‹ Le pape Léon XIIIChapitre 201 sur 248 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

insistait sur la nécessité d'assurer la liberté et \'\n< Saint-Siège. Il faisait la bizarre proposition de relie: du Pape à la mer par un système de ports et de canai ainsi libre communication avec le monde entier ! 11 propos, qu'en 1847, Garibaldi avait offert son épée alors nonce au Brésil, pour la défense du trône de Si

Un autre garibaldien, le député Achille Fazzar i^'' juin 1887 sa démission au président de la Chan rant ^ qu'en présence des manifestations auxquelles question de la réconciliation entre l'Église et l'Étal continuer à faire partie d'une assemblée condamnée pa toral, qui partageait, disait-il, ses idées au sujet d'un i avec le Pape. » M. Fazzari ajoutait qu'il ne briguerï mandat parlementaire que lorsque Léon XIII aura catholiques de prendre part au vote.

Dans les régions officielles elles-mêmes on compre site d'une réconciliation, mais l'on partait de ce prii l'ancien ministre Bonghi dans la Nuova Antologia : qui est d'un territoire, l'Italie n'en peut restituer ou d lîfe, ni beaucoup ni peu. > Les combinaisons proposée: officieuse se réduisaient donc à faire mieux obser garanties, complétée par des mesures législatives, à ( loi une valeur constitutionnelle, et à prendre des enj à-vis des autres puissances '. On faisait entendre et que, dans son allocution consistoriale du 23 mai, Léc renoncé à toute prétention au pouvoir temporel.

Au reste, le langage plus ou moins conciliant de la térieile n'était nullement en harmonie avec les actes ment. Au mois de juillet, les dîmes ecclésiastiques < par une loi qui violait ouvertement les droits des Humbert, après s'être hâté de sanctionner cette loi.

. Cf. Casoli, Cronisloria, etc. Chap. XV.

plaintes du cardinal Agostini, patriarche de Venise, qu'il n'avait fait en cela que son devoir et qu'il affronterait « avec sécurité le jugement de Dieu, de l'Église et de la société ».

Si quelques illusionnés avaient pu se méprendre sur les intentions de Léon XIII, ils furent bientôt détrompés. Le cardinal Jacobini était mort au mois de février, prématurément enlevé à l'âge de 55 ans par un mal impitoyable, au moment où les laborieuses négociations auxquelles il avait eu tant de part allaient être couronnées par la dernière révision des lois de mai.

Léon XIII crut utile d'exposer au nouveau secrétaire d'État, le cardinal Rampolla, dans une lettre publique datée du i6 juin 18S7, les grandes lignes de sa politique.

Dans ce très remarquable document le Pontife détermine tout d'abord la fin qu'il poursuit : faire profiter les peuples et les gouvernements de la bienfaisante influence de l'Église, non seulement pour le salut des âmes mais encore pour le bien de la société hu- "ifi maine. C'est dans ce but qu'il s'est toujours efforcé de réconcilier les nations avec l'Église et de renouer avec elles des rapports amicaux, en rétablissant partout la paix religieuse. La chose est d'autant plus nécessaire que partout les gouvernements luttent contre l'esprit de désordre. « Mais le salut ne viendra pas sans l'Église. »

Le Pape fait ensuite une sorte de revue des diverses nations et exprime son espoir fondé d'être utile à chacune d*elles.En Autriche, il compte pour le seconder sur la piété de l'empereur. En France, il désire voir cesser les souffrances de l'Église et régner la paix entre le Saint-Siège et l'État < par l'observance, selon la lettre

Le cardinal Agoatlnl, patriarche de Venise.

et selon l'esprit >, des accords En Espagne, <Ie premier de i catholiques dans la défense gêné dans le dévouement sincère au proque, afin qu'Us ne se laissent culières ni par l'esprit de cont( désire voir se répandre de plus l'Église dans la vie publique et nuer l'œuvre de la pacificatioi beaucoup. L'empereur et les go dispositions : il est donc permis faire les justes désirs des popula si bien mérité de la religion par

Léon XIII promène ses reg; pays et finalement il arrive à l'I t avec une clarté admirable la c le Pontife dans ses écrits et se Saint-Siège. Il constate qu'on a cées par lui au consistoire du 2; cation forcée et tout à fait conti réclame, c'est « une véritable so de la liberté que veut pour I l'Église lui-même, qui a fait d'( et indépendante de toute puiss

L'histoire démontre d'ailleur raineté temporelle des Papes, 1 l'Europe et à l'Italie. La violen time ne prouvent aucunement q gés à son égard. Au contraire, 1 et des sectaires, qui en attaquai que la destruction du pouvoir s sont demeurés les mêmes. Léoi

voir les Papes sacrifier leur souveraineté civile, seul gage de leur liberté dans le gouvernement de TÉglise. Cest surtout quand on étudie la question de la souveraineté du Pape par rapport à la ville de Rome que la nécessité de cette souveraineté s'impose. Rome est en effet le siège du pontificat, le centre où les fidèles ont droit de venir, € en toute confiance et avec une entière sécurité », lui rendre leurs hommages et recevoir ses enseignements. Non seulement la liberté du Pape ne doit pas y être entravée, « mais il faut aussi qu'il soit évident pour tous qu'elle ne Test pas », Cest à Rome encore que la vie catholique doit pouvoir se développer avec le plus de perfection, de solennité et de régularité.

Les politiciens eux-mêmes reconnaissent que la situation actuelle du Pape n'est pas ce qu'elle doit être. Mais ils font € de vaines et inutiles tentatives» pour trouver d'autres expédients. L'histoire établit en effet que, pour les Papes, il n'y a pas de milieu entre la souveraineté et la persécution, ou tout au moins la dépendance. C est en vain qu'on compterait sur le temps pour rendre acceptable la condition présente de la Papauté. Un intérêt vital poussera toujours les Papes et les catholiques à réclamer la garantie la plus efficace de la liberté du Saint-Siège.

L'état de choses actuel est, de plus, ruineux pour l'Italie, à laquelle il n'apporte à l'intérieur qu'embarras, trouble de consciences, augmentation de l'irréligion et de l'immoralité ; à l'extérieur, mécontentement des catholiques, difficultés et dangers d'ordre politique i dont Nous désirons de tout cœur, ajoute le Saint- Père, que notre patrie soit délivrée ».

Léon XIII réfute ensuite les objections faites contre le pouvoir temporel des Papes. Il faudrait, dit-on, pour le rétablir, renoncer à de grands avantages. Mais la souveraineté Pontificale ne s'oppose en réalité à aucun bien véritable. L'histoire le prouve.

Il faudrait renoncer à l'unité de l'État. Mais cette unité est-elle un bien si absolu que, sans elle, il n'y ait pour les nations ni prospé-

Page 1