‹ Le pape Léon XIIIChapitre 196 sur 248 · CHAPITRE DIX-NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIÈME

était toujours à craindre, et c'est sur une bienveillance ei vacillante que se basait l'espoir d'améliorations ultérieures, q sont pas encore réalisées à l'heure qu'il est. Le Saint-Siège donc de graves raisons de chercher à consolider cette bienveill sans nuire à la position du Centre. Car, répétons-le encore fois, une action secrète du Pape ne pouvait être nuisible dernier. Elle ne menaça de le devenir que par l'usage d( que fit M. de Bismarck des dépêches romaines.

C'est à tort aussi que M. Geffcken et un diplomate anonyme ta Contemporary Review parlent d'ordres imposés au C< d'ukase pontifical, de désobéissance du Centre et par conséi d'échec grave pour le Saint-Siège. Il est vrai que la près; bérale, après avoir reçu, par l'indiscrétion du prince de Bisn: les lettres du cardinal Jacobini, s'efforça de les faire passer ce exprimant des ordres formels, et commença contre le Centn indigne campagne, dont le but était de le mettre en contrad avec Rome.Mais les hauts cris n'ont jamais tenu Heu de bonnt sons. Les lettres romaines ne contenaient que l'expression d'i sir.Il n'y a donc pas eu de désobéissance de la part descatholi

Enfin s'il y eut quelque erreur politique en cette occasion, e plutôt du côté du Centre que du côté du Vatican, et un des jou; les plus importants de la fraction avoua, en 1892, que l'attituc Pape avait été beaucoup plus habile que celle du Centre. On ; donc tort de parler d'échec subi en tout cela par le Saint-Siège

M. Geffcken trouve enfin que Léon XIII se trompa en esf par son attitude obtenir l'intervention de M. de Bismarck l'amélioration de la position du Saint-Siège. Le chancelier, était « lié par son alliance avec le gouvernement italien qui, la dépêche de M. Mancini à son ambassadeur à Berlin, le 11 je 1882, avait déclaré que la question romaine, était une qu strictement intérieure, dépendant uniquement de la souveraine tionale >. Ici le professeur allemand fait preuve d'une sing

naïveté, ou bien il feint d'ignorer que M. d« Bismarck était toutpuissant dans la triple alliance, et que s'il avait voulu mettre sur le tapis diplomatique la question de la situation du Pape, ce n'était pas une déclaration de M. Mancini qui aurait pu Ten empêcher.

En supposant d'ailleurs qu'il n'eût point voulu soulever la question de l'indépendance effective du Souverain Pontife, il avait mille moyens d'agir sur l'Italie pour obtenir d'elle une amélioration dans la position du Saint-Siège, ne fût-ce qu'en faisant reconnaître le caractère international de la Papauté : ce qui eût, malgré l'outrecuidante prétention émise par l'Italie de la traiter comme une institution purement nationale, préparé les voies à d'autres décisions.

Le principal et le moins fondé des reproches faits à la politique de Léon XIII dans l'affaire du septennat, ce fut de représenter le Pape comme ayant sacrifié à son rêve de pouvoir temporel les intérêts du catholicisme en Allemagne. En effet, en relisant le passage cité plus haut de la dépêche confidentielle du cardinal Jacobini au nonce de Bavière, on se rend compte, à première vue, que la question de la situation du Saint-Siège à Rome n'y entre que comme appoint aux autres motifs allégués pour justifier l'attitude de la cour de Rome. Or ces motifs sont précisément tirés de l'intérêt du catholicisme en Allemagne. Notons enfin que, dans la dépêche susdite, toute confidentielle qu elle fût, il n'est pas même explicitement parlé de pouvoir temporel. D'ailleurs il n'y a pas à nier que l'indépendance du Saint-Siège ne soit un des intérêts primordiaux du catholicisme, et que par conséquent la cour de Rome n'ait eu toute raison d'en tenir grand compte dans ses négociations avec l'empire allemand.

La révision des lois de Mai, promise par le gouvernement prussien, ne tarda pas à fournir matière à de nouvelles discussions pour les catholiques d'Allemagne. Les propositions déposées par le ministère à la Chambre des seigneurs inspiraient de vives inquiétudes

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