CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
reconnaissable. Il faut qu'il la protège et la conserve, parce que sa fin immédiate est d'assurer aux citoyens la prospérité terres il a en même temps le devoir de ne pas entraver mais de 1 faciliter au contraire l'acquisition du bien suprême. >
Rien d'ailleurs n'est plus préjudiciable à la vraie liberté des g vernants et des gouvernés que cette liberté des cultes.
La religion catholique au contraire favorise la liberté des suj en les préservant de la tyrannie, et celle des souverains en les [ servant des révolutions qui aboutissent finalement à des restricti plus fortes de la liberté, sans parler des services rendus par religion aux bonnes mœurs, et, par les bonnes mœurs, à la IJbt même.
La liberté de la parole et de la presse n'est pas un droit qu'elle cesse d'être justement tempérée. Le droit, faculté mor ne peut indifféremment appartenir au bien et au mal, à la vérité au mensonge. S'il est légitime de propager « le vrai, le bien, a une liberté prudente, afin qu'un plus grand nombre en profite n'est pas moins juste que l'autorité publique empêche la diff'us des doctrines qui égarent l'esprit ou corrompent le cœur, afin d'i pêcher le mal de s'étendre pour la ruine de la société. >
Le mauvais usage de l'intelligence constitue pour la multit ig^iorante une véritable oppression, et doit être réprimé à r< de l'abus de la force contre les faibles, le peuple n'étant pas cap: de se protéger lui-même contre les sophismes de ceux qui I appel à ses passions. Avec la liberté illimitée de parler et d'éci tout est ébranlé, jusqu'aux vérités les plus fondamentales. Tou que la licence y gagne, la liberté le perd. Aussi la répressior l'erreur est-elle la sauvegarde de la vraie liberté.
Il faut en dire autant de la liberté d'enseignement. Le vrai, fir l'intelligence.a seul le droit d'entrer dans les âmes. On ne doit d enseigner que des choses vraies, et le pouvoir public ne peut s forfaire à son devoir accorder la faculté d'enseigner l'erreur.
Quant aux vérités qui seules peuvent être Tobjet de renseignement, elles sont de deux sortes : naturelles et surnaturelles. Les premières sont la base sur laquelle reposent les mœurs, la religion, la justice, la société tout entière. Il serait impie et insensé de les laisser impunément attaquer. Il ne faut pas conserver avec moins de soin le trésor des vérités surnaturelles, révélées par Dieu et confiées à la garde de son Église, qui, maltresse infaillible de la foi et des mœurs, « porte en elle un inviolable droit à la liberté d'enseigner >. Entre les vérités naturelles et les vérités surnaturelles, la raison le montre, il ne peut exister aucune opposition réelle. Ce qui contredit ces dernières est nécessairement faux. Il s'ensuit que ni le magistère de T Église n'empêche le développement des sciences, ni les lois portées pour défendre la vérité révélée ne nuisent à la vraie liberté, selon la parole de saint Jean : « Vous connaîtrez la vérité^ et la vérité vous rendra libres^ »
< D'ailleurs un champ immense reste ouvert, où l'activité humaine peut se donner carrière et le génie s'exercer librement, > à savoir le champ des vérités qui n'ont pas de connexion nécessaire avec la Foi et les mœurs chrétiennes, ou sur lesquelles l'Église ne s'est pas prononcée.
Au surplus la liberté que réclament les libéraux, consiste à attribuer à l'État et à s'arroger à eux-mêmes le droit de professer les opinions les plus monstrueuses, sauf à restreindre de toutes façons la liberté de l'Église dans son enseignement pourtant si avantageux à tous.
Les considérations qui précèdent font justice de la liberté de conscience, si on l'entend dans le sens que chacun peut à son gré rendre ou ne pas rendre de culte à Dieu. Mais on peut l'entendre aussi en ce sens que l'homme a le droit de n'être pas entravé dans l'accomplissement de ses devoirs envers Dieu. C'est là une liberté véritable, supérieure à toute violence et que l'Église a toujours revendiquée, à l'exemple des apôtres et des martyrs. Mais les fauteurs