CHAPITRE DIX-NEUVlfeME
prendra en considération de la façon la plus sérieuse la lettre cardinal Jacobini, et recherchera tout ce que l'on pourra faire conséquence de cette lettre. »
Il fait finalement remarquer que les législateurs de Berlin, jadis rejetaient avec indignation les paroles du Pape et faisa des lois pour séparer les catholiques du Saint-Siège, réclament m tenant son secours à grands cris et le proclament leur sauv « Je le déclare ici, dans cette antique ville de Cologne, en faci Rhin qui la traverse : il n'y a jamais eu un moment, dans ce si( où l'autorité du Saint-Père ait été aussi universellement recor qu'aujourd'hui. Et si l'on fait appel à l'autorité du Souverain ] tîfe, non seulement dans les questions internationales, comme < l'affaire des Carolïnes, mais jusque dans les questions intérlei nous avons le devoir d'en être fiers ! :&
Voilà le langage d'un vrai catholique. En présence descomr taires venimeux des reptiles de la presse libérale, il remettait choses au point avec une remarquable précision. En terminant discours, M. Windthorst se déclarait prêt à appuyer la proposi de soumettre à l'arbîirage du Pape le projet militaire.
En dernière analyse, l'incident ne fit aucun tort à la situa parlementaire des catholiques. Les adversaires du Centre c chèrent bien encore à susciter la division dans ce parti, et quel< catholiques se prêtèrent à leur jeu en présentant, dans certa circonscriptions, des candidatures en opposition à celles du Cei Mais grâce à la discipline des électeurs catholiques, le Centre s victorieux de cette pénible épreuve, et se retrouva au reich sans avoir subi de pertes notables sur le terrain électoral.
A l'ouverture du nouveau reichstag, le prince de Bismarck adrf au nom de l'empereur, des remerciements au Saint-Père, poui marques de bienveillance qu'il avait données à l'empire gei nique et la part qu'il prenait à la pacification intérieure du [ Quant au septennat militaire, il fut voté. Le Centre, par l'orj
de son chef, le baron de Frankenstein, rappela qu'il avait consenti précédemment à voter l'augmentation des charges militaires mais non le septennat, et que, persistant dans la même manière de voir, il s'abstiendrait au présent vote. M. Reichensperger et six de ses collègues catholiques votèrent au contraire le septennat, en considération des nécessités de la défense de l'empire.
Il n'est peut-être pas d'incident qui ait suscité, au cours du pontificat de Léon XI II, des critiques plus malignes que cette question ipf ia
du septennat. Pour en juger sainement, il ne faut pas perdre de vue les réflexions que nous avons faites plus haut. Si les documents pontificaux étaient demeurés secrets, rien de fâcheux ne se serait produit. Au reste, si leur publication fut pour le Centre une épreuve pénible, elle fit en même temps éclater à tous les yeux l'incroyable puissance morale de la Papauté. N'est-ce pas en effet un spectacle înoui que de voir un grand empire, protestant et naguère encore persécuteur, se mettre en quelque sorte sous l'égîde du Pape pour