'avait le Pape de faire renaître la paix religieuse, et sa conviction que le même désir animait le gouvernement prussien.
D'un autre côté, Léon XIII ne cessait de prodiguer à ses fils persécutés les consolations et les encouragements ; à l'archevêque de Cologne, qui, du lieu de son exil, lui avait adressé, à l'approche des fêtes de Noël, les vœux de Tépiscopat allemand, il exprime sa joie à la vue de l'union qui règne entre tous les évoques de la terre. < Au milieu des troubles de notre temps, écrit Sa Sainteté, cette merveilleuse unité Nous réjouit et «Nous fortifie ; elle Nous fait Nous écrier avec l'apôtre : Loué soit le Seigneur qui nous console dans toutes nos afflictions ! Et en effet, quand, lors de Notre élévation au Saint-Siège apostolique, Nous Nous adressâmes à tous
CHAPITRK SEPTIÈME.
Nos vénérables frères dans Tépiscopat, Nous remarquâmes dans toutes leurs réponses un tel accord de penséçs, d'opinions et pour ainsi dire de paroles, que non seulement Nous Nous réjouîmes de l'union miraculeuse qui règne dans rÉglise,mais encore Nous eûmes le bonheur de constater que les évêques du monde entier sont les fidèles interprètes de la doctrine transmise par le Saint-Siège apostolique, et qu'ils continueront à Nous seconder dans la direction des âmes et dans tous Nos labeurs. » — Au sujet des persécutions que rÉglise avait à souffrir en Allemagne, le Saint-Père disait : « Notre cœur ne trouvera aucun repos tant que Nous verrons au grand péril des âmes, les pasteurs de TÉglise condamnés et bannis, les fonctions sacerdotales entravées par toutes sortes d'obstacles, les associations religieuses et les pieuses congrégations dispersées, l'éducation de la jeunesse soustraite à la surveillance épiscopale. » Le Pontife traçait ainsi le programme des revendications essentielles de l'Eglise catholique en Allemagne.
On ne doutait plus à Berlin des sentiments pacifiques du Saint- Père. Le ministre Falk, au milieu de ses récriminations contre le Centre, les avait reconnus en pleine chambre. D'autre part, on était las du Kulturkampf dont personne ne voulait plus accepter la responsabilité. Dans les régions mêmes où avait si souvent retenti le cri de « Guerre à Rome », on ne parlait plus que de la paix avec Rome, tout en repoussant, à chaque motion du Centre, ridée que le gouvernement eût à faire le moindre sacrifice sur le terrain de sa législation défensive.
C'est ainsi que les principes sur lesquels on avait appuyé cette législation, et qu'on continuait à invoquer venaient démentir à chaque pas les tendances pacifiques avouées. Le Centre ne cessait de démontrer, avec une logique irréfutable, par la voix de ses plus brillants orateurs, l'iniquité de ces lois d exception, et l'effet désastreux qu'elles produisaient sur les sentiments de la population catholique. — On ne répondait à ces infatigables champions des
Le Pape Léon XII L
droits de TÉglise et des consciences, qu'en leur reprochant amèrement leurs prétentions. Toutes leurs motions politico- religieuses, condamnées à Tavance, étaient repoussées par de fortes majorités. Se basant à tort sur les sentiments exprimés par Léon XIII, on espérait toujours arriver à lentente sur le terrain choisi par la Prusse, en traitant directement avec lui, et Ion résolut de reprendre les négociations interrompues.
Un grand changement dans la situation politique et parlementaire en Prusse allait à la fois rendre la position du Centre moins désavantageuse et faciliter Taction de la diplomatie pontificale.
Depuis les attentats, le docteur Falk sentait le terrain céder sous ses pieds. L'empereur avait déjà une première fois refusé d'accepter sa démission, mais il était évident pour tous, et pour le ministre lui-même, qu'il ne pouvait s'agir que d'un sursis. En effet, les soutiens les plus énergiques de Falk, le gros de son armée dans sa guerre contre Rome, étaient précisément les adversaires de cette religion positive dont le souverain avait proclamé les droits et la nécessité.Guillaume I'' s'était déclaré,de la manière la plus énergique et la plus explicite, pour le christianisme, pour le dogme de la Rédemption par le sang de l'Romme-Dieu, Jésus-Christ, cest-à -dire pour une foi que la plupart des nationaux-libéraux regardent plus ou moins ouvertement comme un mythe. En présence de ce nouveau courant venu du trône, Falk ne pouvait tenir plus longtemps.
Le changement radical de la politique économique du prince de Bismarck et la désorganisation du parti national-libéral qui s'ensuivit accélérèrent la chute du ministre Falk. Le Centre, qui avait toujours soutenu une politique protectionniste, se trouva au contraire rapproché du ministère et une entrevue, provoquée par le prince de Bismark, entre lui et M. Windthorst, chef du Centre, constata ce rapprochement. Les catholiques, par lorgane de leur illustre leader^ déclarèrent en même temps qu'ils n'abandonnaient aucune de leurs revendications religieuses, et que s'ils soutenaient le ministère dans