‹ Le pape Léon XIIIChapitre 233 sur 248 · CHAPITRE VINGT-TROISIÈUE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-TROISIÈUE

sacrifice pour éviter de rendre plus amer encore soi calice. >

Même dans les pays les plus catholiques il peul divergences entre l'autorité civile et l'ecclésiastique, l de cette nature s'était produite entre l'épiscopat et le \ des élections présidentielles. Voici comment le chef de équatorienne s'est expliqué à ce sujet.

< En présence de ce pénible différend, legouvernenl'unique juge était le Pape ; il a donc préféré soumetti Souverain Pontife, en gardant le silence jusqu'à la d sans rien négliger de ce qui pouvait entretenir la pai; entente avec les vénérables Prélats. La sagesse de l'ir tife décidera de quel côté se sont trouvés le bon droit, I; le calme. Elle dira si j'ai mérité les offenses personnell été faites. Et quel que soît son jugement, je m'y soun sans réserve, et je jette sur tout cela le voile de l'oi même mon bonheur à pardonner ces offenses pour le sonne n'a été molesté, bien que je fusse investi de pou> dinaires. >

Si tous les gouvernements s'inspiraient d'un tel e quelle facilité les différends entre les deux pouvoirs se aplanis et combien la paix religieuse et civile y gagne

Détachons un instant notre regard des événements c pour mentionner la mort du cardinal Joseph Pecci, qui 1890 à une attaque d'apoplexie. Doué d'un rare talent, avait fait de la philosophie l'occupation de sa vie. Après gnée.comme nous l'avons dit, au séminaire de Pérouse par Pie IXprofesseur de philosophie àl'UniversitéRom céda au malheureux P. Passaglia. Pendant le concile t fit partie de plusieurs commissions philosophiques et destinées à préparer les travaux de l'assemblée. Apri

Rome, Tabbé Peccî refusa de prêter le serment de fidélité exigé des professeurs universitaires par le nouveau régime et dut par consé* quent donner sa démission. Il continua ses leçons de philosophiependant huit ans à l'institut de hautes études, fondé par Pie IX en remplacement de l'Université Romaine devenue une institution officielle.

Frappé en 1 888 d'une première attaque d'apoplexie, il se détacha de plus en plus des choses du monde. Dans une pensée d*humilité, il fit rassembler une immense quantité de manuscrits, fruit de ses longues années d'étude, et ordonna d'y mettre le feu. En voyant la flamme dévorer en un instant le produit de travaux si prolongés, le cardinal eut un instant de trouble, mais il le surmonta bien vite et, reprenant sa gaieté, il ranima de ses propres mains la flamme destructrice. Quelqu'un lui ayant reproché d'avoir ainsi causé un tort irréparable aux études de philosophie chrétienne, il répondit : € J'ai formé des disciples qui exposeront mes idées bien mieux que moi. > C'est là en effet la gloire du cardinal Pecci. Il fut le chef caché d'une école illustre, en même temps que le conseiller le plus écouté de Léon XIII dans son action sur les études philosophiques. A ce titre son influence laissera dans l'Église des traces ineffaçables. On peut néanmoins regretter la destruction des manuscrits du cardinal. Ils comprenaient des ouvrages très importants, entre autres une histoire critique des systèmes modernes de philosophie.

Le cardinal Joseph Pecci expira doucement le 8 février 1890, après avoir reçu en pleine connaissance tous les sacrements de la Sainte Église.

Sa mort fut un coup douloureux pour Léon XIII, qui avait toujours porté à son frère Joseph Tàffection la plus tendre. Il exhala sa douleur dans une touchante élégie en vers latins. Les deux frères y sont représentés échangeant par-delà le tombeau les effusions de leurs sentiments affectueux. Joseph encourage Joachim du haut du ciel et l'engage à se préparer à la mort en pleurant ses péchés.

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Joachim, du sein des flots agités du monde, promet d'obéir à ses paroles et implore son secours. Ce dialogue est un petit chef-d'œuvre de poésie mystique et de sentiment.

En voici le texte :

Joseph.

Justitiae factum satis est poenisque solutum ;

Jam coeli me templa tenent stellantia:sed tu

Cum tôt sustineas» tam grandk munia, debes

Tanto plura Deo, quanto majora tulistî.

Sume animum ; fidens cymbam duc aequor in altum : .

Sic tibi felices, largo sic fenore digni

Sint initi sancta pro relligione labores !

Attamen ut valeas olim sublimia coeli,

Ultrices fugiens flammas, attingere, prudens

Mortali, Joachim, vitae dum vesceris aura,

Et gemitu abluere et lacrimis admissa mémento.

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