‹ Le pape Léon XIIIChapitre 206 sur 248 · CHAPITRE VINGT-KT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-KT-UNIÈME

parmi les assistants le général de Charette, et s'adressant à lui : < Vous voici revenu, dit-il, pour assister aux obsèques du général Sf îî

Le géDéral Kanzler

Kanzler, que vous accompagniez il y a huit jours auprès de mor. Pauvre Kanzler! Il est mort en pleine possession de ses facultés... Il était si bon: jusqu'à ses derniers moments il n'eut qu'une pensée:

consoler les siens et affirmer son attachement à la Papauté. Il s'est vu mourir et a dit aux assistants: Récitons ensemble le Proficiscere^ anima christiana. Le Saint-Siège perd en lui un de ses plus dévoués et plus fidèles serviteurs. Il avait parfaitement organisé l'armée pontificale et s'est trouvé toujours à la hauteur des circonstances les plus difficiles; aussi restera-t-îl comme un modèle pour tous ceux qui continueront à servir le Saint-Siège ^ »

De telles paroles, prononcées devant les évêques et les délégués de la France, toujours si généreuse de son or et de son sang pour la cause du Pape, sont autre chose que l'éloge d'un homme : elles glorifient le rôle joué par cet homme et réservent l'avenir. C'est à ce titre que nous leur avons donné place ici.

Ce ne sont pas du reste des paroles isolées. Dès février 1878, le cardinal Pecci, alors Camerlingue, avait témoigné la plus grande bienveillance à la députation des zouaves pontificaux venue pour assister aux funérailles de Pie IX. Quinze jours plus tard, il en renouvelait l'expression, en recevant, comme pape, ces mêmes délégués. Au général de Charette, qui n'avait pas tardé à venir en personne lui faire hommage, il dit ces mots significatifs : « Pemeurez fidèle à l'honneur des engagements pris envers le Saint-Siège. > Dans une audience accordée le 20 mars 1878 à quelques zouaves, il précisait davantage : «Je sais que je puis compter sur vous, et peutêtre devrai-je un jour faire appel à votre dévouement. > Nous pourrions multiplier ces témoignages, mais il y en a de plus catégoriques, et qui revêtent un caractère officiel.

Le 27 décembre de chaque année, le Pape continue à recevoir, comme autrefois Pie IX, les chefs de corps de son armée dissoute et une délégation d'officiers de toutes les armes. Or en 1890 il leur disait : « Demeurez fidèles au drapeau que vous avez eu l'honneur de défendre. Les temps sont tristes pour l'Église et pour la Papauté, mais cela ne saurait durer : elles recouvreront

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