CHAPITRE VINGT-KT-UNifeME
tion primaire que se livre principalement la grande lutte entre l'Église et la franc-maçonnerie, dont l'enjeu est le salut du genre humain. Or parmi les phalanges qui combattent pour l'Église, il n'en
est pas de plus valeureuse, ni de plus redoutée de l'ennemi que la Congrégation fondée par le B. de la Salle. Aussi ne lui épargna-t-on ni les persécutions, ni les injures, ni les plus atroces calomnies. Léon XIII, en plaçant sur les autels l'admirable prêtre de Reims,
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victime lui aussi de Tinjustice de ses contemporains, vengeait hautement le maître et les disciples des outrages et des persécutions. Cette béatification de Jean- Baptiste de la Salle devait avoir et a eu pour contrecoup d'exciter de plus en plus le zèle des catholiques dans Tœuvre capitale de l'instruction de Tenfance.
Rappelons enfin les béatifications des missionnaires Chanel et Perboyre,run maristej'autre lazariste,tousdeux Français,tous deux martyrs, tous deux donnant leur sang pour Jésus-Christ, en plein XIX® siècle, et fécondant ainsi, le premier cette Océanie, naguère encore endormie au sein de mers inconnues dans les ténèbres de la mort et qui fleurit maintenant à la lumière de la Foi; le second cet immense empire de Chine, rebelle toujours à la foi catholique, mais qui donnera lui aussi, au temps marqué par la Providence, cette moisson de chrétiens dont le sang des martyrs est la précieuse semence. Ces deux béatifications furent une grande consolation pour les nombreux missionnaires, en majorité français, qui travaillent à l'extension du règne de Jésus-Christ, spécialement en Chine et en Océanie, La béatification du Vén. Jean Gabriel Perboyre eut lieu le lo novembre 1889. Un frère du bienheureux, lazariste comme lui, et une de ses sœurs, fille de la Charité, eurent le rare bonheur d'assister à la glorification de celui auquel les unissaient si étroitement les liens du sang, La béatification du vénérable Pierre Louis Chanel fut célébrée peu de jours après, le 1 7 novembre.
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uuui i. de l'empereur d'Allemagne Frédéric HI. — ment de Guillaume II. — Sa visite au Pape. — S< sitions à l'égard du catholicisme. — L'encyclique SANCTissiMO aux évëques de Bavière. — A Léon XIII sur le parti du Centre bavarois. — L catholiques en Bavière.
f'ANNÉE 1888, si remplie par les manîf '■ du jubilé sacerdotal, dont les fatigues : semblaient à elles seules supérieures aux foi ; vieillard de soixante-dix-huit ans, fut occ C bien d'autres sollicitudes.
Les regards de l'Europe étaient depuis plusieurs mois l'Allemagne où se passait un spectacle à la fois solennel < Le vieil empereur Guillaume I^^, semblable à quelque figui des Niebelungen, était descendu dans la tombe et entré d coup dans la légende, le front ceint d'une auréole de grand taire. Mais il ne s'était pas borné à combattre pour la j l'Allemagne, il s'était attaqué à la force surnaturelle de Toutefois, avant de quitter la scène du monde où son rôle si grand, il avait eu le bon sens de s'avouer, sinon vaincu verti, au moins impuissant et respectueux. — Ce fut I triomphes de la patiente diplomatie de Léon XIII; et ' plus sereins s'annonçaient pour l'Église d'Allemagne.
Un empereur moribond avait succédé au robuste et rude qui venait de mourir, Frédéric 1 1 1 agonisa pendant quelqi sur le trône, en présence de l'Europe émue et consternée, tion d'esprit du nouvel empereur, sa largeur de vues, sa 1
auraient fait bien augurer de la suite de son règne au point de vue des intérêts catholiques. Mais la mort était là, assise au chevet de rimpériale victime. Léon XIII dut se borner à envoyer au monarque rongé par un mal implacable, les expressions réitérées de sa sympathie et les paroles consolatrices de la religion.
L'heure sonna bientôt qui mit un terme au règne éphémère de Frédéric 1 1 1 et donna la couronne à Guillaume 1 1.
Le monde attendait avec anxiété les débuts de ce dernier. Qu'allait être ce jeune empereur, que les uns disaient brutal, emporté, guerroyeur, les autres, ferme, intelligent, instruit ? Ceux qui le connaissaient bien prédisaient qu'en tous cas il serait énergique et personnel dans sa manière de gouverner.
A la mort de Guillaume l^^ la Civiltà Cattolica s'exprimait ainsi sur le compte de celui dont on pouvait déjà prévoir le prochain avènement au trône. « Le prince Frédéric Guillaume est certes un homme estimable et pacifique, dont la disparition excitera d'universels regrets, mais ce n'est pas une raison pour avoir peur de son fils Guillaume, ni pour répandre sur son compte les bruits les plus défavorables. Le prince Guillaume, qui aura bientôt trente ans, est non seulement un excellent soldat, mais encore un homme habile et très instruit, qui pendant de longues années a travaillé comme un simple fonctionnaire dans les diverses branches du service public. >
Le premier acte du règne de Guillaume 1 1 vis-à-vis de Léon XI II fit entrevoir ce que serait son attitude à l'égard de l'Église. II voulut que l'annonce de son avènement fût portée au Saint- Père par un envoyé spécial, qui arrivât au Vatican en même temps que l'envoyé destiné au roi d'Italie, comme pour ne pas préjuger la question de préséance entre les deux souverains, ni la solution de la question romaine.
A l'ouverture du landtag prussien, il se prononça pour la pacification religieuse et la cessation du kulturkampf : « J'ai vu, dit-il, avec un plaisir particulier, que la récente législation politico-reli-
diplomatique, toute mortifiante qu'elle fût pour l'allié de l'Allemagne, fut acceptée sans difficulté par l'empereur, qui tenait à prouver et sa déférence envers Léon XIII et l'importance qu'il attachait à conserver avec lui de bonnes relations.
Quelque dépit qu'on ait éprouvé dans les sphères officielles W «
d'Italie et manifesté dans la presse officieuse, les choses se passèrent comme il avait été convenu entre le Pape et l'empereur.
Le 12 octobre, Guillaume II se rendit au palais Capranica, demeure de M. de Schloetzer, ministre de Prusse au Vatican. Il y reçut les hommages du cardinal Rampolla, secrétaire d'État, et de quelques autres prélats qu'il retint à déjeuner. Pendant le repas, il porta un toast au Pape et se montra pour tous de la plus grande affabilité.