CHAPITRE TREIZIÈME
sujet bien diflTérent. mais non moins important pour le bien des âmes. Elle a pour objet la Propagation de la foi et les œuvres de la Sainte-Enfance et des Écoles d'Orient. Prêcher la parole de Dieu, dit Léon XIII, tel est le premier moyen d'étendre la vraie foi.Mais à ce but travaillent aussi ceux qui fournissent aux missionnaires des secours matériels ou les aident de leurs prières. Ces deux derniers moyens sont à la portée de tout le monde. ^ Personne n'est assez pauvre pour ne pouvoir donner une légère aumône à la Propagation de la foi, ni assez occupé pour ne pouvoir dire une courte prière à cette intention. Les sociétés qui s'occupent de ce but méritent grand éloge, surtout l'œuvre de la Propagation de la foi, fondée à Lyon au commencement de ce siècle et répandue aujourd'hui par tout le monde. Les deux autres œuvres nommées plus haut assistent celle-ci en prenant spécialement pour but l'enfance et l'adolescence. Les persécutions, l'esprit irréligieux du siècle, les misères matérielles des temps, les obstacles opposés au recrutement des missionnaires ont diminué le nombre des associés à ces œuvres, la quantité des aumônes, et le nombre des ouvriers évangéliques. D'un autre côté le champ de l'apostolat s'est étendu par la découverte de nouveaux pays et de nouveaux peuples, et les ministres de l'erreur font concurrence à l'apostolat catholique. Il faut donc que la grandeur de l'œuvre évangélique, et son utilité spirituelle pour ceux qui y contribuent, excitent tous les chrétiens à la soutenir de leurs aumônes et de leurs prières. Que les évêques y invitent donc les fidèles et qu'ils favorisent les vocations de missionnaires ! ' L'œuvre des écoles d'Orient, recommandée dans cette encyclique, était un des moyens les plus puissants dont Léon XIII comptait se servir pour le bien de cette partie de l'univers, vers laquelle se reportaient avec complaisance ses regards affligés par le triste spectacle que leur offrait l'Europe. Le Souverain Pontife déclara en termes émus, dans son allocution consistoriale du 13 décembre, combien il était attaché à l'Orient, berceau des croyances chrétiennes.
combien il espérait voir refleurir son antique gloire, combien le consolaient les symptômes de vie nouvelle qui s'y manifestaient; < et d autanLplus, ajoutait-il, qu'on découvre en ces régions des indices permettant d'espérer que les peuples d'Orient, si longtemps séparés du sein de l'Église Romaine, rentreront, sous l'inspiration divine, en grâce avec elle. > Léon XIII exprimait là une de ses pensées les plus chères, l'union de l'Orient et de TOccident dans la vraie foi, union qui sera, il est permis de Tespérer, le couronnement de son glorieux pontificat. Il annonça en même temps l'élévation au cardinalat de Mgr Hassoun, patriarche des Arméniens, l'illustre victime des persécutions qui suivirent le schisme d'une partie de cette nation, et l'un des principaux auteurs de son retour à l'unité.
C'est dans ces préoccupations et au milieu de ces difficultés diplomatiques de tous genres que s'acheva l'année 1880. Elle avait été assez agitée pour que le Souverain Pontife sentît le besoin de recourir de nouveau à la prière universelle de l'Église, Il le fit en proclamant un nouveau jubilé par son encyclique : Militans Dei Ecclesia datée du 12 mars 1881. Cette encyclique présente un tableau désolant de l'état pénible où se trouve l'Église par suite de la puissance et de la malice de ses ennemis, spécialement dans la capitale du monde chrétien; où le Souverain Pontife « privé de ses droits légitimes et entravé de mille manières dans l'exercice de son suprême ministère, ne possède plus qu'une vaine image de la majesté royale qu'on lui a laissée comme par dérision ». Le Pape décrit en termes émus les spoliations dont T Église est victime à Rome, et qui se sont étendues jusqu'à l'institut de la Propagande, respecté jusque-là par toutes les révolutions ; les lois oppressives, les obstacles mis à l'instruction catholique de la jeunesse, la profanation même des églises et la multiplication des temples protestants, en un mot, l'ensemble d'une situation devenue intolérable pour le Vicaire de Jésus -Christ et dont le contre-coup se fait sentir dans tout le reste du monde. Rome et l'univers entier sont dans un tel état que la société, déjà