‹ Le pape Léon XIIIChapitre 210 sur 248 · CHAPITRE VINGT-ET-DNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-ET-DNIÈME

nent, qui n'a pas appris à se vaincre lui-même et à méprise vertu toutes les choses humaines.

D'ailleurs la nécessité de la lutte et de la douleur pour le est voulue par la Providence. C'est la voie qu'a choisie librt Jésus-Christ, et qu'il a imposée à ses disciples en la scellant d sang. Il est donc absolument nécessaire que l'on s'éloigne virik des séductions de la luxure et des attraits somptueux des rich^ dont la jouissance s'étale si insolemment autour de nous, a: ne pas perdre les trésors éternels en recherchant trop avideme temporels. « On se plaint d'ordinaire que notre siècle est stér hommes d'énergie. Qu'on en revienne aux mœurs chrétienne même coup le sérieux et la constance seront rendus aux caractè

Mais il ne suffit pas au Pontife de rappeler ces sévèr utiles vérités, il indique avec précision les moyens de les passer dans la pratique. La lutte perpétuelle contre la natun rompue exige avant tout le recours à la prièrcCest elle qui t la force de vaincre les tentations. Elle n'est pas moins néce pour travailler au salut du prochain. Certes la fragilité de 1 ture serait beaucoup moins à craindre, si le divin précepte prière était moins délaissé, car Dieu a promis son secours à ■ prie. Il n'est donc pas étonnant que la prière nous donne, d saint Jean Chrysostome, une puissance comparable à celle de même. Elle contient pour ainsi dire en elle les causes efficac» portent Dieu à nous faire miséricorde et à nous exaucer. Dél ment des choses terrestres, élévation de l'âme vers Dieu, cons( de l'infirmité humaine, recours amoureux à la bonté et à la sance du Créateur : tout cela force en quelque sorte le Seignei résiste aux superbes et donne sa grâce aux humbles, à nous ex; La prière, comme toutes les autres vertus, naît de la foi en Mats en même temps son exercice nourrit la foi. A ce titre el particulièrement utile à notre époque. « Car si la multîtud dévorée par une soif de liberté immodérée, si de toutes

Le Pape L&» XIII.

s'élèvent les frémissements menaçants des prolétaires, si Tinhumaine cupidité des heureux de la terre ne trouve jamais à se rassasier, rien ne peut mieux porter remède à ces maux que la foi chrétienne. »

Léon XIII se tourne ensuite vers les ministres de Dieu et leur rappelle qu'ils sont la lumière du monde, et que, comme tels, ils doivent posséder une science profonde, capable d'enseigner les hommes, de détruire les erreurs et de conduire la multitude par les sentiers difficiles de la vie. Mais ils doivent y joindre la sainteté de la vie, car les hommes se réforment plutôt par les exemples que par les paroles. Il ne suffit pas que le prêtre s'affranchisse de l'esclavage des passions, sa dignité exige qu'il apprenne à exercer sur lui-même un empire absolu. « Vous qui cherchez à abandonner t&utes choses, souvenez-vous de vous compter vous-même parmi les choses à abandonner. Que dis-je ? Renoncez-vous surtout et principalement vous-même ', » Ce n'est qu'à ce prix que les prêtres pourront travailler avec succès au salut d'autruî,en assurant le leur propre.

Après cette grave exhortation le Pontife promène son regard sur le monde et sur l'Église. Les maux actuels, dit-il, ne doivent pas nous décourager, ni les difficultés nous effi"ayer. Les nations, comme telles, ne vivent pas au delà du temps. Il est donc nécessaire qu'elles reçoivent dans le temps ce qui est dû à leurs mérites. Dieu récompense même les nations coupables de ce qu'elles peuvent faire de bien. Mais une prospérité complète ne peut exister sans la profession publique de la vertu et de la justice, et i les actions injustes doivent être punies, et d'autant plus gravement que les fautes se sont prolongées plus longtemps :b. Ce qui console le Pontife, c'est que tout concourt à la gloire de Dieu ainsi qu'au salut de ceux qui suivent Jésus-Chkist de tout cœur, et dont l'Église est la Mère et la maîtresse, l'Église qui est unie au Christ par la communauté des combats et de la victoire, « Nous ne craignons donc pas et ne

I, Saint Bernard, Declam.^j:, i.

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