CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈUE
tife des délégations de tous les peuples.de toutes les classes de recevoir les enseignements de sa bouche; et la flamme de votionau pape», comme disait le PèreFaber, ravivée à son f communiqua plus ardente et plus généreuse à toute la catl
L'exposition Vaticane fut en quelque sorte la manifestât gible de la généralité du mouvement catholique. Les vastes qui lui avaient été préparés se trouvèrent insuffisants ; l'exi envahit galeries sur galeries, salles sur salles, accumulant le d'art, les produits de l'industrie, les découvertes de la scîeni musée ethnographique, qui présentait en raccourci le tableau tivitéetdela civilisation des nations catholiques. Diffère exhibitions analogues si multipliées de nos jours, cette exj n'était pas un vain étalage d'objets destinés soit à être vendi faire retour aux exposants ; c'était en quelque sorte la corbt noces d'or, offerte par les enfants de l'Église à leur Père. On i à environ cinquante millions les dons en nature exposés au ^ sans parler de plusieurs millions versés au denier de Saint La souscription pour < l'honoraire :& de la messe jubilaire i elle seule à trois millions! Ces chiffres sont à enregistrer ( siècle d'argent comme le nôtre.
Nous ne pouvons détailler ici les formes variées à l'infini vêtit en cette circonstance l'expression des sentiments de la licite pour son chef. Nous ne pouvons songer à faire rev enthousiasmes des grandes audiences pontificales. Ces fa d'hier et d'ailleurs ne se renouvellent-ils pas sous nos yeux \ sion du jubilé épiscopal de Sa Sainteté? Qu'il nous suffise que les fêtes de son jubilé sacerdotal furent comme le Th notre grand Pontife ; il y parut transfiguré dans un éclat fu bonheur et de gloire '. Ce fut aussi la réponse des âmes chr^ et de toutes les âmes droites aux avances miséricordieuse
1. Pour plusde détails voir: Au Vatican, souvenirs du jubilé sacerdotales S. S. i par Mï' de T'Serclaes, Louvatn, Charles Peeters, Paris, Victor Lecoffrc, in-i2.
par Léon XIII à ce siècle malade et înquiet. Ce cri de tant de cœurs apporta, nous ne craignons pas de le dire, une immense consolation au vieux pontife persécuté. Si à cet élan ne correspondirent pas toujours pour le bien réel de T Église des effets proportionnés, n'était-ce pas déjà un grand sujet de joie que de voir ceux-là mêmes qui étaient naguère les ennemis acharnés de T Église et du Saint-Siège se serrer maintenant autour du Pontife dans un mouvement spontané de respect et de reconnaissance ?
Mais si le cadre que nous nous sommes tracé ne nous permet pas de dénombrer et de nommer au passage les multitudes, qui, les mains pleines de présents et le cœur plein d amour, ont assiégé le Vatican lors des fêtes jubilaires, comme une marée humaine où chaque peuple avait mis son flot, nous croyons devoir cependant relever un incident qui marqua Tune de ces audiences, en raison des réflexions qu'il suggère et des espérances qu'il laisse entrevoir.
Le jour de TÉpiphanie, le Saint- Père, entouré des personnages de sa cour, se disposait à aller inaugurer l'exposition Vaticane, lorsqu'on lui apprit que le général Kanzler était mort dans la nuit. Très impressionné, le Pape se retira quelques instants dans ses appartements, afin sans doute de prier pour l'énergique et habile soldat à qui Rome dut l'écrasement des Garibaldiens, en 1867, et la liberté du Concile. Le soir même, Léon XIII chargea son secrétaire d'État d'exprimer à la veuve et au fils du général, « le sentiment de vive douleur qu'il avait éprouvé à la nouvelle de cette mort ' ». Mais cela ne suffisait pas au cœur du Pontife : il voulut, dans une occasion solennelle, rendre un suprême et public hommage au modeste héros en qui s'incarnait l'idée de la défense du Saint-Siège.
Quelques jours après, deux mille pèlerins français étaient admis à défiler devant Sa Sainteté. Autour du trône, quatre cardinaux et vingt évêques représentaient l'Église de France. Le Pape reconnut