CHAPITRE VINGT-TROISIÈME
€ Il y a dans le Nouveau-Monde une autreRépublique qui donnerait certainement satisfaction aux catholiques les plus convaincus, parce que c'est le pays où le gouvernement est le plus foncièrement catholique. Dans son dernier message le président Florès, neveu de l'immortel Garcia Moreno, après avoir rendu grâce au Dieu tout- puissant, se réjouit des bonnes relations qu'il entretient avec le Saint-Père etdes témoignages de bienveillance qui lui ont été
prodigués par la cour de Rome. Notre pays, dît-il, a les plus grands motifs de gratitude envers le grand pontife Léon XIII, lequel ne cesse de nous combler de ses faveurs. Puis il termine son message en constatant le respect de la République pour la loi suprême quiest représentée sur la terre par le Vicaire de Jésus-Christ. » < Ce qu'il y a de plus curieux, ajoute le journal parisien, c'est que la République de l'Equateur ne se borne pas à témoigner sa dévotion au
Pape par de belles phrases. Elle y ajoute quelque chose de plus substantiel, une rente annuelle d un million. Cette libéralité ne l'empêche pas de prospérer. Tous les ans les rentes de l'État s'accroissent ; des routes et des chemins de fer mettent les villes du littoral en communication avec l'intérieur. De plus les Équatoriens sont le peuple le moins chargé d'impôts qui existe sur la terre. La cote des impôts directs et indirects ne dépasse pas 20 fr. par tête, alors que dans les états voisins elle atteint 80 fr. ' ».
Après ces aveux d'un journal non catholique, les Équatoriens laisseront avec une parfaite sérénité le grand homme d'état allemand Heinrich Geffcken se moquer des conventions de l'Equateur avec le Saint-Siège et les déclarer inacceptables pour les nations modernes, auxquelles suffisent probablement le militarisme et le plaisir de payer d'énormes impôts !
Citons avant de quitter l'Equateur ces belles paroles du président Florès dans son message de 1892.
« Les liens qui nous unissent au Saint-Siège ne pourraient être plus étroits, plus intimes qu'ils ne le sont ; l'échange des ratifications de la convention relative aux dîmes a fourni au Saint-Père l'occasion de nous donner un nouveau témoignage de sa paternelle bienveillance. Et, bien qu'il nous soit impossible d'y répondre comme nous le voudrions, nous lui avons témoigné nos sentiments de dévouement autant que nous l'avons pu, notamment lors des cérémonies religieuses que nous avons célébrées en 1891, l'une en actions de grâces le jour de la fête de saint Léon, l'autre à l'occasion du remplacement des dîmes, et qui était organisée sous forme d'un splendide hommage à saint Louis de Gonzague, pour le troisième centenaire de sa mort, hommage qui s'adressait également au grand Pontife Léon XI IL Le Pape a, et il le sait, dans ceux qui composent ce gouvernement des fils obéissants^ soumis et affectueux^ qui l'aiment comme un père et qui n'ont reculé devant aucun